Au coeur de cette Eglise en Martinique, l’évêque poursuit sa visite pastorale dans les districts du Centre Est et du Grand Sud et son Mot traduit les premiers constats et la préoccupation de l’Eglise pour la jeunesse. Il nous propose les 10 meilleures manières de faire fuir les jeunes de nos paroisses » et « les 10 meilleures manières d’accueillir les jeunes de nos paroisses
SOMMAIRE
- EDITORIAL
- MOT DE L'ÉVÊQUE - "Les 10 meilleures manières de faire fuir les jeunes de nos paroisses (2e partie 6 à 10)"
- ÉGLISE UNIVERSELLE - Message du Pape François pour le Carême 2025
- LITURGIE
- VIE DU DIOCESE
- Rencontre des fi ancés et des jeunes mariés"
- Les traditions de Carême en Martinique
- Présentation du défunt, Mr l'Abbé Jan Miélewski
- Horaires des célébrations pénitentielles
- Visite pastorale de l’Evêque à la paroisse Notre Dame du Rosaire de Redoute
- Visite pastorale de Mgr David Macaire dans le District Grand-Sud
- PAGES JEUNES
- DOSSIER "LE CARÊME"
- AN TJÉ LÉGLIZ-LA "Le Chemin de croix"
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Page 1
Eglise
en MARTINIQUE
Vivre leCCarême
N° 697
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
16 MARS 2025
Hommage au père Filopon
Horaires des célébrations pénitentielles
À-Dieu père Jan Miélewski
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2
3
Sommaire
J
ésus gravit la montagne avec Pierre, Jean et Jacques pour prier et
devant eux, il est transfiguré. C’est lui le Christ qui les a pris avec
lui. Sans son appel, ils ne le peuvent pas. Comme le dit si bien le
psalmiste : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur ? » si ce n’est
celui que le Seigneur a choisi et qui a répondu en disposant son cœur
et ses sens pour vivre le grand mystère de la Transfiguration de Jésus et
celle de l’humanité nouvelle.
Luc commence son récit en ces termes : « Environ huit jours après … »
Cette mention du chiffre « huit » indique le passage de temps entre la
conversation de Jésus avec ses disciples sur sa souffrance et sa mort et
l'événement de la Transfiguration.
Traditionnellement, le chiffre sept symbolise la complétude et la
perfection dans la Bible, comme on le voit dans la création du monde
en sept jours. Le huitième jour, représente souvent un nouveau
commencement, un renouveau après l'achèvement de la perfection.
Luc montre que la Transfiguration qui se produit ("environ huit jours
après ces paroles") marque non seulement un nouveau chapitre dans
le ministère de Jésus, mais aussi une préfiguration de sa résurrection,
un symbole de la nouvelle création et de la vie éternelle.
Le nouveau souffle, que nous voulons pour la Martinique et le monde à
la Pentecôte 2025, nous entraîne à gravir ensemble la montagne où le
ciel et la terre se sont touchés dans cette rencontre de la Sainte Trinité,
de Moïse, Elie et Christ, de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance.
Ainsi, comme témoins de la Transfiguration, nous pouvons être des
disciples missionnaires qui ne restent pas sur place sur la montagne,
mais descendent témoigner de l’amour et de l’espérance de Dieu.
Le pape François, dans son message pour le Carême 2025, nous demande
de ne pas rester sur place et de ne pas faire la route à la suite du Christ
tout seul. Aussi nous invite-t-il à « marcher ensemble dans l’espérance »
durant Ce carême. Les Pères Lagacé et Gainsi voudraient que le Carême
2025 soit pour nous le chemin vers le cœur et vers l’essentiel. Loin
des idées reçues, ils conçoivent le carême comme un voyage spirituel
visant non seulement à la privation, mais surtout à une transformation
intérieure qui prépare les chrétiens à la fête de Pâques, en renouvelant
leur relation avec Dieu et en pénétrant plus profondément dans leur
propre cœur spirituel. Le témoignage de Madame Bellassée Valentine
(89 ans) qui nous raconte la manière dont le carême se vivait en
Martinique dans les années 40 fait prendre conscience que le monde
dans lequel nous sommes peut nous faire perdre l’essentiel de la foi et
le vrai sens du carême. Vivre le Carême, c’est aussi intégrer le Chemin
de croix non pas par tradition, mais comme un chemin de l’intériorité
et de la vérité de ce que nous vivons avec le Christ. Cette conviction
forte, le Père Degras le partage dans « An Tjè Légliz-La »
Au cœur de cette Eglise en Martinique, l’évêque poursuit sa visite
pastorale dans les districts du Centre Est et du Grand Sud et son Mot
traduit les premiers constats et la préoccupation de l’Eglise pour la
jeunesse. Il nous propose les 10 meilleures manières de faire fuir les
jeunes de nos paroisses » et « les 10 meilleures manières d’accueillir
les jeunes de nos paroisses ».
Que ce Carême marque pour nous le retour à l’essentiel et qu’illuminés
par le Mystère de la Transfiguration du Seigneur, nous marchons
ensemble dans la lumière de l’Espérance.
Bon carême à tous et à chacun !
Père Crépin Hounza ■
« Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la
montagne pour prier » Lc 9, 28
EDITORIAL
33MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• Le Carême : un chemin vers le cœur
• Le Carême : un Chemin vers ton essentiel
• Le Chemin de croix
• Rencontre des fi ancés et des jeunes mariés
• Les traditions de Carême en Martinique
• Présentation du défunt,
Mr l'Abbé Jan Miélewski
• Horaires des célébrations pénitentielles
• Visite pastorale de l’Evêque à la paroisse
Notre Dame du Rosaire de Redoute
• Visite pastorale de Mgr David Macaire
dans le District Grand-Sud
• Les 10 meilleures manières de faire fuir
les jeunes de nos paroisses (2
e
partie 6 à 10)
• Message du Pape François
pour le Carême 2025
3333
EGLISE UNIVERSELLE
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AN TJÈ LÉGLIZ-LA 18
Dossier : LE CARÊME
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EDITORIAL
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AGENDA DE L'EVEQUE 19
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR
RÉDACTEUR EN CHEF : père Crépin HOUNZA
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 3
MOT DE L’ÉVÊQUE
Les 10 meilleures manières
de faire fuir les jeunes de nos paroisses
2
e
partie
6 à 10
Pas une seule paroisse qui ne se plaint de l’absence et du retrait des jeunes. Aussi bien les
adultes actifs de 30-50 ans, que les nouveaux confirmés de 15-18 ans, en passant par les « grands
jeunes » de 18-25 ans, peu de jeunes trouvent leur place dans nos communautés. Á l’adresse des
responsables (laïcs et clercs !), je poursuis une remise en question de nos pratiques et de nos
principes. Voici les 10 meilleures manières de faire fuir les jeunes de nos paroisses ! (suite et fin).
Après
➊ Ne jamais donner de responsabilités
aux jeunes.
➋ Porter des jugements et avoir
des attitudes dominatrices ou
discriminatoires.
➌ Mettre des règles un peu partout.
➍ « On a toujours fait ainsi ». (EG n° 33)
➎ Empêcher l’accès aux prêtres,
jalouser ceux qui s’en approchent.
(voir Église en Martinique N°696)
➏
Ne pas mettre en place une
catéchèse familiale. C’est rater
l’unique occasion que nous avons encore
de donner aux familles de prendre part à
la vie de l’Église. C’est renoncer à se mettre
au service des familles et de leur vocation
de transmettre la foi aux enfants. C’est tuer
à petit feu le catéchisme par immobilisme.
Malgré les résistances au changement, il est
temps, pour les catéchistes, d’accompagner
les parents dans l’animation de la vie
spirituelle de la famille et les introduire
dans la vie de l’Église.
➐
Choisir des horaires impossibles
pour les familles. Non seulement
les horaires des messes, des confessions,
des activités, mais bien d’autres réalités de
l’Église éloignent les jeunes et les familles.
Peu de responsables se mettent dans
la peau de jeunes hommes et femmes,
souvent parents, pour imaginer les difficultés,
voire les obstacles qu’ils doivent franchir
pour rejoindre la communauté : horaires
impossibles, parking inexistant, non-accueil
des enfants, jugements du regard, critiques.
Il faut demander leur avis aux jeunes et
leur offrir des rendez-vous adaptés à leur
rythme !
➑
Laisser l’église fermée. Malgré les
demandes du Pape et les décrets de
l’archevêque, tous les prétextes sont bons de
la part de certains responsables pour fermer
les églises et les laisser ouvertes le moins
possible : vols, dégradations, agressions,
impudicités, etc. Pourtant, tant de personnes
ont rencontré le Prince de la Paix dans le
silence d’une église bien avant de devenir
des pratiquants. Pas de doute, cette habitude
de fermer les églises vient du diable qui veut
priver le peuple de l’accès au sacré. Il est
urgent de donner accès au silence sacré,
surtout pour les jeunes.
➒
Flatter les pasteurs pour qu’ils ne
fréquentent pas les autres fidèles.
Lorsque les membres d’une communauté
s’ingénient à créer une cour autour du
pasteur ; lorsque, montrant un double
visage selon qu’il soit présent ou pas, ils
se dispensent de se fréquenter les uns les
autres et de bâtir ensemble une fraternité
selon le cœur de Dieu, les jeunes, dont
beaucoup aiment l’Église, sont très déçus.
Il faut donc créer, par des exercices et
des rencontres, de vraies occasions de
fraterniser dans les paroisses.
➓
Se considérer comme le service
public du religieux et pratiquer la
« politique de l’araignée » qui attend que
les « mouches » tombent dans sa toile !
Selon le Pape François, « L’Église "en sortie"
est une communauté évangélisatrice qui fait
l’expérience que le Seigneur a pris
l’initiative et l’a précédée dans l’amour.
