Bon temps de Réconciliation avec Dieu, avec nos frères et soeurs ! Que l’espérance et la confiance renaissent à la lumière de la passion et de la résurrection du Christ !
SOMMAIRE
- EDITORIAL
- MOT DE L'ÉVÊQUE - "Être catholique, aujourd’hui en Martinique "
- ÉGLISE UNIVERSELLE - Catéchèse du Saint-Père préparé pour l’Audience Générale du 19 mars 2025
- LITURGIE
- VIE DU DIOCESE
- Séminaire d’entrée en carême Une belle réussite !
- Point de vue : Trahir c’est se trahir Pardonner l’impardonnable trahison, c’est se libérer
- La confession
- Le sacrement de réconciliation et les cinq clefs de la délivrance
- Horaires des confessions
- PAGES JEUNES
- DOSSIER "JUDAS ISCARIOTE "
- AN TJÉ LÉGLIZ-LA "Réjouissez-vous ! Il nous est proposé instamment de nous réjouir"
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Page 1
Eglise
en MARTINIQUE
T Tu es mon espérance
N° 698
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
30 MARS 2025
Hommage au père Filopon
Retour sur le Séminaire
d'entrée en carême 2025
Dossier : Judas l’Apôtre qui trahit Jésus
Erratum Horaires des confessions
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2
3
Sommaire
L
’attitude de Dieu face au pécheur nous surprend toujours.
Les scribes et les pharisiens sont scandalisés par l’accueil
que Jésus réserve aux pécheurs. Le comportement du
Christ comme celui du Père Miséricordieux de l’évangile
bouscule les convictions morales, religieuses de certains de ses
contemporains. Dieu n’aime pas le péché. Il aime le pécheur
et il ne veut pas sa perte. Le temps de Carême est le moment
privilégié de faire l’expérience de la Miséricorde de Dieu.
Dieu pardonne et il nous invite surtout en cette période à
faire comme lui : Être miséricordieux comme le Père Céleste
est miséricordieux.
En Martinique, beaucoup ont commencé le Carême avec le
séminaire du 3 au 5 mars ponctué par le recueillement, la
prière, la formation, l’enseignement et les sacrements. Une
belle expérience enrichie par le retour positif des participants.
Le Carême est aussi le temps du combat spirituel dans une
confrontation existentielle contre le mal sous toutes ses formes :
le péché, la trahison, l’échec. Le chrétien appelé à devenir
disciple-missionnaire suit le Christ au désert sur la montagne
de la transfiguration, descend avec lui pour vivre sa passion.
Le Christ a été livré, il a été trahi. Encore aujourd’hui Jésus
continue d’être trahi. Qui le trahit ? Si ce n’est l’un des apôtres,
l’un de ses plus proches. Peut-être que nous aussi, il nous
est arrivé de trahir Jésus ou le frère ou la sœur ou l’ami(e) ?
Peut-être que nous avons été trahis ! Le Père Albert Ogougbé
contextualise la trahison de Judas, en tant qu’apôtre bien-aimé
qui a reçu toutes les grâces, mais a choisi de se détourner. Il
établit le paradoxe de l’amour et de la trahison. Son texte
interpelle sur la manière dont on peut, à l'instar de Judas, trahir
non seulement Jésus, mais nos proches et nous-mêmes à travers
nos actions et choix quotidiens.
Poursuivant la réflexion de son collègue philosophe, le Père
Grégoire-Sylvestre Gainsi propose une piste de sortie et de
survie face à la trahison : « trahir, c’est se trahir et pardonner
l’impardonnable trahison, c’est se libérer. » Sur le plan
psychologique, religieux et pastoral, le Père Pierre Henderson
et le diacre permanent Tony Allaguy Sallachy expliquent
l’importance du sacrement du pardon, de la confession, et de la
réconciliation avec Dieu, les autres et avec soi-même. L'accent
est mis sur la confession et le pardon comme un acte libérateur
qui renforce la foi et la santé spirituelle et psychologique des
pratiquants.
Bon temps de Réconciliation avec Dieu, avec nos frères et
sœurs !
Que l’espérance et la confiance renaissent à la lumière de la
passion et de la résurrection du Christ !
Père Crépin Hounza ■
« Je me lèverai, j’irai vers mon Père »
Le Pardon : la confiance et l’espérance retrouvées
EDITORIAL
33MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• Judas, l’apôtre qui trahit Jésus
• Réjouissez-vous !
Il nous est proposé instamment de nous réjouir
• Xxxx
• Séminaire d’entrée en carême
Une belle réussite !
• Point de vue : Trahir c’est se trahir
Pardonner l’impardonnable trahison,
c’est se libérer
• La confession
• Le sacrement de réconciliation
et les cinq clefs de la délivrance
• Horaires des confessions
• Être catholique, aujourd’hui
en Martinique
• Catéchèse du Saint-Père préparé pour
l’Audience Générale du 19 mars 2025
3333
• Catéchèse du Saint-Père préparé pour • Catéchèse du Saint-Père préparé pour
EGLISE UNIVERSELLE
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AN TJÈ LÉGLIZ-LA 18
Dossier : JUDAS ISCARIOTE
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EDITORIAL
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AGENDA DE L'EVEQUE 19
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR
RÉDACTEUR EN CHEF : père Crépin HOUNZA
MISE EN PAGE – IMPRESSION
Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 698 3
Ê
tre catholique aujourd’hui
en Martinique, c’est à la
fois commun et extraordinaire :
c'est être appelé personnellement par
Dieu à Le servir dans une famille... et
en même temps, c’est faire partie d’une
religion « quasi-officielle » considérée
comme le « service public du religieux »
où les « gens », (c’est-à-dire « tout
le monde » sauf ceux qui sont dans
une autre religion) viennent pour « se
(faire) baptiser », faire le catéchisme, se
marier, être parrain-marraine, prendre
« an ti kout lanmès » et pour recevoir
des funérailles à l'Église !
Être catholique, c’est faire partie
d’une communauté de plus en
plus atypique et fervente de frères
et sœurs et cependant... Mais c’est
aussi avoir l’impression de faire ce
que tout le monde a toujours fait et
d’appartenir à la religion majoritaire
et historique du pays !
Être catholique, c’est appartenir à la
religion qui a épousé et façonné une
grande partie de notre culture dont le
rapport plus ou moins pur à l’Église
a suscité aussi bien des éléments
profondément chrétiens que des
choses ténébreuses... de l’amour
de l’Écriture Sacrée, au carnaval,
du respect du Carême, aux accras
du Vendredi Saint, des premières
communions aux superstitions les plus
sombres, de la solidarité populaire aux
makrélaj ou jugements dévastateurs
sur la vie des gens !
Être catholique, c’est être conforme à
une Tradition deux fois millénaire et
universelle... mais c'est aussi se faire
interpeller, mépriser, voire injurier par
des « frères » d’autres religions, au
point d’avoir l’impression de devoir
se justifier sur ce que l’on vit
1
!
Être catholique, c’est suivre la
volonté délibérée et éclairée de nos
ancêtres, qui ne sont pas devenus
catholiques « de force » mais par
un choix conscient et reconnaissant
envers les religieux qui étaient de
leur côté et à leur service... Mais c’est
aussi se faire agresser par des courants
révisionnistes refusant de reconnaître
le travail de tant de missionnaires qui
se sont battus pour eux !
Être catholique, c’est avoir à sa
disposition des hommes (les prêtres)
que Dieu a appelés à une vie pauvre
et chaste, pour être les serviteurs
exclusifs et permanents de son
peuple. C’est être fier de ceux-là qui
ont reçu, à travers leurs pauvretés
personnelles, la capacité de « donner
le Bon Dieu » ... C’est aussi parfois être
honteux et accablé par la trahison d’un
petit nombre de « Juda » devenu des
loups impurs dans la bergerie divine !
Être catholique, c’est appartenir à une
communauté qui ne se soucie pas
uniquement de son propre nombril
mais qui mobilise, dans chaque
commune et quartier, ses finances,
ses biens et des dizaines de bénévoles
pour s’occuper des plus âgés,
accompagner les plus fragiles, former
à l’écoresponsabilité ou éduquer
la jeunesse... C’est aussi pouvoir
rejoindre une armée de serviteurs
mais avec peu de reconnaissance,
voire des critiques !