Elle sait aller de l’avant, prendre l’initiative
sans peur, aller à la rencontre, chercher
les éloignés et arriver aux carrefours des
chemins pour inviter les exclus. Elle vit un
désir inépuisable d’offrir la miséricorde, fruit
de l’expérience de l’infinie miséricorde du
Père et de sa force diffusante ! À cause de
cela, l’Église doit être le lieu de la miséricorde
gratuite, être une communauté de
disciples missionnaires où tout le monde
peut se sentir appelé, accueilli, aimé,
pardonné et encouragé à vivre selon
l’Évangile » (Evangelii Gaudium n°47).
Les 10 meilleures manières
d'
ACCUEILLIR
les jeunes de nos paroisses
➊ ➊ Donner des responsabilités
paroissiales à tous les types de
fidèles, notamment aux jeunes dès
la confirmation.
➋ ➋ Avoir une attitude ouverte et frater-
nelle et renouveler régulièrement
les responsabilités.
➌ ➌ Se souvenir que dans l’Evangile il
n’y pas d’autre règle que le « aimez
vous les uns les autres ».
➍ ➍ Être audacieux et créatif et repenser
les objectifs, les structures, le style et
les méthodes».(Evangelii Gaudium n° 33)
➎ ➎ S’assurer que les plus proches col-
laborateurs soient des personnes
dévorées par le désir d’ouvrir
l’Eglise au plus grand nombre et
faciliter l’accès au ministère du
prêtre !
➏ ➏ Accompagner les parents dans
l’animation de la vie spirituelle de
la famille et les introduire dans la
vie de l’Eglise.
➐ ➐ Demander leurs avis aux jeunes et
leur offrir des rendez-vous adaptés
à leur rythme !
➑ ➑ Laisser les églises ouvertes et
donner accès au silence sacré,
surtout pour les jeunes.
➒ ➒ Créer, par des exercices et des
rencontres, de vraies occasions de
fraterniser dans les paroisses.
➓ ➓ « Être une communauté de disciples
missionnaire où tout le monde peut
se sentir appelé, accueilli, aimé,
pardonné et encouragé à vivre selon
l’Évangile »(Evangelii Gaudium n°47)
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 6974
EGLISE UNIVERSELLE
C
hers frères et sœurs,
avec le signe pénitentiel des cendres
sur la tête, nous commençons le
pèlerinage annuel du Saint Carême dans
la foi et dans l’espérance. L’Église, mère
et maîtresse, nous invite à préparer nos
cœurs et à nous ouvrir à la grâce de Dieu
pour que nous puissions célébrer dans la
joie le triomphe pascal du Christ-Seigneur,
sur le péché et sur la mort. […]
Je voudrais proposer à l’occasion de ce
Carême, enrichi par la grâce de l’année
jubilaire, quelques réflexions sur ce
que signifie marcher ensemble dans
l’espérance, et découvrir les appels à la
conversion que la miséricorde de Dieu
adresse à tous, en tant qu’individus comme
en tant que communautés.
Tout d’abord, marcher. La devise
du Jubilé, “pèlerins de l’espérance”, nous
rappelle le long voyage du peuple d’Israël
vers la Terre promise, raconté dans le
livre de l’Exode : une marche difficile de
l’esclavage à la liberté, voulue et guidée
par le Seigneur qui aime son peuple et lui
est toujours fidèle. Et nous ne pouvons pas
évoquer l’exode biblique sans penser à tant
de frères et sœurs qui, aujourd’hui, fuient
des situations de misère et de violence,
partant à la recherche d’une vie meilleure
pour eux-mêmes et pour leurs êtres chers.
Un premier appel à la conversion apparaît
ici car, dans la vie, nous sommes tous des
pèlerins. Chacun peut se demander :
comment est-ce que je me laisse interpeller
par cette condition ? Suis-je vraiment en
chemin ou plutôt paralysé, statique, dans
la peur et manquant d’espérance, ou bien
encore installé dans ma zone de confort ?
Est-ce que je cherche des chemins de
libération des situations de péché et de
manque de dignité ? […]
En second lieu, faisons ce chemin
ensemble.Marcher ensemble, être
synodal, telle est la vocation de
l’Église. Les chrétiens sont appelés à
faire route ensemble, jamais comme
des voyageurs solitaires. L’Esprit Saint
nous pousse à sortir de nous-mêmes
pour aller vers Dieu et vers nos frères
et sœurs, et à ne jamais nous refermer
sur nous-mêmes. Marcher ensemble
c’est être des tisseurs d’unité à partir
de notre commune dignité d’enfants de
Dieu (cf. Ga 3,26-28) ; c’est avancer côte
à côte, sans piétiner ni dominer l’autre,
sans nourrir d’envies ni d’hypocrisies,
sans laisser quiconque à la traîne ou
se sentir exclu. Allons dans la même
direction, vers le même but, en nous
écoutant les uns les autres avec amour
et patience.
En ce Carême, Dieu nous demande
de vérifier si dans notre vie, dans
nos familles, dans les lieux où nous
travaillons, dans les communautés
paroissiales ou religieuses, nous
sommes capables de cheminer avec
les autres, d’écouter, de dépasser
la tentation de nous ancrer dans
notre autoréférentialité et de nous
préoccuper seulement de nos propres
besoins. Demandons-nous devant le
Seigneur si nous sommes capables de
travailler ensemble, évêques, prêtres,
personnes consacrées et laïcs, au
service du Royaume de Dieu ; si nous
avons une attitude d’accueil, avec des
gestes concrets envers ceux qui nous
approchent et ceux qui sont loin ; si
nous faisons en sorte que les personnes
se sentent faire partie intégrante de la
communauté ou si nous les maintenons
en marge. Ceci est un deuxième appel :
la conversion à la synodalité.
Troisièmement, faisons ce chemin
ensemble dans l’espérance d’une
promesse. Que l’ espérance qui ne
déçoit pas (cf. Rm 5, 5), le message
central du Jubilé, soit pour nous l’horizon
du chemin de Carême vers la victoire
de Pâques. […] Jésus, notre amour et
notre espérance, est ressuscité, il vit
et règne glorieusement. La mort a été
transformée en victoire, et c’est là que
réside la foi et la grande espérance des
chrétiens : la résurrection du Christ !
Et voici le troisième appel à la
conversion : celui de l’espérance, de
la confiance en Dieu et en sa grande
promesse, la vie éternelle. Nous devons
nous demander : ai-je la conviction que
Dieu pardonne mes péchés ? Ou bien
est-ce que j’agis comme si je pouvais
me sauver moi-même ? Est-ce que
j’aspire au salut et est-ce que j’invoque
l’aide de Dieu pour l’obtenir ? Est-ce
que je vis concrètement l’espérance
qui m’aide à lire les événements de
l’histoire et qui me pousse à m’engager
pour la justice, la fraternité, le soin de la
maison commune, en veillant à ce que
personne ne soit laissé pour compte ?
Sœurs et frères, grâce à l’amour de Dieu
en Jésus-Christ, nous sommes gardés
dans l’espérance qui ne déçoit pas
(cf. Rm 5, 5). […]
Que la Vierge Marie, Mère de
l’Espérance, intercède pour nous et
nous accompagne sur le chemin du
Carême.
Rome, Saint-Jean-de-Latran, 6 février 2025,
mémoire de Saint Paul Miki et ses compagnons,
martyrs.
François
■
Marchons ensemble dans l'espérance
MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
pour le Carême 2025
Page 5
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 55
Dimanche 16 mars 2025
laP Parole DDominicale
2
ème
dimanche de Carême - Année C
Prière d’introduction
Seigneur, nous vivons dans un monde qui
nous transforme de manière vertigineuse en
individus réactifs, productifs et connectés.
Se retirer pour être en ta présence dans la
prière s’avère un véritable combat, bien
rude à certains moments. Creuse en nous
un désir toujours plus fort d’être avec toi,
le Transfiguré qui nous offre ta lumineuse
présence en toutes nos nuits.
Points de réflexion
➊ Carême, un temps de transformation
à la fois personnelle et ecclésiale. L’une
comme l’autre est l’œuvre du Seigneur
en nous, mais non pas sans nous. Il
s’agit pour chacun d’entre nous d’entrer
dans le projet et le combat de Dieu pour
notre transfiguration, signe visible d’une
proximité avec le Seigneur vécue dans la
prière. L’expérience de Jésus priant fonde
la nôtre. L’effet de la prière sur la personne
de Jésus est visible : il est transfiguré et
sa divinité éclate devant Pierre, Jacques
et Jean.
La proximité avec le Seigneur dans
la prière apporte également plus de
perspective à notre perception de
l’autre dont l’identité profonde
nous est souvent voilée. Aidés par
la lumineuse présence de Dieu,
nous serons capables de voir la
face ensoleillée de chacun.
➋ Abraham, devenu l’ami de
Dieu et croyant, a connu une
transformation. Désormais, la
volonté de Dieu sera l’unique
boussole qui l’orientera le restant
de sa longue existence et dans ses
choix déterminants. Il est uni par
alliance à Dieu, quand bien même
la mise en application de cette alliance
serait perturbée par le fait d’« oiseaux
rapaces ». Abraham a dû les chasser. En
nous inspirant de l’expérience d’Abraham,
nous pouvons nous interroger : quels sont
les « oiseaux rapaces » qui affectent le
vécu de notre alliance avec le Seigneur
aujourd’hui ? Certains rapaces sont des
charognards. Ils sont donc attirés par ce qui
est mort. Ainsi n’est-il pas vain de chercher
à savoir ce qui est mort en chacun de nous
parce qu’affecté par une dévitalisation
plus ou moins sévère, conséquence de
l’écoulement entravé de la grâce de Dieu
en nos vies à cause de nos péchés.
➌ A choisir de ne pas vivre dans la grâce
de Dieu, on court au moins un double
risque : être en incapacité de supporter
les épreuves dans la foi et vivre en ennemis
de la croix du Christ à cause d’une vie
licencieuse caractérisée par une quête
effrénée du plaisir que donne ce monde.
Le carême est un chemin à prendre pour
apprendre à mourir à tout ce qui relève de
la mondanité en vue de notre résurrection
avec le Christ en vivant de Dieu et pour
Dieu.
Je dialogue avec Jésus
Béni et loué sois-tu Seigneur Jésus. Grâce
à toi mes nuits s’éclairent et mon avenir se
dessine. Donne-moi de reprendre force sur
toutes les routes de ma vie surtout quand
l’espérance semble s’évaporer en moi.
Aide-moi à rejoindre mes frères et sœurs
en humanité, le cœur ouvert à ta Parole et
illuminé par ta présence, afin d’éclairer à
mon tour leurs propres chemins.
Résolutions
M’appuyer sur le Seigneur et sa Parole
même devant les pires évènements : je
pourrai y découvrir la source d’un bien
qui m’est encore caché.
Regarder la face ensoleillée de chaque
personne avec qui je vis pour dépasser
les défauts qui m’irritent en eux.
Travailler davantage pour le bien, le beau
et le vrai et laisser Dieu purifier mon cœur
et mon regard.
Chercher sans me lasser, dans chaque
homme, l’étincelle que Dieu y a
déposée en le créant à son image.
Offrir un visage joyeux et un sourire
d’ami à chaque personne dans mon
quotidien.
Demander à Dieu le don d’un cœur
trop large pour ruminer mes peines,
trop noble pour garder rancune,
trop fort pour trembler, trop ouvert
pour le refermer sur qui que ce soit.
Père Nicaise Wilfrid Ossébi, CSSp
Curé des paroisses de Josseaud et Régale■
Genèse 15,5-12.17-18 • Ps 26 (27) • Philippiens 3,17-4,1 • Luc 9,28b-36
LITURGIE
sa divinité éclate devant Pierre, Jacques
La proximité avec le Seigneur dans
la prière apporte également plus de
perspective à notre perception de
l’autre dont l’identité profonde
nous est souvent voilée. Aidés par
la lumineuse présence de Dieu,
nous serons capables de voir la
transformation. Désormais, la
volonté de Dieu sera l’unique
boussole qui l’orientera le restant
de sa longue existence et dans ses de sa longue existence et dans ses
choix déterminants. Il est uni par
alliance à Dieu, quand bien même
personne avec qui je vis pour dépasser
les défauts qui m’irritent en eux.
Travailler davantage pour le bien, le beau
et le vrai et laisser Dieu purifier mon cœur
et mon regard.
Chercher sans me lasser, dans chaque
homme, l’étincelle que Dieu y a
déposée en le créant à son image.
Offrir un visage joyeux et un sourire
d’ami à chaque personne dans mon
quotidien.
Demander à Dieu le don d’un cœur
trop large pour ruminer mes peines,
trop noble pour garder rancune,
trop fort pour trembler, trop ouvert
pour le refermer sur qui que ce soit.
Curé des paroisses de Josseaud et Régale
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 6976
N
ous avons pour habitude
de nous rendre dans un lieu
connu pour sa capacité à
pouvoir accueillir un grand nombre de
personnes. Mais l’indisponibilité du site 4
semaines avant la rencontre fut le premier
obstacle. Que nous restait-il ? « Fortifie-
toi et prends courage… Ne t'effraie point
et ne t'épouvante point, car l'Éternel,
ton Dieu, est avec toi dans tout ce que
tu entreprendras » (Josué 1 :9). Le soldat
CPM fut blessé mais pas battu. A partir de
cette étape J’ai vu un élan de solidarité se
renforcer entre les membres. Branle-bas
de combat pour trouver le lieu idéal pour
accueillir tous ces couples. Alors que nous
mettions la barre très haut, Dieu nous a
répondu avec beaucoup de simplicité.
Il nous fit la grâce de pouvoir préparer
ce fabuleux week-end au gymnase du
couvent de Cluny. Tout est à faire, tout
est à penser ! Par quoi et comment
commencer ?
L’agitation recommença à pointer son
nez… « Marthe, Marthe, tu t’agites pour
biens des choses » (Luc 10 : 42). A l’aube de
la rencontre, nous sommes mobilisés sur les
lieux pour que ce gymnase devienne une
passerelle vers ce « Chemin de Sainteté ».
Le lieu est transformé et magnifié : pôle
accueil et boutique, garderie pour les plus
petits, coins snacking et photos, espace
conférence : nous sommes fin prêts à
accueillir nos 150 couples. Les fiancés et
couples nouvellement mariés sont arrivés à
la fois observateurs, interrogateurs, surpris,
ignorant ce que Monseigneur avait de si
particulier à leur dire qui les mobiliserait
tout un week-end. Notre évêque, lui, est
arrivé tout sourire et joyeux au son de la
louange à l’idée de rencontrer ces couples
et de leur parler d’un sujet aussi sérieux
que l’amour dans le couple avec tout ce
qu’il implique. Il ne sera pas question de
révéler les propos de Monseigneur : cela ne
se raconte pas, mais se vit. Notre premier
axe de réflexion de la matinée fut sur le
sacrement de mariage. Durant la première
matinée un couple animateur témoigna de
leur rencontre amoureuse mais mondaine
vers une volonté de suivre le Christ. Ce
témoignage plein de douceur a permis
d’identifier précisément et de façon claire,
les fondements du mariage chrétien.
A l’issu de ce premier cadeau, les couples,
de façon dissociée ont été réunis en petits
groupes afin de partager leurs expériences
librement, en présence d’animateurs CPM.
Nous avons abordé avec beaucoup de
soin le thème du sacrement du mariage
qui est souvent négligé par les couples
au détriment de l’organisation matérielle
du mariage. Les fiancés reconnaissent la
volonté de vouloir s’unir pour la vie. Mais
la différence entre le mariage civil et le
mariage catholique réside bien dans le
désir de confier son couple au quotidien
au Seigneur. Pour exemple dans un des
carrefours un des fiancés affirma : « Il
suffit de prier ». Et c’est vrai, prier et prier
ensemble est vital pour la solidité du
couple. Néanmoins, comment maintenir
ce niveau spirituel face aux attaques les
plus sournoises de l’ennemi de nos âmes ?
A l’issue de ces échanges, la caravane de
l’espoir a brillamment mis en place une
scénette mettant en avant les motivations
d’une préparation de mariage dictées par
la chair. Sketch volontairement dérangeant
mais plein de vérité face à une société
qui préconise et valorise les choix liés
mettions la barre très haut, Dieu nous a conférence : nous sommes fin prêts à
accueillir nos 150 couples. Les fiancés et
couples nouvellement mariés sont arrivés à
la fois observateurs, interrogateurs, surpris,
ignorant ce que Monseigneur avait de si
particulier à leur dire qui les mobiliserait
tout un week-end. Notre évêque, lui, est
arrivé tout sourire et joyeux au son de la
louange à l’idée de rencontrer ces couples
et de leur parler d’un sujet aussi sérieux
que l’amour dans le couple avec tout ce
qu’il implique. Il ne sera pas question de
révéler les propos de Monseigneur : cela ne
se raconte pas, mais se vit. Notre premier
axe de réflexion de la matinée fut sur le
sacrement de mariage
matinée un couple animateur témoigna de
Depuis quelques années, les membres des centres de préparation au mariage se mobilisent
pour un évènement annuel : le week-end des fiancés. Cette année, cette rencontre qui a eu
lieu les 15 et 16 février a été riche en rebondissements et c’est peu de le dire. Guidée par
l’Esprit, il est important pour moi de vous faire rentrer dans les coulisses de cette préparation
pour comprendre le sens de ce verset : « Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ».
Rencontre des fiancés et des jeunes mariés
les 15-16 février
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 7
aux apparences, à la superficialité
au détriment de la profondeur et de
l’aspiration à la sainteté des époux. La
matinée est ainsi bouclée. Après une
pause déjeuner bien méritée, le début
de l’après-midi fut plongé dans un grand
bain de louanges vivantes et profondes. À
partir d’un atelier mis en place, les couples
sont invités à se regarder « zié dan zié, tjè
dan tjè » pour s’interroger sur leur vision
respective.
Avant le dernier enseignement de
Monseigneur, nous avons offert un
nouveau témoignage faisant écho avec le
caractère missionnaire que notre évêque,
accompagné des paroisses, souhaite
donner à notre Martinique. Le témoignage
d’un couple nouvellement arrivé au sein
de l’association a retranscrit cette volonté.
En effet, les tourtereaux avaient ce désir
après leur mariage de suivre le Christ.
Blessés par des membres de l’Eglise, ils
ont confié leur doute au Seigneur, et l’appel
du CPM qui a d’abord germé dans le cœur
de l’épouse a été une évidence aussi pour
son fidèle époux. Ce couple au service a
vraiment été le reflet de l’accomplissement
du couple moissonneur. Notre deuxième
journée nous a permis de retrouver des
couples motivés. La louange de nouveau
au rendez-vous a réchauffé les cœurs de
chacun. Après avoir confié notre deuxième
journée au Seigneur, nous avons bénéficié
d’un témoignage édifiant sur le don
charnel. Il est important de rappeler que cet
exercice, qui plus est sur ce sujet, requiert
une grande humilité de la part des couples
CPM et met en exergue l’obéissance à la
Parole de Dieu à laquelle le couple est
appelé. Inspiré par un chant
à l’esprit, ce couple témoigna des
pièges de la sexualité dont la pornographie
qui privilégie la quantité et sacrifie les
sentiments, le respect de l’autre. Les mots
sont posés et les fiancés sont scotchés par
la sincérité du témoignage des animateurs
CPM, empli à la fois d’enseignements et de
vérité. C’est ce qu’ils sont venus chercher :
La Vérité. Dieu étant plein de miséricorde
a montré qu’ils ont été « comme le tison
arraché du feu » (Zacharie 1 à 3). Quel
bonheur pour nous de voir les merveilles
de DIEU dans la vie de nos frères et sœurs !
Le week-end se clôtura par la Sainte Messe.