Être catholique, c’est pouvoir
participer tous les jours de la semaine,
tout près de chez soi, en communion
avec des milliers d’autres fidèles, à des
prières et des célébrations diverses
et variées et recevoir la grâce des
sacrements « au nom du Père et du
Fils et du Saint-Esprit », comme Jésus
a enseigné de le faire... C’est aussi avoir
presque « l’habitude » que la présence
de Dieu dans la nouvelle Jérusalem
s’imprègne ainsi tous les jours dans
le quotidien d’un peuple.
Merci Jésus.
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
Être catholique, aujourd’hui
en Martinique
MOT DE L’ÉVÊQUE
1
(On a même vu une émission récente où une
journaliste, visiblement inculte et manquant de
recul sur sa pratique, avait l’intention d’amuser
la galerie en cherchant la polémique à partir des
pratiques catholiques : comme si tout le monde
pouvait se permettre de juger des pratiques
religieuses d’autrui et qu’on pouvait nous
aussi, « silon van latjé poul panché », critiquer
les pratiques de l’Islam, du Judaïsme ou des autres
mouvements religieux…).
Page 4
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 6984
EGLISE UNIVERSELLE
C
hers frères et sœurs, bonjour !
Avec cette catéchèse, nous
commençons à contempler
certaines rencontres racontées dans les
Évangiles, pour comprendre la manière
dont Jésus donne de l’espérance. En effet,
il y a des rencontres qui éclairent la vie et
apportent l’espérance. Il peut arriver, par
exemple, que quelqu’un nous aide à voir
sous un angle différent une difficulté ou
un problème que nous vivons ; ou bien il
peut arriver que quelqu’un nous donne
simplement une parole qui nous évite
de nous sentir seuls dans la souffrance
que nous sommes en train de vivre. Il y a
aussi parfois des rencontres silencieuses,
où rien n’est dit, et pourtant ces moments
nous aident à nous reprendre en main.
La première rencontre sur laquelle je
voudrais m’arrêter est celle de Jésus
avec Nicodème, racontée au chapitre 3
de l’Évangile de Jean. Je commence par
cet épisode parce que Nicodème est un
homme dont l’histoire montre qu’il est
possible de sortir des ténèbres et de
trouver le courage de suivre le Christ.
Nicodème va voir Jésus de nuit : une heure
inhabituelle pour une rencontre. Dans le
langage de Jean, les références temporelles
ont souvent une valeur symbolique : ici,
la nuit représente probablement ce qui
est dans le cœur de Nicodème. C’est un
homme dans l’obscurité du doute, dans
cette obscurité que nous connaissons
lorsque nous ne comprenons plus ce qui
se passe dans notre vie et que nous ne
voyons pas clairement le chemin à suivre.
Si tu es dans les ténèbres, tu cherches
bien sûr la lumière. Et Jean, au début de
son Évangile, écrit : « La vraie lumière est
venue dans le monde, celle qui éclaire
tout homme » (1,9). Nicodème cherche
donc Jésus parce qu’il a senti qu’il pouvait
éclairer les ténèbres de son cœur.
Cependant, l’Évangile nous apprend que
Nicodème ne comprend pas tout de suite
ce que Jésus lui dit. Nous voyons donc
qu’il y a beaucoup de malentendus dans
ce dialogue, et aussi beaucoup d’ironie, ce
qui est une caractéristique de l’évangéliste
Jean. Nicodème ne comprend pas ce
que Jésus lui dit parce qu’il continue à
penser avec sa propre logique et ses
propres catégories. C’est un homme à
la personnalité bien définie, il a un rôle
public, il est l’un des chefs des Juifs. Mais il
est probablement plus difficile pour lui de
faire la part des choses. Nicodème sent que
quelque chose ne fonctionne plus dans sa
vie. Il ressent le besoin de changer, mais ne
sait pas par où commencer.
Cela nous arrive à tous à un moment
ou à un autre de notre vie. Si nous
n’acceptons pas le changement, si nous
nous enfermons dans notre rigidité, nos
habitudes ou nos modes de pensée, nous
risquons de mourir. La vie réside dans
la capacité à changer pour trouver une
nouvelle façon d’aimer. En fait, Jésus parle
à Nicodème d’une nouvelle naissance, qui
est non seulement possible, mais même
nécessaire à certains moments de notre
parcours. En fait, l’expression utilisée dans
le texte est déjà ambivalente en elle-même,
car anõthen (EEEEEE ) peut être traduit
soit “d’en haut”, soit “à nouveau”. Peu
à peu, Nicodème comprendra que ces
deux significations vont de pair : si nous
permettons à l’Esprit Saint d’engendrer
une vie nouvelle en nous, nous naîtrons
de nouveau. Nous redécouvrirons cette vie
qui, peut-être, était en train de s’éteindre
en nous.
J’ai choisi de commencer par Nicodème
également parce qu’il s’agit d’un homme
qui, par sa vie même, montre que ce
changement est possible. Nicodème y
parviendra : à la fin, il sera parmi ceux qui
iront demander à Pilate le corps de Jésus
(cf. Jn 19,39) ! Nicodème est enfin entré
dans la lumière, il renaît, il n’a plus besoin
d’être dans la nuit.
Les changements nous font parfois peur.
D’une part, ils nous attirent, nous les
désirons parfois, mais d’autre part, nous
préférons rester dans notre zone de confort.
C’est pourquoi l’Esprit nous encourage
à affronter ces peurs. Jésus rappelle à
Nicodème – qui est un enseignant en
Israël – que les Israélites avaient eux aussi
peur lorsqu’ils marchaient dans le désert.
Ils étaient tellement obnubilés par leurs
soucis qu’à un moment donné, ces peurs
ont pris la forme de serpents venimeux
(cf. Nombres 21, 4-9). Pour être libérés, ils
devaient regarder le serpent de bronze
que Moïse avait placé sur un mât, c’est-
à-dire qu’ils devaient lever les yeux et se
tenir devant l’objet qui représentait leurs
peurs. Ce n’est qu’en regardant en face
ce qui nous fait peur que nous pouvons
commencer à être libérés.
Nicodème, comme nous tous, peut
regarder le Crucifié, celui qui a vaincu la
mort, la racine de toutes nos peurs. Levons-
nous aussi le regard vers celui qu’ils ont
transpercé, laissons-nous aussi rencontrer
par Jésus. En Lui, nous trouvons l’espérance
pour affronter les changements de notre
vie et naître de nouveau.
Pape François ■
Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance. II. La vie de Jésus.
Les rencontres 1. Nicodème « Vous devez naître d’en-haut » (Jn 3,7b).
CATÉCHÈSE DU SAINT-PÈRE PRÉPARÉ POUR
l’Audience Générale
du 19 mars 2025
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 698 55
Dimanche 30 mars 2025
laP Parole DDominicale
4
ème
dimanche de Carême, de Lætare - Année C
Introduction
En ce 4
ème
dimanche de C arême, dimanche
de la joie, de Laetare, la parabole du fils
prodigue nous invite à nous interroger sur
le sens de la conversion en tant que réponse
de l’homme à la miséricorde de Dieu. La
conversion, n’est-elle pas pour le pécheur,
un retour vers la maison de Dieu qu’il avait
quittée ? L’expérience de la miséricorde de
Dieu, n’est-ce pas ce qui apporte de la joie
au pécheur qui se laisse réconcilier avec
son créateur ?
Points de réflexion
Le père de la parabole, dont l’attitude fait
penser à Dieu, va laisser partir son plus
jeune fils. C’est son choix. Le père souffre
de ce départ, mais ne veut pas contraindre
le plus jeune fils à rester, mais il est dans
l’attente de son retour dans une attente
active et non pas passive. Celui-ci prendra
l’initiative d’attendre son fils qu’il n’a pas
rejeté. En effet, il va guetter son retour, afin
de pouvoir l’accueillir quand il reviendra.
Dieu souffre du rejet des hommes à son
égard, et parce qu’il est bon, il laisse chacun
libre de lui obéir ou pas. Il n’oublie jamais
ses créatures fragiles qu’il a voulues. Il
accueille tous ceux qui regrettent leurs
fautes et reviennent à lui.