Monseigneur et le père Bannais (prêtre
accompagnateur des CPM) prirent le temps
de bénir chaque couple. Un fiancé me
témoigna de la vive émotion partagée
entre lui et sa fiancée à ce moment. Aucun
mot, juste un regard complice traduisit
l’instant. Les larmes versées ont traduit
un soulagement des maux de l’âme et
du cœur. Le début d’une guérison, d’une
volonté de suivre le Christ ? L’atmosphère
avait changé, il y avait vraiment eu transfert,
entre Ciel et Terre.
Que Dire ? Prier. Virginie et Philippe, amis
de Monseigneur, joliment apprêtés, en
vacances sur l’île se sont prêtés à l’exercice
du témoignage et pas n’importe lequel,
l’épreuve de la tentation du divorce dans
le couple chrétien : leur rencontre avec
les Equipes Notre-Dame a été un véritable
électrochoc ! Quelle grâce d’avoir eu autant
de témoignages au cours d’un week-end.
Alors que nous pensions être arrivés aux
bouts de nos surprises, un dernier couple
avait encore un beau témoignage
à nous offrir. L’homme prit le
micro et montra comment le
Saint Esprit était entré dans sa vie.
Un chemin mêlé d’interrogations,
de maladresses de l’un et de l’autre.
Mais ce couple posa des actes de foi en
participant à une retraite avec CANA,
puis assidument aux rencontres CPM
tout cela avec l’accompagnement spirituel
d’un prêtre. C’est avec beaucoup de
courage que ce fiancé déclara son amour
à sa compagne. Le suspens était à son
comble. Toute l’assemblée avait les yeux
rivés sur eux afin de vivre pleinement
ce magnifique moment. Et
là, ce fut l’apothéose
quand il demanda,
à genoux (s’il vous
plait !) la main de
sa bien-aimée.
Jamais, de
toute l’histoire
des rencontres
CPM, nous
n’avions vécu un
tel moment. Au-delà
de toute l’euphorie que
ce moment a suscitée chez
les uns et les autres, nous avions compris,
nous, membres, pourquoi le combat pour
la réalisation de cette dernière édition fut
si âpre. Le Seigneur avait déjà inscrit dans
le cœur de ses enfants qu’il souhaitait une
nouvelle famille chrétienne.
Notre bilan de cette 10
ème
édition du week-
end des fiancés fut largement positif pour
les fiancés et pour les membres du CPM,
tant il fut riche en grâces.
« Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire
de Dieu »
Katia Trime, Responsable diocésaine
des centres de préparation au mariage
■
ce magnifique moment. Et
là, ce fut l’apothéose
quand il demanda,
à genoux (s’il vous
plait !) la main de
sa bien-aimée.
Jamais, de
toute l’histoire
des rencontres
CPM, nous
n’avions vécu un
tel moment. Au-delà
de toute l’euphorie que
ce moment a suscitée chez
aux apparences, à la superficialité aux apparences, à la superficialité
au détriment de la profondeur et de
appelé. Inspiré par un chant
à l’esprit, ce couple témoigna des
aux apparences, à la superficialité appelé. Inspiré par un chant
avait encore un beau témoignage
à nous offrir. L’homme prit le
micro et montra comment le
Saint Esprit était entré dans sa vie.
Un chemin mêlé d’interrogations,
de maladresses de l’un et de l’autre.
Mais ce couple posa des actes de foi en
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 6978
Les traditions de Carême
en Martinique
VIE DU DIOCÈSE
L
e carnaval se terminant tard
dans la nuit du Mardi Gras,
il était impensable de se
rendre à l'église pour la messe des
Cendres le lendemain et de se déguiser
ensuite pour poursuivre les festivités,
souvent marquées par des excès. C’est
pourquoi, pendant des années, l’Église
a reporté la célébration du Mercredi
des Cendres au vendredi de la même
semaine.
Durant cette période, le bruit, la
musique et les fêtes étaient proscrits,
notamment le mercredi et le vendredi,
bien que cette rigueur tende à s’atténuer
avec le temps. À partir de minuit, plus
personne ne devait se trouver dehors :
le Carême commençait ! Même si l'on
recevait les Cendres le vendredi, la
période de pénitence débutait bien
à minuit, le mercredi. La radio n'était
allumée que pour les informations et
les avis d’obsèques, car toute musique
ou bruit festif était proscrit afin de
rester en état de recueillement. Les
lieux de bal et autres établissements
musicaux fermaient jusqu'à Pâques.
Pas de tambour, pas de manifestations
culturelles, pas de soirées bèlè.
Un autre aspect essentiel du Carême
était la privation personnelle afin
d'éviter tout péché. Il était interdit
d’injurier, de s’adonner à des plaisirs
jugés contraires au sacrifice du Christ,
y compris l’abstinence sexuelle,
même au sein du mariage. L’Église
interdisait les injures, les conflits et les
représailles, et les parents veillaient
à ce que leurs enfants respectent ces
principes. Les éclats de rire excessifs
étaient réprimés, et la critique d’autrui
était très mal perçue : toute parole
malveillante exposait son auteur à la
réprobation du quartier. Rester dans
la prière était de rigueur.
Les parents inculquaient à leurs
enfants le sens de la pénitence et de
la repentance. Ils en profitaient pour
rappeler l’importance du service rendu
aux autres. Visiter les malades, tant à
l’hôpital que dans le quartier, était
une pratique essentielle. On apportait
souvent de petits présents : des grenn
chou blan, ti-nain, chadèque, caïmite,
corossol, patate douce, gombo, abricot
pays, canne à sucre épluchée et coupée
en baguettes, etc. Celui qui recevait
une visite, s'il n’était pas hospitalisé,
offrait en retour un présent destiné aux
parents du visiteur.
Le jeûne était strictement observé le
Mercredi des Cendres et le vendredi. La
consommation de viande était proscrite,
La tradition du Carême reste largement respectée en Martinique chez les catholiques,
bien que de manière plus discrète et personnelle. Nombreux sont ceux qui perpétuent
ces coutumes, marquant cette période par des moments de prière, de repentance et de
confession. Mme Bellassée Valentine (89 ans) partage ses souvenirs d’une époque pas
si lointaine où le Carême était observé comme une démarche de conversion, un signe de
tristesse, de pénitence et de deuil.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 9
sauf en petite quantité le dimanche et
la morue occupait à table une place de
choix pendant tout le Carême. Le jeûne
impliquait un unique repas à midi,
composé de patate douce, d’igname,
de salade de carottes, d’herbes amères,
d’accras de morue ou de crevettes de
rivière, suivi d’une soupe à l’oignon
le soir, et ce, durant 40 jours, jusqu'à
Pâques.
La chasse aux crabes faisait aussi
partie des traditions. Les ratières
étaient fabriquées par les hommes
de la famille pour capturer les crabes
destinés au matoutou de Pâques. Une
fois capturés, les crabes étaient nourris
de feuilles d’arbre à pain et de divers
fruits et légumes afin qu’ils se purifient
avant leur consommation.
Pendant le Carême, les tenues
vestimentaires étaient sobres : pas de
couleurs vives. Même les statues de la
Vierge dans les maisons étaient voilées
de tissu noir ou violet jusqu’au Samedi
Gloria.
Le "vendredi de la compassion", une
dizaine de jours avant le Dimanche
des Rameaux, les aînés se rendaient
à la communion. Le dimanche suivant
était réservé aux femmes mariées.
Le Dimanche des Rameaux, tous les
enfants allaient à la messe avec leurs
palmes bénites qu’ils rapportaient chez
eux et dans les chapelles du quartier.
Le Jeudi Saint marquait le début d’un
silence total dans les foyers. Les enfants
ne parlaient que si leurs parents leur
adressaient la parole.
Le Vendredi Saint, jour de la crucifixion
du Christ, les familles participaient aux
Chemins de Croix dès 4 h du matin,
chantant et priant en procession. Ce
jour-là, on s’abstenait de consommer
du lait et du vinaigre.
Le Samedi Saint, il était de tradition
de planter un avocatier ou un cocotier
dans la journée. Lorsque les cloches
sonnaient le soir, les parents soulevaient
leurs enfants au-dessus de leur tête et
les secouaient légèrement pour glorifier
Dieu et pour les débarrasser de toute
influence négative, une coutume
aujourd’hui disparue.
Le Dimanche de Pâques, les femmes
assistaient à la messe de 5h30, tandis
que les hommes se rendaient à celle de
8h, où la présence des femmes n’était
pas souhaitée par le prêtre.
Ainsi se vivait le Carême en Martinique
dans les années 1945 à 1950. Ensuite,
petit-à-petit les choses ont changé.
Propos recueillis par Eve-Lyne Bazin ■
Propos recueillis par Eve-Lyne Bazin ■■
• Un parcours de formation, Grammaire de la vie pour une
écologie humaine est organisé au Foyer de Charité de Trinité
du 21 au 23 mars 2025 avec Aliette et Yves de CLEBSATTEL
et une équipe locale.
https://youtu.be/gXqhLXTlvyU
• Un programme détaillé vous sera adressé après l’inscription.
Le tarif pour les 3 jours est de 80 e pour 1 personne et de
150 pour un couple. Le nombre de places ?tant limit?,
inscrivez-vous sans tarder sur le site Helloasso : https://
www.helloasso.com/associations/association-diocesaine-
de-la-martinique/evenements/grammaire-de-la-vie-une-
ecologie-humaine
> Pour tout renseignement : pastovie972@gmail.com
Formation Grammaire de la vie - 21 au 23 mars 2025
COMMUNIQUÉCOMMUNIQUÉ
- 21 au 23 mars 2025
inscription
sur
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 69710
VIE DU DIOCÈSEVIE DU DIOCÈSE
Naissance et prière pour la
vocation
L
'abbé Jan Mielewski est originaire
de Gda
ńsk, en Pologne. Il est né le
28 mars 1959. Il a grandi dans une
famille catholique, a reçu une éducation
chrétienne. Sa grand-mère, Mariana, a prié
pendant 40 ans pour la vocation de ses
enfants et, finalement, c’est un de ses petits-
enfants qui est devenu prêtre, Jan Mielewski.
Ordination sacerdotale : la fleur
devient fruit
Au bout de 5 ans de séminaire, en présence
de ses parents et d’autres membres de sa
famille, le 16 juillet 1983, en la fête de Notre-
Dame du Mont Carmel, 11 séminaristes,
dont Jan, sont ordonnés prêtres en la
cathédrale de Gdansk, en Pologne.
La vie missionnaire de notre
confrère Jan : Cameroun et
Martinique
Guidé par Sainte Thérèse, Patronne
des Missions, il a fait le choix de la vie
missionnaire. Après une formation
préparatoire à la mission à Cracovie, Jan
va s’ouvrir au monde ; il va prendre le large,
à la découverte de l’Afrique. Et il a vécu et
servi pendant 8 ans parmi les Pygmées
au Cameroun. Il avoue avoir ressenti la
présence du Seigneur dans sa vie et dans
chaque situation difficile, c’est le Seigneur
qui a pris le contrôle et qui l’a fortifié.
En Martinique, invité par Monseigneur
Marie Sainte (de regrettée mémoire), il
est arrivé le 20 septembre 1999. Il a été
curé à Trinité de septembre 2000 à août
2013 ; curé de Ducos, de septembre 2013 à
août 2022 ; curé du François de septembre
2022 à août 2024 et curé des Anses d’Arlet
depuis septembre 2024. Hospitalisé depuis
le vendredi 24 janvier 2025, il a rejoint
la Maison du Père le mercredi 19 février
2025 dans l’après-midi à l’heure de la
miséricorde divine.
Jan, promoteur de la dévotion
mariale, de la vocation sacerdo-
tale, de la prière pour les prêtres,
de la pastorale des jeunes, de la
pastorale des hommes
Le maître-mot du discours de Jan a toujours
été l’amour. Il n’y a pas une homélie où l’on
ne trouve le mot "amour". Amour de Dieu
pour nous, amour de Jésus pour l’Église,
amour que nous devons avoir les uns
pour les autres. On pourrait l’appeler "le
prophète de l’amour" !
Le chapitre qui suis-je ? Mt 16,
13-19 : et vous que dites-vous ?
pour vous qui suis-je ?
Aux dires des fidèles de Martinique, qui
est le père Jan ?
• Le père Jan s’effaçait, s’oubliait pour être
aux côtés des malades, des nécessiteux,
des assoiffés, des affamés de la Parole, au
point de ne pas déjeuner, de se nourrir
d’un verre d’eau, et d’amour plutôt donné
que reçu. N’y a-t-il pas plus de bonheur à
donner qu’à recevoir ?
• Oui, il faut le dire aussi, sa douceur, sa
gentillesse, sa sagesse, son humilité, son
dépouillement, son souci du plus petit,
son sens de la délégation, son effacement
pour que l'autre grandisse… n’étaient ni
de la faiblesse, ni du laxisme : il utilisait
la pédagogie du Maître, la pédagogie de
Jésus. Merci père Jan.
• Jan transpirait la joie de vivre, il était un
prêtre heureux dans son sacerdoce. Dans
notre district Sud ou Grand Sud, lors des
rencontres, que de fois nous l’entendions
dire : L a vie est belle ! Une manière de
nous encourager à accueillir notre vie
fraternelle et sacerdotale comme un
cadeau de Dieu.
• Beaucoup de paroissiens de Martinique
confirment que Jan accueillait tout le
monde sans discrimination. Il était un
homme charitable et aimable.
• Aucune parole blessante, aucun
comportement de domination. S’il avait
du mal à dire non, c’est parce qu’il avait
un grand cœur, un cœur aimant.
Le père Jan laisse dans le deuil ses frères
Tadéouche et Francischek, ses belles-sœurs,
ses neveux et nièces, ses filleules et toute sa
famille. Il laisse aussi dans le deuil tous ses
frères du Presbyterium de la Martinique et
tous ses paroissiens et anciens paroissiens.
La Pologne, la Martinique, le Cameroun
pleurent le départ vers le ciel de ce serviteur
plein d’amour et de douceur. Nous rendons
grâce à Dieu pour cette vie donnée,
consacrée au service du Christ et de son
Église. En cette Année du Jubilé, nous le
confions à la miséricorde du Seigneur et à
vos prières. Nous portons également dans
nos prières sa famille : que Notre-Seigneur
donne à tous consolation et paix.
Père Behn-Daunais Cherenfant■
Présentation du défunt,
Mr l'Abbé Jan Miélewski
de la faiblesse, ni du laxisme : il utilisait
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 11
District Centre-Ouest
Paroisse Dates Horaires
Sainte-Marie Vendredi 21 mars 9h-12h / 15h-19h
Trinité Lundi 24 mars 9h-12h / 15h-19h
Robert Mercredi 26 mars 9h-12h / 15h-19h
Vert-Pré Lundi 31 mars 16h / 19h
Tartane Lundi 31 mars 16h / 19h
Morne-des-Esses Mercredi 2 avril 16h / 19h
Gros-Morne Vendredi 4 avril 9h-12h / 15h-19h
Paroisse Dates
District Nord Atlantique
Paroisse Dates Horaires
Basse-Pointe Lundi 7 avril 16h30-19h30
Marigot Mardi 8 avril 16h30-19h30
Grand-Rivière Mercredi 9 avril 16h30-18h
Macouba Mercredi 9 avril 16h30-19h30
Lorrain Jeudi 10 avril 16h30-19h30
Ajoupa-Bouillon Vendredi 11 avril 16h30-19h30
District Grand Nord
Paroisse Dates Horaires
Ducos Jeudi 3 avril 15h-20h
François Mardi 8 avril 10h-12h / 15h-20h
Rivière-Salée Mardi 1er avril 15h-20h
Saint-Esprit Vendredi 4 avril 15h-20h
Vauclin Jeudi 10 avril 15h-20h
Petit-Bourg Jeudi 14 mars 16h à 19h
Rivière-Salée Mardi 19 mars 15h à 19h
District Sud
Paroisse Dates Horaires
Balata 28 au 29 mars 24h pour Dieu
De Briant Jeudi 3 avril 16h-20h
Terres-Sainville Jeudi 3 avril 16h-20h
Cathédrale Mardi 8 avril 9h-12h
Bellevue Mercredi 9 avril 16h-20h
Schoelcher Mercredi 2 avril 16h-20h
Paroisse Dates Horaires
Lamentin Mardi 1er avril Mardi 1er avril
Saint-Joseph Jeudi 3 avril Jeudi 3 avril
Coridon Vendredi 4 avril Vendredi 4 avril
Sainte-Thérèse Vendredi 4 avril Vendredi 4 avril
Redoute Mardi 8 avril Mardi 8 avril
Saint-Christophe Jeudi 10 avril Jeudi 10 avril
District Centre Est
Paroisse Dates Horaires
Carbet Mardi 1er avril 17h
Morne-Vert Mardi 1er avril 17h
Prêcheur Mercredi 2 avril 17h
Fonds-Saint-Denis Mercredi 2 avril 17h
Case-Pilote Jeudi 3 avril 17h
Saint-Pierre Lundi 7 avril 17h
Bellefontaine Mardi 8 avril 17h
Morne-Rouge Mercredi 9 avril 17h
District Nord Caraïbe
Paroisse Dates Horaires
Josseaud Jeudi 3 avril 16h-19h
Anses d’Arlet Jeudi 3 avril 16h-19h
Marin Lundi 7 avril 16h-19h
Rivière-Pilote Mardi 8 avril 16h-19h
Diamant Mardi 8 avril 16h-19h
Sainte-Luce Mercredi 9 avril 16h-19h
Sainte-Anne Mercredi 9 avril 16h-19h
Trois-Ilets Jeudi 10 avril 16h-19h
Régale Mardi 15 avril 15h-19h
District Grand Sud
ÉGLISE EN MARTINIQUE 11
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 69712
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
Règlement à l’ordre de :
ADCOM
Nous retourner ce bon,
accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martinique
Boîte Postale 586
97207 FORT de France CEDEX
Eglise
en MARTINIQUE
VIE DU DIOCÈSE
Eglise
en MARTINIQUE
N° 686
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
6 OCTOBRE 2024
LLes orientations pastorales
lise
MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 686
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00
€€
6 OCTOBRE 2024
E
g
lise
en MARTINIQUE
N°
687
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
20 OCTOBRE 2024
Hommage au père Filopon
Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ?
La
M M
ission
Dossier : La mission de l’Église aujourd’hui
Nom : .........................................................................................................................................................................................................................
Prénom : .............................................................................................................................................................................................................
Adresse : ............................................................................................................................................................................................................
Mail : ............................................................................................................................................................................................................................
Tél. : ............................................................................................................................................................................................................................
Code Postal : ...........................................................................................................................................................................................
Ville : .............................................................................................................................................................................................................................
Oui,
je m’abonne !
Visite pastorale de l’Evêque
Commencée le jeudi 6 février 2025 par la Paroisse Saint Joseph, Monseigneur David Macaire
a donné de la joie de sa présence de Père et de Pasteur dans le district Centre Est en visitant
et rencontrant chaque prêtre de façon individuelle, les fidèles paroissiens et les membres des
CPP et CPAE des différentes paroisses. Cette visite s’est achevée par la rencontre fraternelle
et de séance de travail avec ses frères prêtres du District aux Eaux Jaillissantes. C’est bien
dans ce cadre qu’il a visité la Paroisse Notre Dame du Rosaire de Redoute dans la matinée du
vendredi 07 février 2025.
I
l faut rappeler que les messes du
matin, en semaine, se déroulent
à partir de 6h15 ce qui ne permet
pas toujours aux actifs d’y prendre part.