Le plus jeune fils va faire l'expérience des
conséquences de son choix de couper
la relation avec son père et son frère.
Cette expérience est suffisamment
lourde de conséquences que son père
refuse d’ajouter à l’échec, l’humiliation.
Il choisit le pardon et la miséricorde,
la réintégration dans la famille et le
rétablissement du lien père, fils. La part
d’héritage que le père lui avait octroyée
a été rapidement engloutie dans une vie
dissolue. L’expérience de la fragilité, de la
vulnérabilité humaine et de la précarité
vont déclencher chez le plus jeune fils un
véritable retournement intérieur. Il arrive à
la conclusion que seul son père a le pouvoir
de combler tous ses manques. En voyant
l’accueil que lui fait son père, il comprend
que celui-ci l’a toujours aimé. Dieu est le
seul à pouvoir combler tous nos manques,
répondre à tous nos besoins et nous aimer
par-delà nos infidélités.
Le fils aîné de la parabole ne pardonne pas
à son jeune frère de son erreur d’être parti
de la maison avec sa part d’héritage. Celui-ci
refuse de célébrer la fête du retour de son
frère. Le fils aîné s’enorgueillit d’être parfait
devant Dieu et ne pardonne rien au frère de
ses erreurs. Il reproche à son père d’avoir
réintégré son jeune frère dans la relation
avec lui. Selon lui, ce fils indigne n’avait
mérité que l’exclusion et le rejet. L’attitude
du fils aîné est celle de celui qui demande à
son prochain d’être irréprochable en tout.
Ou encore, il n’en finit pas de lui rappeler
ses erreurs passées. En tant que chrétien,
n’avons-nous pas trop souvent cette
mentalité de fils aîné ? La loi morale est
nécessaire, mais le père de la parabole
nous montre que par la miséricorde la loi
de l’amour dépasse toutes les lois.
Je dialogue avec Jésus
Jésus, donne-moi de ne jamais ignorer
que marcher à ta suite sur le chemin de la
conversion est par moment une véritable
lutte en soi-même. Lutte entre la force du
péché et le désir de faire la volonté de Dieu.
Merci Seigneur pour la présence de ton
esprit en moi depuis mon baptême, qu’il
me donne le courage de persévérer jusqu’à la
conversion. Que l’humilité m’empêche de me
sentir plus parfait que les autres devant Dieu.
Résolution
Que je puisse festoyer et toujours me
réjouir devant la conversion de celles et
ceux qui, en accueillant l’évangile, passent
de la mort à la vie. Le véritable héritage que
le père de la parabole cultive avec ses fils
est le lien filial qui existe entre le père et
ses fils. Qu’il nous aide à comprendre que
la famille chrétienne, lorsqu’elle est
fondée en Jésus-Christ, résiste à la
tentation de la rupture. Enracinée
dans l’amour, elle demeure le lieu
où ses membres font l’expérience
de l’amour, du pardon, de la
miséricorde de Dieu et de la
joie humble d’être simplement
ensemble.
Père Benjamin François-Haugrin
Curé de la communauté de paroisses
de Bellevue et de Schœlcher
■
Josué 5,9a.10-12 • Ps 33 (34) • 2 Corinthiens 5,17-21 • Luc 15,1-3.11-32
LITURGIE
égard, et parce qu’il est bon, il laisse chacun
libre de lui obéir ou pas. Il n’oublie jamais
ses créatures fragiles qu’il a voulues. Il
accueille tous ceux qui regrettent leurs
Le plus jeune fils va faire l'expérience des
conséquences de son choix de couper
la relation avec son père et son frère.
Cette expérience est suffisamment
lourde de conséquences que son père
refuse d’ajouter à l’échec, l’humiliation.
Il choisit le pardon et la miséricorde,
la réintégration dans la famille et le la réintégration dans la famille et le
rétablissement du lien père, fils. La part
d’héritage que le père lui avait octroyée
le père de la parabole cultive avec ses fils
est le lien filial qui existe entre le père et
ses fils. Qu’il nous aide à comprendre que
la famille chrétienne, lorsqu’elle est
fondée en Jésus-Christ, résiste à la
tentation de la rupture. Enracinée
dans l’amour, elle demeure le lieu
où ses membres font l’expérience
de l’amour, du pardon, de la
miséricorde de Dieu et de la
joie humble d’être simplement
ensemble.
Curé de la communauté de paroisses
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 6986
Une belle réussite !
SÉMINAIRE D’ENTRÉE EN CARÊME
Alors que le carnaval battait son plein dans les différentes communes de l’île, beaucoup
de chrétiens ont volontairement fait le choix de vivre un moment de recueillement et de
formation afin de fortifier leur foi pour la mission. Un temps riche en grâces, riche en
bénédictions, riche de formations, riche de paix...
E
n effet, le Séminaire d’entrée en
Carême organisé par le Diocèse
pendant les jours gras, du 3 au 5
mars 2025, a réuni un grand nombre de
fidèles sur les trois sites d’évangélisation
dédiés : Stade En Camée de Rivière-Pilote,
Palais des Sports du Lamentin et Millénium
du Morne-Rouge.
Tous les temps proposés au cours
de cet événement ont été appréciés
(louange, chapelet, adoration, confession,
conférence...). Les différents thèmes abordés
lors des conférences questionnaient, entre
autres, les termes “disciple-missionnaire” en
lien avec le Baptême, l’Esprit Saint, l’Église,
la Vierge Marie. Les intervenants n’ont pas
failli à leur mission. Avec pédagogie, ils
ont pu développer et mettre en parallèle
différentes conceptions du disciple, de
sa mission, de la nécessité de celle-ci, de
sa finalité et des moyens pour la mener à
bien. Les tables rondes ont permis d’enrichir
les débats en approfondissant les thèmes.
On peut retenir qu’avant d’être envoyés en
mission, nous sommes d’abord conviés par
le Seigneur. Nous sommes appelés à grandir
en passant par différentes étapes nous
permettant d'arriver à la maturité spirituelle
afin de nous configurer à la personne du
Fils de Dieu. Nous avons nécessairement
besoin de la Parole de Dieu pour nous
nourrir, nous construire. Nous devons nous
laisser transformer et faire advenir l’homme
nouveau qui est en nous. Nous devons être
des chrétiens persévérants. Si nous offrons
notre souffrance au Seigneur, il nous donne
les moyens de nous en sortir. Tout ce que font
les chrétiens n’a de prix qu’en Jésus-Christ.
Pendant les trois jours, l’Esprit Saint était à
l’œuvre. La joie était palpable sur les trois sites
à travers des chants entrainants, entonnés par
les différentes chorales.
Le mercredi soir, les fidèles ont fait leur entrée
en Carême en recevant les cendres.
En ce temps de jeûne, de prière et de
partage, tournons-nous avec humilité vers
Jésus, faisons tout pour nous rapprocher
de Lui, ouvrons notre cœur pour le recevoir
et gardons le cap !
Le Diocèse remercie, sans exception, tous
les participants à ce séminaire, les différents
partenaires, les intervenants, les prêtres et
tous les bénévoles mobilisés autour de cet
événement pour son bon déroulement.
Une pensée particulière au petit noyau
de correspondants communication des
paroisses qui a pu faire et publier des
photos et des vidéos afin de permettre aux
absents de partager ces moments pleins
d’émotion et de joie.
Que ce Carême du Jubilé de l’Espérance
soit pour nous un chemin de conversion,
de mission, vécu en Pèlerins d’Espérance.
Justine Lordinot, Directrice diocésaine
de la communication
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE 6
en Carême en recevant les cendres.
VIE DU DIOCÈSE
en Carême en recevant les cendres.
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 698 7
J'ai participé aux 3 jours de séminaire. C'est un temps d'évangéli-
sation que j'aime : chaque année j'y participe. C'est un temps où je
dépose tout, où je me ressource : c'est un temps qui me permet de me
remettre complètement à Dieu, de faire un petit retour en arrière sur
tout ce que j'ai vécu dans l'année précédente pour pouvoir repartir et
préparer mon temps de Carême. Donc c'est un temps qui me renouvelle,
qui me ressource et qui me permet de reprendre un départ, d'éliminer
ce qui peut m'empêcher de me rapprocher de Dieu.