Toutefois, à cette occasion, beaucoup
d’actifs se sont mêlés aux retraités comme
pour une messe dominicale. Après la
messe, l'Evêque a tenu à rencontrer
personnellement sur le parvis de l’église
tous les paroissiens qui désiraient
échanger avec lui en leur consacrant du
temps. Mgr Macaire a ensuite rencontré
le Conseil Pastoral Paroissial à la salle Saint
Antoine.
Cette rencontre a débuté avec un exercice
de réveil musculaire et de décontraction,
initié par Monseigneur David. L’ordre du
jour de cette séance d’échange tournait
autour de deux questions : quels sont
pour nous les points forts et les points
faibles de notre paroisse ? Chacun a
pu s’exprimer et donner son avis sur les
priorités.
Pour l’essentiel, les avis convergeaient
autour de la détermination de notre Curé
à créer l’unité et la fraternité paroissiale ; ce
qui favorise le fort engagement des fidèles
dans les différents services de la paroisse ;
la messe des familles à 9h30 animée par
les jeunes et les enfants assurant lectures,
quêtes et chants le dimanche ainsi que
le grand nombre et l’engagement des
chorales sur la paroisse.
Comme on pouvait s’y attendre, les aspects
négatifs concernaient essentiellement les
travaux à réaliser dans l’Eglise bâtiment et
les salles paroissiales. Par ailleurs, chacun
a eu le loisir de lui poser les questions qu’il
souhaitait.
Monseigneur David, en réaction, a
souligné l’importance de la Conversion
missionnaire : ce qui doit nous pousser à
améliorer l’accueil aux messes en prenant
en considération les difficultés rencontrées
par les jeunes et les familles pour venir à la
messe par rapport au parking, à l’inconfort,
aux enfants en bas âges… Pour combler le
manque de volontaires engagés, il émet
l’idée de présenter les mouvements et
les missions sur la paroisse sous forme
d’ateliers (comme au congrès mission de
septembre dernier).
Cette séance s’est achevée par le mot de
remerciement du Père Gainsi : les points
faibles soulignés sont en étude et des
solutions vont être apportées disait-il. Il
a grand espoir en notre paroisse et en ses
paroissiens. La rencontre s’est terminée
vers 10h30 autour d’un petit dejeuner
convivial. Enfin, cette visite a vraiment
constitué un moment fort de la vie de
notre paroisse. Merci à Monseigneur pour
le temps consacré. Après la rencontre
personnelle avec le Père Gainsi Grégoire-
Sylvestre, il a continué son pèlerinage
missionnaire sur la Paroisse Sainte Thérèse.
Joseph Blezes pour le CPP de Redoute■
à la paroisse Notre Dame du Rosaire de Redoute
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 13
Visite pastorale de Mgr David Macaire
Nom : .........................................................................................................................................................................................................................
Prénom : .............................................................................................................................................................................................................
Adresse : ............................................................................................................................................................................................................
Mail : ............................................................................................................................................................................................................................
Tél. : ............................................................................................................................................................................................................................
Code Postal : ...........................................................................................................................................................................................
Ville : .............................................................................................................................................................................................................................
Du jeudi 20 février au lundi 24 février 2025, Monseigneur David Macaire a effectué la première
phase de sa visite pastorale dans le District Grand-Sud. Ce District est composé des paroisses
Saint Henri (Anses d’Arlet), Saint Thomas (Diamant), Notre-Dame de la Bonne Délivrance
(Trois Îlets), Sainte Luce (Sainte Luce), Immaculée Conception (Rivière-Pilote), Notre-Dame du
Grand-Retour de Josseaud (Rivière-Pilote), Saint Etienne (Marin) et Sainte Anne (Sainte Anne).
D
ans la seconde phase de sa visite
pastorale, Mgr visitera la paroisse
du Marin le samedi 15 mars 2025.
A la paroisse des Anses d’Arlet, Mgr a
rencontré une communauté en deuil
et pourtant mobilisée pour continuer
la mission en attente de son nouveau
pasteur. En effet, son curé le Père Jan
Mielewski s’en est allé vers la maison
du Père éternel dans l’après-midi du
mercredi 19 février 2025. Il a été inhumé
au cimetière des Anses d’Arlet, sa
dernière mission, le mercredi 26 février
2025.
Le District Grand-Sud est unifié à la fois
par la mer et le morne. Sur certaines
paroisses les touristes sont accueillis
dans des communautés constituées de
familles qui se connaissent fort bien. Alors
que telle paroisse retrouve le chemin de
l’unité, telle autre semble encore souffrir
des blessures entre adultes et jeunes. Ces
derniers peinent à trouver leur place au
sein de la communauté. Globalement, les
paroisses du Grand-Sud jouissent d’une
santé financière assez satisfaisante.
Cependant, quelques situations
pastorales exigent une attention plus
importante de notre part : accueillir à
tous âges les personnes qui désirent
faire une démarche de foi ouvrant à une
vie sacramentelle profonde, trouver
la meilleure modalité d’appeler à la
mission en consolidant le sentiment
d’appartenance à l’Église et le sens
ainsi que le goût du service en Église,
éradiquer les attitudes et les pratiques
discriminatoires freinant ou étouffant
l’engouement pour la mission au sein
de nos communautés, travailler à la
construction de communautés en dehors
des messes (la messe ne doit en aucun
cas constituer l’unique proposition à faire
à celles et ceux qui veulent cheminer),
construire des équipes épanouies pour la
mission. Pour ce dernier défi, la pédagogie
de Mgr a consisté, pour chacune des
paroisses visitées, à rassembler en cercle
les participants lors des rencontres, à
leur proposer un exercice ludique et
physique à faire ensemble pour créer
un environnement propice à la réflexion
et aux échanges, à les répartir en binômes
pour travailler sur les forces et les
faiblesses de leur paroisse. L’inexistence
d’un centre spirituel dans le Grand-Sud
est relevée. Il nous faudra remédier à
cet état de fait.
Les prêtres du district ont exprimé leur
détermination d’accompagner la paroisse
des Anses d’Arlet jusqu’à la nomination
d’un administrateur paroissial ou d’un
nouveau curé. Une table bien garnie
nous a tous accueillis pour marquer la
fin de cette belle visite de notre pasteur
diocésain dans le District Grand-Sud.
Pour le District Grand-Sud■
dans le District Grand-Suddans le District Grand-Sud
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 69714
Le carême : un chemin vers le cœur
LE CARÊMEDOSSIER
Avant d'entreprendre un voyage disent les sages, il faut
savoir exactement où on veut aller, afin de choisir le
meilleur itinéraire et d’éviter de tourner en rond.
Le Carême est un chemin spirituel mais où mène-t-il ? A
me priver de chocolat ? À faire des sacrifices ? À ma
perfection morale ? Non, son but est de nous préparer à la
fête de Pâques où nous allons renouveler les promesses
de notre baptême ; nous préparer à la fête de Pâques
dans sa plénitude c'est-à-dire à la Pentecôte qui est
l'accomplissement du mystère pascal, le fruit ultime de
la mort et de la résurrection du Christ.
N
ous étions orphelins, mais Dieu en envoyant son fils dans une chair
semblable à la nôtre et par sa mort et sa résurrection a fait de nous
ses fils. Donc le terme spirituel du Carême, c'est de retrouver le
cœur du Père:
"Je vais retourner chez mon père " dit le fils prodigue, pris de repentir. Si le
fils s’est tourné vers le cœur du père c’est qu’il est d’abord entré dans son
propre cœur : « Entrant en lui-même il se dit … ». Le Pape François a voulu
dans son encyclique sur le Cœur de Jésus, remettre au centre de la vie
chrétienne le cœur : « Lorsque nous sommes tentés de naviguer en surface, de
vivre à la hâte sans savoir pourquoi, de nous transformer en consommateurs
insatiables, asservis aux rouages d’un marché qui ne s’intéresse pas au sens
de l’existence, nous devons redécouvrir l’importance du cœur. » Dilexit Nos
n°2 Le carême est donc un double chemin : aller vers le père et descendre
en soi-même ou, descendre en soi-même pour aller vers le Père.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 15
Ayant précisé le point d'arrivée, quel est
donc maintenant le point de départ ?
En recevant les cendres nous allons
entendre ces paroles qui sont en fait
les premiers mots de la prédication de
Jésus : " Convertissez-vous et croyez à
l'Évangile ! " Nous avons spontanément
une compréhension morale de cet appel.
Il s’agirait de cesser de faire des péchés et
d'acquérir des vertus. C'était la conversion
que prêchait sévèrement Jean-Baptiste
et les prophètes de l'Ancien Testament :
Revenez à la pratique de la Loi et vous
serez bénis sinon… vous serez punis. Ce
que l'Évangile nous annonce et qui est
bouleversant, c'est un renversement
complet : il ne s’agit plus d’acheter notre
salut : nous sommes déjà sauvés !
Jésus dit "convertissez-vous et croyez…"
En effet Saint-Paul écrit ceci aux éphésiens
« c'est par grâce que nous sommes sauvés
moyennant la foi, cela ne vient pas de nous
c'est le don de Dieu » (Ep 2,8). Nous n'allons
pas du mercredi des cendres à la Pentecôte
chercher à nous sauver en acquérant des
bons points, des mérites, cela Jésus l'a déjà
fait pour nous. « Vous étiez des morts…
écrit encore Paul, mais Dieu vous a donné la
vie avec le Christ : il nous a pardonné toutes
nos fautes. Il a effacé le billet de la dette qui
nous accablait en raison des prescriptions
légales pesant sur nous : il l’a annulé en le
clouant à la croix. » Col 2,14
Beaucoup de gens pensent que c'est parce
que nous serons saints que nous serons
sauvés, alors que c'est exactement le
contraire : c'est parce que nous sommes
sauvés que nous pourrons devenir saints.
Voilà la première conversion à opérer. Le
départ c’est donc accueillir le salut offert par
Jésus en se convertissant. Par quels moyens
commencer le chemin de conversion ?
Les moyens traditionnels que l'Église
nous donne pour faire ce chemin et qui
ont leurs racines dans la tradition juive, à
savoir le jeûne, le partage et la prière, sont
là pour faire fructifier cette grâce du salut
qui est déjà en nous, et nous conduire à la
sainteté. C'est comme ce levain dont Jésus
nous dit qu’il fait lever toute la pâte. Il faut
que ce ferment de salut déposé en nous
par la foi et le baptême nous sanctifie
tout entier, et le Carême nous donne les
moyens pour cela.
De ces trois moyens, il en est un qui
est prioritaire, c'est celui de la prière.
Souvent, je dis aux fidèles, en boutade,
au début du carême "surtout ne prenez
pas de résolutions !" ou plutôt prenez la
résolution de demander à Jésus, dans
la prière, ce qu'il veut convertir en vous.
« Oui Jésus, que veux-tu corriger, que
veux-tu éclairer, que veux-tu guérir
en moi ? » Sinon, je risque de tomber
dans un volontarisme où je pense être
le point de départ de la conversion
au lieu que ce soit la grâce de Dieu. Et
cela conduit à des frustrations, parce
qu'on se fixe des objectifs que l'on
n'atteint pas et finalement le temps de
Carême devient davantage un temps de
culpabilisation que de transformation.
Demander à Jésus avec confiance ce
qu'il veut changer dans ma vie est le
moyen sûr de vivre une progression
spirituelle au rythme de sa grâce et non
par mes décisions qui sont toujours
teintées d'orgueil.
La prière d’abord
Jeûne, partage, prière
Un bon départ
Émonder sa vie
Le jeûne dont les pères de l'Église et les maîtres spirituels nous
vantent les mérites, est un moyen d'apaiser nos appétits et de
discerner dans nos vies l'essentiel de l'accessoire. On peut jeûner
d'une manière alimentaire mais aussi on peut se priver de nos
écrans, de certains loisirs qui ne sont pas essentiels et même de
certaines fréquentations qui nous font perdre notre temps; c'est
l'occasion d'émonder notre vie : « Tout sarment qui est en moi, mais
qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte
du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. »
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 69716
Le partage nous fait être attentifs au
prochain, être généreux et croire que
Dieu dans sa providence me donnera ce
qu'il faut : « Que chacun donne comme
il a décidé dans son cœur, sans regret et
sans contrainte, car Dieu aime celui qui
donne joyeusement. Et Dieu est assez
puissant pour vous donner toute grâce en
abondance, afin que vous ayez, en toute
chose et toujours, tout ce qu’il vous faut,
et même que vous ayez en abondance de
quoi faire toute sorte de bien. Dieu, qui
fournit la semence au semeur et le pain
pour la nourriture, vous fournira la graine ;
il la multipliera, il donnera la croissance à
ce que vous accomplirez dans la justice. Il
vous rendra riches en générosité de toute
sorte, ce qui suscitera notre action de grâce
envers Dieu ». 2 Co 9, 8-11
Toujours, dans son encyclique Dilexit nos,
le pape aborde la question délicate mais
si importante de la réparation : « Avec le
Christ, nous sommes appelés à construire
une nouvelle civilisation de l’amour sur les
ruines que nous avons laissées en ce monde
par notre péché. Telle est la réparation
que le Cœur du Christ attend de nous.
Au milieu du désastre laissé par le mal, le
Cœur du Christ veut avoir besoin de notre
collaboration pour reconstruire le bien et
le beau. » Dilexit Nos n°189. Reconnaissons
que pour nous Martiniquais, c’est surtout
dans les cœurs que nous avons besoin de
réparation.
Voici ce qu’écrit encore le Pape : « L’habitude
de demander pardon aux frères fait partie
de cet esprit de réparation ; elle démontre
une grande noblesse au cœur de notre
fragilité. La demande de pardon est un
moyen de guérir les relations parce qu’elle
« rouvre le dialogue et manifeste la volonté
de renouer dans la charité fraternelle, [...]
elle touche le cœur du frère, le console et
suscite en lui l’accueil du pardon demandé.
Alors, si l’irréparable ne peut être totalement
réparé, l’amour, lui, peut toujours renaître,
rendant la blessure supportable ». n°201
Faisons donc de ce temps de carême, un
temps de réconciliation avec Dieu, par le
sacrement de la réconciliation et avec nos
frères, par nos demandes de pardon.
Le but est donc de nous préparer à vivre
ces temps si intenses de la semaine sainte
où nous pourrons, en suivant la Pâques de
Jésus, voir des catéchumènes vivre des
étapes vers la régénérescence spirituelle
et, pour nous-mêmes, nous replonger dans
la grâce de notre baptême.
« Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par
le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par
le baptême. Si donc, par le baptême qui nous
unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau
avec lui, c’est pour que nous menions une vie
nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui,
par la toute-puissance du Père, est ressuscité
d’entre les morts. » Rm 6,5. Autrement dit
quand, le mercredi des cendres, je me place
sur les starting-blocks de cet « entrainement
spirituel », je ne commence pas par me
regarder le nombril, mais je lève les yeux
vers ce but qui est, ultimement, la Pentecôte
où toute l’Eglise sera renouvelée dans l’Esprit
Saint et confirmée dans sa mission vers
toutes les nations. Ce passage de l’épitre
aux Philippiens, résume bien, il me semble,
la dynamique du carême :
« À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère
tout comme des ordures, afin de gagner
un seul avantage, le Christ et, en lui, d’être
reconnu juste, non pas de la justice venant
de la loi de Moïse mais de celle qui vient de
la foi au Christ, la justice venant de Dieu, qui
est fondée sur la foi. Il s’agit pour moi de
connaître le Christ, d’éprouver la puissance
de sa résurrection et de communier aux
souffrances de sa passion, en devenant
semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir
de parvenir à la résurrection d’entre les
morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu
cela, je n’ai pas encore atteint la perfection,
mais je poursuis ma course pour tâcher de
saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le
Christ Jésus. (…) Une seule chose compte :
oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers
l’avant, je cours vers le but en vue du prix
auquel Dieu nous appelle là-haut dans le
Christ Jésus. Mais je cours, tendu de tout
mon être pour tâcher de saisir, puisque j’ai
moi-même été saisi par le Christ Jésus. »
Ph 3, 8-14
Père Martin Lagacé, Vicaire de Balata ■
Vers Pâques
Réparation et réconciliation
C'est le moins qui fait du plus
LE CARÊMEDOSSIER
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 17
S
i donc le Carême est le chemin
vers le cœur, il est alors le chemin
vers notre Essentiel. Et comme
le dit le père Lagacé, Carême, ce sont
quarante jours qui nous conduisent à la
vie du Ressuscité. Certes, ce temps, nous
le redoutons parce que nous le mettons
sous le signe du sacrifice matériel : ne pas
manger de chocolat, ne pas prendre de
la viande, faire toutes sortes d’efforts :
ascèses, abstinence, pénitence, jeûne,
prière et partage. Tout pour contraindre
le corps, pour apaiser l’esprit et affiner
l’âme. Et pourtant, on a peur et on redoute
le carême. On promet et on échoue
dans l’exécution des promesses. Or, ce
temps est d’abord et surtout le temps de
fiançailles où le Seigneur Dieu Créateur
de notre souffle vient tout renouveler en
nous. Il vient nous redonner un nouveau
souffle. Car nous sommes étouffés par
le mensonge, la cupidité, les désirs de
tout genre, par le matériel, par le soupçon
contre Dieu que nous accusons de nos
maux, de nos malheurs et de nos fuites. Et
ainsi, puisqu’il n’y a plus de souffle divin,
« la mort est passée en tous les hommes,
du fait que tous ont péché ». Ce souffle
nouveau créateur, c’est en Jésus-Christ,
Dieu-avec-nous, venu devenir Ami
intime des humains, quand il accomplit
pour nous « la justice et nous conduit à
la justification qui donne la vie » nous dit
saint Paul.
Le temps de carême est donc le temps où
le Seigneur notre Ami, nous propose le
nouveau souffle. C’est le temps où nous
sommes invités à retrouver notre essentiel.
Car manger, boire, se vêtir, avec tous les
soucis et tous les dégâts que cela entraîne,
est-ce l'essentiel dans la vie de l’homme
? Pour Jésus, dans les évangiles, si ces
choses sont notre essentiel, la condition
de l'homme serait bien plus pénible que
celle des oiseaux ou des fleurs. En effet,
les oiseaux ou les fleurs reçoivent leur
bonheur de notre Père du Ciel. L'homme
serait-il moins aimé que les oiseaux ou les
fleurs ? "Ne valez-vous pas beaucoup plus
qu'eux" L'homme est fait pour chercher et
trouver Dieu qui peut seul combler toutes
ses aspirations. L'essentiel est donc de se
recevoir du Père du Ciel. "Ne vous faites
pas de soucis pour votre vie" - car "qui
d'entre vous, à force de souci peut
prolonger tant soit peu son existence
?" -, pas de souci au sujet de la nourriture,
des vêtements - car "votre Père Céleste sait
que vous en avez besoin."
Et pourtant nous avons l’habitude
de penser que " le Seigneur nous a
abandonnés, le Seigneur nous a oubliés".
N'avons-nous pas souvent l'impression
que nous sommes seuls dans notre
maladie, dans notre prison, dans nos
angoisses, dans nos luttes contre les
malheurs de la vie ? Et pourtant l'amour
indéfectible et la tendresse quasi-
maternelle de Dieu pour chacun de nous,
nous sont toujours garantis. Ce n'est que
dans cet amour et dans cette tendresse
de Dieu pour nous, que nous pouvons
trouver un surcroît d'énergie pour vivre
nos peines, nos misères, nos injustices.
Il ne s'agit pas de nous emmurer dans
nos préoccupations, dans nos soucis,
dans nos solitudes, à la recherche de nos
réputations, de nos biens éphémères,
mais il s'agit de nous ouvrir à l'amour, à la
tendresse et à la confiance de Dieu et en
Dieu. " Cherchez d'abord le royaume de
Dieu, - royaume d'amour, de justice et de
paix au cœur de nos relations humaines
- et tout cela vous sera donné par-dessus
le marché". Dire autrement, chercher en
premier l’essentiel.