J'ai eu des précisions sur ce que signifie “être disciple-missionnaire”.
On ne rentre pas dans cette partie sans savoir comment l'appréhender,
comment la préparer. Donc ça m'a permis de savoir exactement ce qu’est
un disciple-missionnaire, comment mettre en pratique la Parole de Dieu,
pour m'aider à trouver ma mission, parce que chacun a une mission et
je dois trouver ce à quoi Dieu m'appelle. J'ai compris comment me
préparer avec l'aide de l'Esprit-Saint, pour entrer dans la mission.
Marguerite Ramphort,
paroisse du François
Je suis vraiment dans un état d'euphorie car j'avais
hâte de passer la journée. Je suis heureuse d'être
dans la présence du Seigneur. Je suis très satisfaite.
Grâce aux enseignements reçus, je pense être mieux
armée pour partir en mission. Je suis au début de ma
mission, mais je pense être mieux armée. J'ai confiance
en tout cas, par rapport à tout ce que j'ai entendu et
tout ce que j'avais déjà entendu auparavant. Je sens
que je suis en bonne voie pour cheminer.
Coralie Glombard,
Paroisse de Ste-Marie
Je suis vraiment dans un état d'euphorie car j'avais
hâte de passer la journée. Je suis heureuse d'être
Je suis vraiment dans un état d'euphorie car j'avais
hâte de passer la journée. Je suis heureuse d'être
Je suis vraiment dans un état d'euphorie car j'avais
dans la présence du Seigneur. Je suis très satisfaite.
hâte de passer la journée. Je suis heureuse d'être
dans la présence du Seigneur. Je suis très satisfaite.
hâte de passer la journée. Je suis heureuse d'être
J'ai très bien vécu ce temps d'évangélisation. Ça
s'est très bien passé. Les thèmes abordés collent
avec la dynamique dans laquelle nous sommes sur
ma paroisse. Par rapport au Congrès mission, je
trouve que c'est une continuité et que ça encourage
déjà dans notre questionnement personnel et notre
vie de foi en général.
Les mots que je retiens sont "missionnaire et
mission". Mais ce que j'ai associé au mot mission
est de me remettre à la providence, c'est-à-dire,
avancer mais sans trop me questionner sur quelle
est ma mission exactement, mais à chaque fois que
j'ai l'occasion de faire ce qui est juste.
J’ai accompagné mon épouse au
Séminaire le lundi et j’ai éprouvé
une telle paix que j’y suis retourné
les deux jours suivants. Voir cette
communion, cette ferveur, cette
joie entre ces femmes, ces hommes,
ces prêtres.... cela m’a vraiment
touché. Je suis soignant et j’ai
eu la conviction que le Seigneur
m’appelait, moi aussi, à m’investir
auprès de mes frères en Église,
de donner de mon temps, d’être
au service. Merci Seigneur de
m’appeler à ton service.
Christopher Palladino, paroisse de Sainte-Marie
José C.,Paroisse du Carbet
Ce que je retiens de ce séminaire c’est la qualité des intervenants. Les enseigne-
ments ont été très forts. J’ai même enregistré pour faire passer le message aux
membres de ma famille qui n’ont pas pu être là. Vraiment, cette 1ère édition
organisée sur 3 sites différents avec le même programme, était une excellente
idée. J’espère que ce temps fort va enrichir la Martinique, que ce sera vraiment
un départ en mission. J’espère aussi que le feu éclatera dans les cœurs et dans
nos familles. Alors qu’on parle de Carême sec et triste, c’est avec une grande
joie que je commence ce Carême. On a rencontré Jésus, on avait des prédicateurs
de qualité et je rends grâce à Dieu pour tout cela.
Merci Maman Marie de nous envelopper de ton manteau d’amour pour nous
permettre de continuer ce chemin en intercédant pour nous auprès de ton Fils Jésus.
Maguy Théodore-Bonheur,Paroisse de Régale
permettre de continuer ce chemin en intercédant pour nous auprès de ton Fils Jésus.
Témoignages…
ÉGLISE EN MARTINIQUE ÉGLISE EN MARTINIQUE ÉGLISE EN MARTINIQUE ÉGLISE EN MARTINIQUE 77
émoignages…
Page 8
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 6988
POINT DE VUE
Dans le numéro 685 de la Revue Église en Martinique, nous avons proposé l’article sur le
Chrétien et la sincérité. L’objectif de cet article était de réussir à nous faire toucher du doigt,
l’importance de la sincérité comme principe essentiel de la vie bonne en société et en Église.
N
ous avons vu que la sincérité
est assimilée à la droiture, à la
loyauté, à la pureté et à la vérité.
Et nous avons conclu que le chrétien doit
être un homme sincère, c’est-à-dire un
homme droit qui s’interdit toute duplicité.
C’est l’homme fidèle à la parole donnée.
Porter atteinte à cette identité du chrétien
que nous sommes appelés à être, c’est
ce que nous appelons la trahison. La
trahison est donc l’absence de la sincérité.
Si la sincérité est un principe positif, la
trahison est le mal opéré contre la fidélité
à une parole donnée.
Parler de trahison, en terme simple, c’est
dénoncer l’acte de quelqu’un en qui on a
confiance et qui au final ne respecte pas
sa parole donnée ou manque de fidélité
au fondement d’une relation établie. En
son étymologie, le mot trahison renvoie
à l’auteur de cet acte qui est un traitre, qui
vient du latin traditor ou traditoris. Le traitre
est celui qui délivre quelqu’un du camp
adverse. Dire autrement le traitre, dans
le sens militaire, est celui qui se tourne
contre son camp en donnant la main à
l’ennemi. Il s’agit de tourner la main contre
son camp. Il renie son idéal, sa conviction
pour épouser celle de l’autre camp.
Dans les relations ordinaires, un traitre est
quelqu’un qui semble être de notre côté
et qui soudainement ou sournoisement
agit ou parle comme s’il est contre
nous. En effet, la trahison est un acte de
rupture de confiance affectant ainsi les
relations personnelles, professionnelles
et familiales. Cette rupture de confiance
est en double sens : celui qui décide
de trahir a rompu sa confiance en ses
partenaires, avant même de poser l’acte
de la trahison. Il y a rupture de confiance
chez la personne trahie qui est désormais
minée par la déception, la colère, la
tristesse et la honte. La déception, en ce
sens que la personne trahie ne s’attendait
pas à un tel acte de la part du traitre.
Et cette déception risque d’éteindre en
la personne tout élan de confiance en
toute autre personne. La déception peut
pousser à réduire tout l’entourage au
traitre. La colère se prononce comme la
solution à la déception. Elle s’exprime
comme une violence sur soi engendrant
des réflexions négatives suivies de
résolutions de punir le traitre. Et devant
l’insatisfaction de cette punition, de cette
vengeance, la personne trahie est envahie
par le sentiment d’une tristesse, pouvant
aboutir à une honte de soi, et même à
un doute en soi. La trahison entraine
donc un manque d’estime de soi. Ainsi
la trahison provoque une dégradation
de la relation hypothéquant la possibilité
d’un rétablissement de la confiance, de
l’intimité et donc une nouvelle relation.
La trahison est toujours vue comme
impardonnable. Elle engendre donc
un isolement et une solitude et de la
personne trahie comme protection
de soi et du traitre, comme honte ou
expression du regret. Cet isolement peut
même entrainer des problèmes de santé
mentale où la personne trahie, se plonge
dans la dépression, dans l’anxiété et dans
le stress.
Partant de toute cette clarification
conceptuelle du mal de la trahison,
nous pouvons déduire que la trahison
est une violation fondamentale de la
confiance qui dévoile le manque de
sincérité, de loyauté, de fiabilité et de
l’intégrité du traitre. Ainsi, le traitre se
présente désormais par sa trahison sous
une fausse identité. Il a cessé d’être celui
qu’on croit qu’il était. Trahir est donc un
reniement de soi. Celui qui trahit, c’est
celui qui a priori renonce à ses convictions
et ses idéaux pour satisfaire un intérêt
passager et éphémère. Toute trahison
est donc une trahison de soi contre soi.