Voilà pourquoi durant ce temps de
carême, Jésus nous propose de tout lâcher
pour devenir léger comme la poussière
de laquelle nous sommes tirés. Revenir à
l’essentiel, c’est accueillir le don que Dieu
nous prépare durant quarante jours :
NOUS RENDRE NOUVEAUX. Le Carême
est donc le temps du don gratuit de Dieu
à chacun de nous, un souffle nouveau au
cœur de ce monde étouffé par le matériel
et l’esclavagisme de toute sorte. Ce souffle
nouveau, c’est Dieu lui-même. C’est donc
Dieu qui fait le premier pas et nous invite
à vivre ce temps d’amour. Il n’y a donc
plus raison ni de redouter ni d’avoir peur
de ce temps de carême. Au contraire,
nous devons le désirer parce que c’est le
temps de la nouveauté, c’est le temps des
amours avec Dieu qui est Amour. Et en
retour, l’Église notre mère nous propose
de prendre comme notre Maître et Ami,
Jésus-Christ, les moyens qu’il a utilisés
lui-même pour vaincre le tentateur :
vivre de la parole de Dieu que du pain,
s’accrocher à Dieu et faire de lui notre
essentiel, apprendre à laisser la volonté
de Dieu se faire. Voilà les moyens de
victoire du Christ qui nous sont proposés
pour recevoir cette gratuité de la vie de
Dieu en demeurant fidèles à l’amour divin.
Et comme amour appelle sacrifice, à chacun
de voir ce qui pèse son cœur et l’empêche
de le faire élever vers le Seigneur. Si nous
sommes lourds de nos encombrements
de ce monde, l’esprit mauvais, ce serpent
antique comme un lion tapi en embuscade
attend à notre porte pour nous mettre à nu
et étouffer en nous ce souffle divin. Si notre
ami et Maître l’a vaincu, c’est que nous
aussi, et avec lui, nous le vaincrons par
nos œuvres de charité, de détachement,
de jeûne et de prière intense.
Vivons ce temps de fiançailles avec notre
bien-aimé le Christ pour des épousailles
nobles à Pâques en ayant en vue, durant
ces quarante jours, la phrase de saint
François de Sales : TOUT PAR AMOUR,
RIEN PAR FORCE. Et si ceci devenait notre
devise durant ce carême ? Je crois que c’est
aussi la devise de Dieu-Amour, Lui-même.
Bon carême à tous et à toutes pour une
lumineuse et vivifiante fête de Pâques.
Père Grégoire-Sylvestre Gainsi ■
Le Carême : un Chemin vers ton essentiel
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 69718
?
Question
Durant le Carême, les paroisses nous invitent, chaque
vendredi, au Chemin de Croix. Père Pascal Degras nous
éclaire sur cette pratique.‘‘
AN TJÈ
LÉGLIZ-LA
➊ Quelle est la dimension
spirituelle du Chemin de Croix ?
La Passion et la Résurrection du
Christ sont des moyens, pour les
hommes, de comprendre de quelle
manière la souffrance, utilisée et
manifestée à travers le Chemin de
Croix du Christ, participe aussi à
notre nature chrétienne et spirituelle.
Si nous sommes aujourd’hui
profondément attachés à la Croix, si
elle représente notre espérance, il faut
que cette Croix ait une symbolique
spirituelle forte pour nous. Il s’agit
de la réalité de l’Amour vrai. Dieu
a voulu manifester, au travers de
sa présence sur cette Croix, qu’il
nous aimait profondément jusqu’à
se donner lui-même de manière
concrète.
L’amour et le don, la charité et
la volonté de porter l’homme
à la quintessence de l’amour :
spirituellement parlant c’est le plus
beau geste d’espérance que le monde
ait reçu de Dieu.
➋ Pourquoi avons-nous en
Martinique une pratique aussi
intense du Chemin de Croix ?
Il faut remettre le Chemin de Croix
dans sa dimension spirituelle. Nous
devons nous rendre compte de
l’importance de chacun des gestes
que Jésus a fait, et particulièrement,
du symbole de chacune des stations.
Quand Jésus tombe, nous devrions
faire le parallèle avec nos propres
chutes.
Certes, l’échec nous rebute, nous met
profondément en colère mais il fait
partie de notre existence. Jésus lui-
même en tant qu’homme et vrai Dieu
s’est trouvé face à l’échec. Il est tombé,
et il s’est relevé face à des situations
qui l’ont quelque peu mis en déroute
ou qui l’ont profondément posé une
difficulté. Il ne s’est jamais laissé
abattre lui qui était amené à l’abattoir.
Il a manifesté son obéissance à la vie
divine.
Nous devrions nous attarder sur la
présence de nos parents dans notre vie
chrétienne à travers le visage de Marie
ou celui de Véronique. Quelle sont les
personnes qui nous essuient le visage
lorsque nous sommes perdus ou un
peu malheureux dans le monde dans
lequel nous sommes ? La transposition
effective de ces passages et de ces
stations dans notre vie quotidienne
devrait nous interpeller et nous faire
arriver à cette grâce de la résurrection
qui est une dimension de la nouvelle
vie que nous voulons entamer avec le
Christ et avec Dieu par-dessus tout.
➌ Ne faisons-nous pas les Chemins
de Croix par tradition
Le Chemin de Croix est devenu un
acte culturel alors qu’il devrait être un
acte cultuel. Il y a derrière le rituel du
Chemin de Croix une vraie dimension
de conversion dans le cœur et dans
l’âme de celui qui le vit. Si nous res-
tons dans une forme de simple
récitation, de simple fait his-
torique ou biblique, cela
reste juste à la surface
de notre vie spiri-
tuelle. Mais par
contre, si nous
nous mettons
profondément
dans le chemin
que l’Eglise
nous invite à
vivre en nous remettant dans les pas
du Christ, alors oui, nous entrons
complètement dans cette dimension.
Il s’agit alors, du chemin de l’in-
tériorité, de l’intimité, de la vérité
de ce que nous vivons avec Dieu et
avec le Christ en particulier sur ce
Chemin de Croix jusqu’au jour de sa
crucifixion et de son ensevelissement
au tombeau.
➍ Que penses-tu du fait que la
pratique du Chemin de Croix
est quelquefois assimilée à du
sadomasochisme ?
Il y a une forme de jansénisme, de
pureté de la souffrance que parfois
certaines personnes veulent ressentir
et veulent vivre. Si je reste juste sur le
fait que Jésus a fait cela pour moi, cela
s’apparente à du dolorisme. Il faut
donc que je me laisse profondément
toucher là où cela est nécessaire. J’ai
quelque chose à faire, à changer dans
ma vie. Alors ce sera une nouvelle
manière de travailler avec le Christ
parce que l’orientation de ma vie aura
été modifiée.
Propos recueillis par Nicole Chésimar ■
du 16 mars 2025 – n° 697
l’âme de celui qui le vit. Si nous res-
tons dans une forme de simple
récitation, de simple fait his-
torique ou biblique, cela
reste juste à la surface
de notre vie spiri-
tuelle. Mais par
contre, si nous
nous mettons
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 16 mars 2025 – n° 697 19
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE MARTINIQUE
Service legs et donations
Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père Pinchon
BP 586 - 97207 FORT-DE-FRANCE CEDEX
Téléphone : 06 96 310 333 - E-mail : michel.pouch@wanadoo.fr
oui, je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine.
oui,je souhaite être contacté pour un rendez-vous au Service des legs et
donations ou à mon domicile.
LÉGUEZ
à l’Église catholique
L’espérance en héritage
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sans engagement de votre part
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Ville Téléphone
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Paroisse
(facultatif)
POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MARTINIQUE
LÉGUEZLÉGUEZLÉGUEZ
Agenda de l’Archevêque
Samedi 15 mars :
Visite pastorale au Marin
• 17h : Messe dominicale anticipée à la paroisse de Marin
Dimanche 16 mars :
• 8h : Messe au monastère des Bénédictins
• 15h30 : Célébration de l’Appel décisif à la
cathédrale Saint-Louis
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Mardi 18 mars :
• Conseil épiscopal
• Conférence des Tutelles de l’enseignement
catholique
Mercredi 19 mars :
Solennité de Saint-Joseph
• Messe au couvent de Saint-Joseph de Cluny
• Rencontre avec les confirmands du Séminaire
Collège Sainte-Marie (2
nd
groupe) à l’archevêché
• 18h30 : Messe avec la pastorale des hommes à la
paroisse de Terres-Sainville
Du 20 au 24 mars :
Visite pastorale du district Grand Nord
Jeudi 20 mars :
• 18h : Messe à la paroisse de Lorrain
Vendredi 21 mars :
• 6h30 : Messe à la paroisse de Basse-Pointe
Samedi 22 mars :
• 8h : Messe à la paroisse de Marigot
• 18h : Messe dominicale anticipée à la paroisse
d’Ajoupa-Bouillon
Dimanche 23 mars :
• 8h : Messe à la paroisse de Grand’Rivière
• 10h30 : Messe à la paroisse de Macouba
Lundi 24 mars :
• Rencontre avec les prêtres du district du Grand Nord
Mardi 25 mars :
• Conseil épiscopal
Mercredi 26 mars :
• Rencontre avec les confirmands du Pensionnat
Saint-Joseph de Cluny à l’archevêché
Du 27 au 30 mars :
Visite pastorale du district Centre Ouest
Jeudi 27 mars :
• 18h30 : Messe à la paroisse du bourg de Schoelcher
Vendredi 28 mars :
• 8h : Prière du matin à la paroisse de De Briant
Samedi 29 mars :
• 8h : Messe à la paroisse de Terres-Sainville
• 18 h : Messe dominicale anticipée à la paroisse
de Balata
Dimanche 30 mars :
• 9h30 : Messe à la paroisse de Bellevue