Avant que l’effet de la trahison ne porte
atteinte à la personne trahie, c’est d’abord
le traitre qui se fait traitre de soi. Avant de
te trahir, je me suis déjà trahi. La trahison
est donc un manque de foi en soi, en
ses partenaires. Celui qui manque de foi
Trahir c’est se trahir.
Pardonner l’impardonnable trahison,
c’est se libérer.
Page 9
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 698 99
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
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Tél. : ...............................................................................................................................................................................
Code Postal : ..............................................................................................................................................
Ville : ................................................................................................................................................................................
Oui, je m’abonne !
en lui-même manque d’amour pour lui-
même et pourrait se trahir et se faisant être
mené par tous les vents. Ainsi le chrétien
qui se donne à la trahison, manque de foi
et d’amour en Dieu. Trahir c’est renoncer
à son identité de choisi et d’élu de Dieu
comme Judas. Ainsi, toute trahison est une
auto-flagellation.
De fait, pour guérir de la trahison, il faut
d’abord une acceptation de soi comme
traitre de soi de la part du traite et une
acceptation de la situation d’avoir été
trahie de la part de la personne trahie. Cette
acceptation nous permet d’affronter notre
fausse identité actuelle et de rechercher à
reconstruire celle perdue que Dieu nous
a donnée. Ceci n’est faisable que si je
commence à reconstruire la confiance en
soi et en les autres ? Cette reconstruction
est un véritable chemin de guérison de
la trahison. Reconstruire l’estime de soi
qui nous fait entrevoir par conviction qui
nous sommes réellement pour Dieu. Si
Jésus devait se cramponner à la trahison
de Judas, il n’aurait jamais achevé son
œuvre de salut. Reconstruire et retrouver
tout ce qui nous fait du bien et tout ce
qui nous procure du bonheur. Il s’agit de
penser à soi pour ne pas limiter sa vie et
toute sa vie sur l’événement trahison. C’est
en conséquence de cette reconstruction
de l’estime de soi que le pardon à soi par
le traitre ou le pardon à l’autre en tant que
traitre devient une urgence d’expression
d’amour de soi et pour soi. Pardonner
l’impardonnable, c’est l’acte des forts. Tout
pardon accordé est un remède puissant
pour relancer sa vie. Pardonner c’est
se libérer de l’emprise des effets de la
trahison qui empoisonnent le quotidien
et du traitre et du trahi. Le pardon reste
un acte pour soi. Pardonner me permet
de reprendre le contrôle de ma vie et de
mes émotions. Pardonner la trahison c’est
entrer dans le pardon du Père : “ Père,
Pardonne-leur car ils ne savent pas ce
qu’ils font.” priait Jésus au sommet de la
haute trahison. Pardonner c’est accueillir
l’amour du Père en l’imitant et devenant
ainsi miséricordieux. Pardonner, c’est
proclamer la victoire du Bien sur le mal,
c’est révéler la grandeur de la vie sur la
mort, c’est être citoyen du Ciel. Pardonner,
c’est être témoin du pardon que Dieu
nous offre après toutes nos trahisons
quotidiennes. Libère-toi et tu seras
bienheureux. Pardonner c’est ressembler
à Dieu. N’est-ce pas là l’objectif principal
du temps de C arême ? Bonne marche sur
le chemin de la ressemblance divine.
Père Grégoire-Sylvestre Gainsi■
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VIE DU DIOCÈSE
Quand un pénitent vient voir un confesseur, plusieurs questions le taraudent. En cette
période où les confessions de Carême sont de rigueur, le père Pierre Henderson va
nous éclairer sur ce sacrement redouté mais libérateur.
O
n le connaît sous plusieurs noms :
sacrement du pardon, de la
réconciliation, de pénitence ou
encore la confession. Son but est de nous
réconcilier avec Dieu, avec les autres et
avec nous-mêmes. Cette démarche passe
par le pardon, que nous sommes appelés
à recevoir et à offrir.
Le pardon est un acte d'amour puissant
qui rapproche les croyants de Dieu et leur
apporte la paix intérieure.
Est-ce que j'aime ?
Tout se résume finalement à cette question :
est-ce que j'aime ? Est-ce que j'aime Dieu ?
Est-ce que je m'aime moi-même ? Est-ce
que j'aime mon prochain ? Mais aimer
ne signifie pas seulement ressentir une
émotion agréable envers quelqu'un. Aimer,
c'est avant tout vouloir son bien et s'efforcer
de contribuer à son bonheur par des gestes
concrets. Il n'est pas toujours facile de
vouloir le bien des autres par notre seule
volonté. Mais dans la confession, Dieu
nous donne son pardon, nous rappelant
combien Il nous aime et nous fortifie pour
mieux aimer à notre tour.
Dans le sacrement du pardon, nous
rencontrons Jésus-Christ. Après sa
résurrection, il a insufflé l'Esprit Saint aux
Apôtres – les premiers prêtres – et leur a
confié le pouvoir de pardonner les péchés
en son nom (Jn 20,23). Le Cœur du Christ
brûle d'amour pour nous. Son plus grand
désir est que nous fassions l'expérience
de sa profonde miséricorde en accueillant
son pardon à travers la confession. Ce
sacrement nous offre la consolation du
pardon reçu du Seigneur et renforce notre
relation avec le Christ et son Église.
➊ Comment surmonter la honte d’avoir
péché ? Comment partager ses
péchés à un prêtre ?
• D’abord il faut se rendre à l’évidence que
nous sommes tous pécheurs y compris
le prêtre. La confession est avant tout,
confession de l’Amour de Dieu qui ne
juge pas mais qui revivifie. Souvenons-
nous de l’évangile de la femme adultère
(Jn.8,1-11).
• Ensuite, ontologiquement par sa
consécration et spirituellement et
pastoralement par sa mission, le prêtre
montre le visage de Jésus qui compatit et
qui relève. Il est un allié. Et il garde le secret
de nos péchés. C’est une règle inviolable.
Le prêtre qui l’enfreint encourt la sanction
la plus grave en Droit Canonique ; il s’agit
de la suspension immédiate du prêtre
dite excommunication latæ sententiæ
(littéralement = la sentence étant
déjà prononcée), prévue par le Droit
canonique (canons 983 §1 ; 1388 §1).
• Enfin, c’est bon signe d’avoir honte de
notre péché. Car cela devrait produire la
contrition parfaite qui pousse à se jeter
aux pieds de Jésus dans le Sacrement
de la Réconciliation dont le ministre est
le prêtre.
➋ Pourquoi Dieu doit-il passer par un
prêtre ? Ce serait quand même plus
facile de confesser ses péchés en
priant et en demandant pardon à
Dieu directement ?
• Le Seigneur a toujours suscité pour son
peuple, des prêtres, des prophètes
et des rois pour sanctifier, former et
gouverner son peuple selon sa volonté
d’Amour.
• Le prêtre consacré ne s’appartient plus.
Il devient canal de la grâce de Dieu.
Et quand il fait ce que Dieu dit, alors
son acte est divin. (Comme dans les
sacrements notamment).
• Nous savons qu’un sacrement se reçoit.
Même si notre foi est plus grande qu’une
montagne, nous ne pouvons, nous
administrer un sacrement, on le reçoit
d’un autre : comme le baptême, l’ordre,
le mariage, la confirmation, l’eucharistie,
le sacrement des malades, et bien sûr la
confession.
• La présence du confesseur a aussi une
dimension psychologique par rapport
à l’accompagnement spirituel. Cette
présence permet également d’avoir de
la compassion et des conseils inspirés
et avisés.
• Enfin la présence du prêtre est essentielle
pour valider notre réconciliation avec
l’église que nous avons également salie
par notre péché.
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 69810
Page 11
➌ Mais comment est né ce sacrement,
Jésus en parle-t-il dans la Bible ?
• Oui dans la prière enseignée par
Jésus Lui-même à la demande de ses
disciples : le Notre Père en Lc.11,4, nous
voyons que le pardon et la réconciliation
sont plus que nécessaires pour la vie en
Dieu : « Pardonne-nous nos péchés, car
nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers
nous. Et ne nous laisse pas entrer en
tentation. »
• Aussi la deuxième lettre aux Corinthiens
dit-elle que Dieu nous a réconciliés
avec Lui par le Christ et il nous a donné
le ministère de la réconciliation. Et
l’apôtre Paul ajoute : nous sommes les
ambassadeurs du Christ et par nous,
Dieu lance l’appel : « laissez-vous
réconcilier avec Dieu (2Co.5,18-20)
• Dans l’évangile de Matthieu Jésus donne
aux Apôtres le pouvoir des clés : « Je
te donnerai les clés du royaume des
Cieux : tout ce que tu auras lié sur la
terre sera lié dans les cieux, et tout ce
que tu auras délié sur la terre sera délié
dans les cieux. » (Mt.16,19). Et plus loin il
dit : « Amen, je vous le dis : tout ce que
vous aurez lié sur la terre sera lié dans
le ciel, et tout ce que vous aurez délié
sur la terre sera délié dans le ciel.» De
même dans l’Évangile de Jean, après
avoir soufflé sur eux, Jésus leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint. À qui vous
remettrez ses péchés, ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés, ils
seront maintenus. » (Jn.20,22b-23)
• Ce ministère de la réconciliation est un
signe du salut, un sacrement que Jésus
a institué pour notre rédemption. Et cela
constitue un mystère et une richesse
que l’Eglise entretient précieusement
avec humilité et reconnaissance. Tous
et toutes sont invités à venir y gouter
régulièrement.
➍ A quelle fréquence faut-il se
confesser ?
• Les commandements de l’Église
demandent de faire sa confession
(pascale) annuelle.
• Toutefois il est vivement recommandé
de se confesser régulièrement, en
moyenne une fois par mois, pour ne
pas laisser des habitudes de péchés
s’installer dans notre vie. Rester dans
le péché consiste à ouvrir grandement
la porte de notre vie au diable.
• Alors se confesser dès que nous avons
péché. Le plus tôt possible. Car nul ne
sait ni le jour, ni l’heure (Mt.24,36-44)
➎ Comment faut-il se confesser ?
Faut-il donner des détails ?
• Il faut les 4C : Complet, Clair, Concret
et Concis.
• Prendre le courage de dénoncer le mal
et le péché pour s’en séparer. Il ne faut
pas cacher des choses.
• Être suffisamment explicite pour que le
confesseur puisse aider à dessoucher
le mal. Pour le faire, il pourra poser des
questions s’il le faut pour nous y aider.
➏ Il y a certains péchés qui sont
récurrents et malgré la bonne
volonté on rechute de la même
manière. A quoi bon aller se
confesser alors ?
• C’est la question du combat spirituel
• La lettre aux hébreux demande de
résister au péché jusqu’au sang (He.12,4)
• La confession récurrente permet d’avoir
la grâce ad hoc pour vaincre ce péché
➐ Une des choses difficiles à faire,
c’est l’examen de conscience avant
d’aller se confesser, voir en quoi
on a pu manquer d’amour. Au vu
des blessures que les Martiniquais
portent en eux depuis quatre siècles,
pouvez-vous nous conseiller une
méthode pour passer au peigne fin
toute notre vie afin de faire une
bonne confession capable de nous
réconcilier avec nous-mêmes.
• A la lumière de l’Amour, oui.
• Et concrètement à la lumière des
commandements de Dieu et de l’Église.
Il est aussi conseillé de lire les chapitres
5, 6 et 7 de l’évangile de Matthieu. Et
bien d’autres exercices spirituels qui
nous permettent de scruter notre cœur
pour le laisser purifier et restaurer par
la Miséricorde Divine.
• Notre peuple blessé est debout et restera
debout grâce au vrai pardon qui vient de
Dieu et qui coupe tout lien avec le Mal.
➑ En quoi consiste la contrition
parfaite et imparfaite ?
• Contrition parfaite : regret du péché qui
a offensé Dieu et gâché l’amitié avec Lui.
• Contrition imparfaite : regret de son
image de pécheur et des empêchements
dûs à la situation de pécheur.
➒ A quoi sert la pénitence que le prêtre
donne au pécheur ?
• Une sanction réparatrice est un acte
d’amour envers le repenti et du repenti
envers Dieu, son prochain et lui-même.
• Permet de réparer mystiquement
l’offense faite à Dieu.
• Permet aussi de développer des armes
contre les péchés.
• L’accomplissement de la pénitence est
indispensable pour la validation de la
confession. Les deux autres conditions
indispensables sont : le regret du péché
qui conduit à son aveu, et la Parole
d’absolution du prêtre
➓ Dans la Bible Jésus dit qu’il y a un
péché qui ne peut-être pardonné ni
dans ce monde, ni dans l’autre, c’est
celui contre le Saint-Esprit. Qu’est-ce
que ce péché contre le Saint-Esprit ?
• C’est perdre le discernement et appeler
le bien, mal et le mal, bien.
• C’est refuser que Jésus soit le Fils de Dieu
et le traiter d’Être possédé par Belzébul
(Mt.12,16, Lc.11,15).
• C’est adopter une condition de mensonge
par jalousie.
• Alors ce péché est comme un choix libre
de l’enfer.
• Toutefois, la Miséricorde de Dieu n’a
pas de limite pour ceux et celles qui (re)
viennent à Lui.
Père Pierre Henderson, curé du Vauclin
■
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 698 11
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 69812
✆ 0596 44-65-44
Numéro de la plate-forme téléphonique :
Dans l’Eglise catholique, le sacrement de réconciliation, classiquement appelé « confession »
ou sacrement de pénitence, est le signe que le Seigneur veut pardonner ses péchés à son peuple.
D’ailleurs, dans les Evangiles, notamment lors de la guérison du paralytique (Marc 2:10), Jésus
démontre qu’il a le pouvoir de remettre les péchés.
Le sacrement de réconciliation
et les cinq clefs de la délivrance
Dans l’Eglise catholique, le sacrement de réconciliation, classiquement appelé « confession »
et les cinq clefs de la délivranceet les cinq clefs de la délivrance
C
’est donc un sacrement institué par le Christ. Il donne
lui-même à Pierre et aux apôtres le pouvoir de « lier
et de délier » (Mt 16,19). Lors de son apparition à
ses disciples, après la résurrection, il leur dit : « Recevez
le Saint-Esprit. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils
leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur
seront retenus » (Jn. 20/22-23). Et Saint Paul souligne :
« Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui
par Jésus-Christ, et qui nous a confié le ministère de la
réconciliation » (2 Cor 5/18).
Le sacrement de réconciliation est un signe, une
manifestation de la Miséricorde de Dieu. Dieu à travers
le sacrement accueille le repentir et la contrition du
pénitent et lui témoigne de son pardon et de son Amour
inconditionnel.
De ce fait, confesser ses péchés, c’est reconnaître et avouer
le mal qui a été fait, c’est le dénoncer pour rompre toute
alliance, tout pacte avec le mal et rétablir l’Alliance avec
le Dieu d’Amour et de Miséricorde. C’est pour cela que ce
sacrement est très important dans la vie chrétienne pour
marcher vers la sainteté et l’union avec Dieu.
Ce sacrement délivre du mal, délie, coupe tout lien avec
le mal. Une confession peut délivrer d’une emprise
diabolique. C’est pour cela que le démon dissuade de
fréquenter ce sacrement car il le met en échec.
« Les cinq clefs de la délivrance » de Neal Lozano est une
manière d’entrer dans cette réconciliation pour se libérer
des influences mauvaises. Mais elles ne remplacent pas
le sacrement de réconciliation. La prière de délivrance
des « cinq clefs » est de l’ordre du sacramental, c’est à dire
secondaire aux sacrements, il est du fait de l’action et de
la prière de l’Eglise.
Pour bien comprendre ce dont il est question, il s'agit
d'imaginer que vous avez entre vos mains cinq clefs et
vous êtes en face d'une porte fermée par cinq verrous.
Chaque verrou s’ouvre avec une clef. Si on omet une clef, le
verrou reste en place et la porte ne s’ouvrira pas. Il peut vous
sembler bon d’avoir utilisé 4 clefs, mais ce sera insuffisant
pour vous faire passer la porte menant à la libération.
Une manière simplifiée d’utiliser ces cinq clefs :
Père, je confesse ton Amour et ta Miséricorde.
1.
La repentance
Au nom de Jésus, par la puissance de l’Esprit-Saint, je me
repens d’avoir laissé Satan avoir une Influence sur moi à travers
telle situation : dire l’émotion, le péché (peur, dévalorisation
de soi, le non-pardon...). ou le domaine (l’occultisme, la
masturbation, la voyance...)
2.
Le Pardon : Je te demande pardon et te remercie de m’aimer
personnellement, de manière inconditionnelle). Et j’accepte
de me pardonner dans cette affaire et de pardonner à la
personne qui m'a blessé dans cette situation.
3.
La Renonciation
Père au Nom de Jésus et par la Puissance du Saint-Esprit, je
renonce à telle situation, telle émotion, tel péché.
4.
Le commandement (s’établir dans l’autorité reçue en
Christ)
Au Nom de Jésus, j’attache tout esprit mauvais qui soit venu à
moi dans cette affaire et je commande à l’esprit… (nommer après
l’avoir identifié l’esprit mauvais qui est derrière le problème) de
partir et d’aller au pied de la croix de Jésus sous son autorité.
5.
La Bénédiction (après avoir enlevé, on remplit)
Père, au Nom de Jésus, remplis-moi de ton amour, de ta
paix, ta joie, de tes Grâces et bénédictions. Je t’adore et je t’aime
Seigneur, sois loué, sois adoré, je me prosterne devant Toi,
devant ta Majesté. Amen ! Alléluia !
Pour entrer dans cette démarche des « cinq clefs », il est conseillé
de se faire accompagner par un écoutant du S ervice diocésain
PADRE PIO.
Nous pouvons conclure que le sacrement de réconciliation et la
démarche des cinq clefs ont un même objectif : délier. L’un est un
sacrement nécessaire à l’évolution dans la vie chrétienne (c’est
comme un renouvellement du baptême), donné « in persona
christi » par un prêtre et l’autre un accompagnement à la délivrance
que peut faire un laïc mandaté par l’Eglise (ou pour soi-même).
Ce sont tous les deux, à des degrés différents, des manifestations
de l’amour et de la Miséricorde de Dieu.
Diacre Tony Allaguy-Salachy
Responsable du service Padre Pio
■
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 30 mars 2025 – n° 698 13
Les dates des célébrations pénitentielles des
paroisses de Balata, Sainte-Marie, Trinité et Robert
étant passées à l’heure de parution de ce numéro
d’Église en Martinique, elles ne figurent pas dans
le présent calendrier.
District Centre-Ouest
Paroisse Dates Horaires
De Briant Jeudi 3 avril 16h-20h
Terres-SainvilleMercredi 2 avril 16h-20h
Cathédrale Mardi 8 avril 9h-12h
Bellevue Mercredi 9 avril 16h-20h
Schoelcher Jeudi 10 avril 16h-20h
Paroisse Dates Horaires
Lamentin Mardi 1
er
avril 9h-12h / 15h-19h
Saint-Joseph Jeudi 3 avril 15h-19h
Coridon Vendredi 4 avril 15h-19h
Sainte-Thérèse Vendredi 4 avril 15h-19h
Redoute Mardi 8 avril 15h-19h
Saint-Christophe Jeudi 10 avril 9h-12h / 15h-19h
District Centre Est
Paroisse Dates Horaires
Vert-Pré Lundi 31 mars 16h / 19h
Tartane Lundi 31 mars 16h / 19h
Morne-des-Esses Mercredi 2 avril 16h / 19h
Gros-Morne Vendredi 4 avril 9h-12h / 15h-19h
Paroisse
District Nord Atlantique
Paroisse Dates Horaires
Basse-Pointe Lundi 7 avril 16h30-19h30
Marigot Mardi 8 avril 16h30-19h30
Grand-Rivière Mercredi 9 avril 16h30-18h
Macouba Mercredi 9 avril 16h30-19h30
Lorrain Jeudi 10 avril 16h30-19h30
Ajoupa-Bouillon Vendredi 11 avril 16h30-19h30
District Grand Nord
Paroisse Dates Horaires
Carbet Mardi 1
er
avril 17h
Morne-Vert Mardi 1
er
avril 17h
Prêcheur Mercredi 2 avril 17h
Fonds-Saint-DenisMercredi 2 avril 17h
Case-Pilote Jeudi 3 avril 17h
Saint-Pierre Lundi 7 avril 17h
Bellefontaine Mardi 8 avril 17h
Morne-Rouge Mercredi 9 avril 17h
District Nord Caraïbe
Paroisse Dates Horaires
Ducos Jeudi 3 avril 15h-20h
François Mardi 8 avril
10h-12h /
15h-20h
Rivière-Salée Mardi 1er avril 15h-20h
Saint-Esprit Vendredi 4 avril15h-20h
Vauclin Jeudi 10 avril 15h-20h
District Sud
Paroisse Dates Horaires
Josseaud Jeudi 3 avril 16h-19h
Anses d’Arlet Jeudi 3 avril 16h-19h
Marin Lundi 7 avril 16h-19h
Rivière-Pilote Mardi 8 avril 16h-19h
Diamant Mardi 8 avril 16h-19h
Sainte-Luce Mercredi 9 avril 16h-19h
Sainte-Anne Mercredi 9 avril 16h-19h
Trois-Ilets Jeudi 10 avril 16h-19h
Régale Mardi 15 avril 15h-19h
District Grand Sud
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JUDAS ISCARIOTEDOSSIER
Judas est l’un des douze apôtres choisis par Jésus comme disciples. Il est connu pour avoir
trahi Jésus et pour l’avoir livré aux grands prêtres de Jérusalem qui le mènent ensuite
devant Ponce Pilate. Le père Albert Ogougbé, curé de Trinité et Tartane, nous amène à la
rencontre de ce personnage si controversé et pourtant si semblable à nous en répondant
aux questions d’
Église en Martinique.
E.M :« L’un de vous me trahira ».C’est
en ces termes que Jésus annonce à
ses disciples sa trahison. Jésus savait
qui allait le trahir : Judas Iscariote. Et
pourtant, il lui a donné une chance en
le choisissant. Qui est Judas Iscariote ?
Comment les Évangiles le décrivent-
ils ? Judas Iscariote et sa trahison ?
O.A : Pour répondre à la question, je
voudrais partir du « choix de Dieu »,
qui est le titre d’un célèbre ouvrage
du cardinal Jean-Marie Lustiger paru
en avril 1989. Le titre de l’ouvrage - Le
choix de Dieu - condense l’essentiel
de l’amour infiniment respectueux, de
l’amour infiniment comblant et plein
de confiance de Dieu en Jésus de
Nazareth pour chaque être humain y
compris Judas Iscariote, « le fils de Simon
l’Iscariote » (Jn 13, 2). Jésus vrai Dieu et
vrai Homme, comme son Père, sonde
les cœurs, et les reins, connaît, dans ses
petits détails, toutes nos pensées, avant
qu’elles ne viennent, en nous : « Tu me
scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand
je m’assois, quand je me lève ; de très
loin, tu pénètres mes pensées (…). Avant
qu’un mot ne parvienne à mes lèvres,
déjà, Seigneur tu le sais » (Ps 138).
Jésus savait, parfaitement que le privi-
légié Apôtre Judas, choisi mûrement
après toute une nuit de prières, est bel
et bien celui qui va le livrer sans pitié.
Comme chacun des 12 apôtres, Judas
a reçu toute la grâce inépuisable du
Seigneur de devenir saint, de devenir
la meilleure version de lui-même en
Jésus de Nazareth. Jésus, réaliste, a
une merveilleuse confiance en Judas
Iscariote qu’il a choisi, comme il a placé
sa confiance en l’apôtre Pierre et les
autres Apôtres, lui offrant l’extraordinaire
optimisme de changer.
Le même Jésus - après sa résurrection -
l’a fait pour Saul, devenu Paul après la
mémorable et transfigurante rencontre
sur le chemin de Damas, comme il l’a fait
pour saint Augustin, transfigurant tant
d’autres pécheurs devenus de grands
Saints de l’Église. Bref, notre Dieu, en
Jésus, ne fige jamais personne ; créés à
son image et à sa ressemblance, Jésus
croit en la bonté présente en nous, et
notre capacité de réaliser la volonté de
Dieu en nous. Malheureusement, Judas
n’a pas voulu se laisser transfigurer par la
Puissance du Christ et « devint un traître »
(Lc 6, 16). Le verbe « devenir » montre, bel
et bien, le changement fatal pour lequel
Judas a opté : se couper de la Vérité et de
la communion illuminante et salvatrice
de Jésus de Nazareth.
Judas est bel et bien un Apôtre bien-
aimé de Jésus, le fruit de l’élection libre
et souveraine de Jésus qui s’est occupé de
lui, le nourrissant, le logeant, l’entourant
de soins appropriés pendant trois années
consécutives. Par un baiser, il va livrer aux
ennemis son protecteur, son bienfaiteur,
son nourricier et son Sauveur.
Saint Matthieu parle de Judas Iscariote,
comme faisant partie des premiers
appelés de Jésus, un des grands
exorcistes du groupe (des 12 Apôtres) qui
a reçu gratuitement la grâce d’expulser
JUDAS
l’apôtre qui trahit Jésus
La trahison annoncée
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les démons, de guérir les malades :
« Vous avez reçu gratuitement, donnez
gratuitement » (Mt 10, 8). Par la suite,
Judas va se transformer, peu à peu, en
démarcheur auprès des grands-prêtres
de l’arrestation, de la crucifixion et de la
mort de son Maître et Seigneur : « Que
voulez-vous me donner si je vous le livre ?
Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et
depuis, Judas cherchait une occasion
favorable pour le livrer » (Mt 26, 15-16).
Saint Luc voit en Judas Iscariote,
l’apôtre bien chouchouté de Jésus, qui,
malheureusement, s’est laissé séduire,
et peu à peu, pervertir et détruire
complètement par Mammon et ses faux
clinquants préférant "le créé", la créature-
argent plutôt que l’amitié salvatrice et
suprêmement comblante de Jésus, venu
afin que nous ayons la vie à foison. Saint
Luc parle sobrement de Judas Iscariote
en Luc 22, 47-49 comme l’Apôtre devenu
méchant et cruel, marchant à la tête des
ennemis de Jésus, et qui vient seulement
donner le baiser de la traîtrise afin que
Jésus soit arrêté, cf. Luc 22, 47-49.
Saint Marc dans son Évangile, présente
Judas Iscariote, d’abord comme un grand
"retourneur" de situation, ensuite, comme
un grand démarcheur de crime collectif
et bien planifié par les grands-prêtres.
La générosité exemplaire d’une femme
à Béthanie, entrée dans la maison de
Simon, offre à saint Marc l’occasion de
nous scanner, de nous photographier le
cœur cupide et double de Judas Iscariote
avec sa clique d’éteignoirs de générosité
et de persifleurs : « A quoi bon gaspiller ce
parfum ? On aurait pu, en effet, le vendre
pour plus de trois cent pièces d’argent,
que l’on aurait données aux pauvres. Et
ils la rudoyaient » (Mc 14, 4-5). Judas est
devenu donc, pour saint Marc, un pion de
la bande coalisée, qui décourage, sabote
toute initiative de tendresse, de soins,
de délicatesse à témoigner à l’endroit de
Jésus. Une fois encore, Judas Iscariote se
pose pour le leadership et le négociateur
de la livraison de Jésus : « Judas Iscariote,
l’un des douze, alla trouver les grands
prêtres pour leur livrer Jésus. A cette
nouvelle, ils se réjouirent et promirent de
lui donner de l’argent. Et Judas Iscariote
cherchait comment le livrer au moment
favorable » (Mc 14, 10-11).
Saint Jean : Pour l’Évangéliste Jean,
Judas Iscariote est non seulement celui
qui, volontairement, se propose pour la
trahison tenace de son Maître, et ainsi,
celui qui bouleverse complètement
l’esprit de Jésus de Nazareth, mais aussi
comme celui qui orchestre la suspicion ou
la crise de confiance à l’intérieur même de
la communion fraternelle dont le Christ est
le Socle : « Après avoir ainsi parlé, Jésus
fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce
témoignage : « Amen, amen, je vous le dis :
l’un de vous me livrera » (Jn 13, 21).
L’Évangéliste Jean est celui qui affiche,
clairement la détermination téméraire
de la traîtrise de Judas Iscariote même
quand Jésus déclare préalablement que
l’un des Apôtres va le trahir : « Seigneur,
qui est-ce ? Demande saint Jean ! Jésus lui
répond : c’est celui à qui je donnerai la
bouchée que je vais tremper dans le plat ».
Il trempe la bouchée, et la donne à Judas,
fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut
pris la bouchée, Satan entra en lui » (Jn 13,
25-27). La bouchée prise, lucidement et
hardiment, signe l’ouverture définitive de
l’irruption du diable dans la vie de Judas.
Satan s’est donc emparé de la volonté et
liberté complice de Judas en mettant le
grappin sur lui, afin d’en faire sa girouette
préférée. Et ce, parce que Judas a rompu
les puissantes amarres de sa vie avec
Jésus de Nazareth : « Judas prit donc la
bouchée, et sortit aussitôt. Or, il faisait
nuit » (Jn 13, 20). Le plus écœurant, c’est
comment Judas est devenu, subitement,
le chef de peloton de cette cohorte de
soldats et de gardes envoyés par les
grands-prêtres et les pharisiens ayant en
main des lanternes, des torches, et des
armes (Jn18,3).
EM : « Que me donnerez-vous si je
vous le livre ? »Quelles étaient les
motivations profondes de Judas
Iscariote ?
O.A : L’argent à tout prix est devenu
la fascination puissante de Judas, ne
voyant rien d’autre que par Mammon.
Et pourtant, pendant trois années
consécutives, Jésus n’a de cesse de
rappeler que « nul ne peut servir
deux maîtres. Car ou il haïra l’un, et
aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un
et méprisera l’autre. Vous ne pouvez
servir Dieu et Mammon » (Mt 6, 24).
Il en résulte que la marchandisation
et la banalisation de la vie humaine a
gangréné peu à peu, le cœur de Judas
qui a oublié que toute vie humaine est
sacrée, digne de soins, de protection, de
respect et de promotion. Dit autrement,
Judas Iscariote préfère l’argent à l’amitié
de Jésus ; il préfère l’avoir que l’être en
Jésus. Patiemment, Judas est parvenu
à transformer le « Qui » comblant,
sécurisant, de l’amitié personnelle de
Jésus, en « que », à percevoir, dont il
faut jouir à satiété.
Du vol à la trahison
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EM :Comment peut-on comprendre
le fait que Judas ait utilisé un signe
de paix et d’affection, pour identifier
Jésus ? Il transforme un geste d’amour,
en un signe de capture. Cela n’est pas
révélateur de sa duplicité ?
O.A : Duplicité. C’est le mot poignard, le
mot poison et assassin dont Satan est le
champion, le PDG internationalement
reconnu ; lequel mot, explique, du début
à la fin, la stratégie mûrement planifiée
et opératoire chez notre frère Judas. Le
synonyme de duplicité peut être listé :
Dissimulation, fourberie, mauvaise foi,
imposture, qui joue double jeu, insincérité.
Tous ces synonymes charpentant le profil
de Judas Iscariote, librement devenu la
proie privilégiée et chouchoutée de Satan.
Satan, l’opposé farouche au règne
d’Amour, de Lumière et de Vérité du
Christ, a trouvé en Judas Iscariote qui lui
a ouvert largement son coeur, l’instrument
précieux, afin d’aller au bout de son
dessein destructeur, assassin. La duplicité
personnifiée et incarnée, le mensonge et
la sournoiserie, sans honte, Satan a injecté,
à plein tube, en Judas Iscariote, la dose
maximale de duperie, d’hypocrisie dont il
lui fallait pour accomplir sa mission. Dans
un registre de duplicité passionnelle et
optionnelle, tout signe de paix, d’affection,
d’amour, est habilement identifié,
récupéré, mais finalement, perverti pour
assouvir le dessein machiavélique de faire
capturer son Maître Jésus. Recommandé
aux soldats comme l’identifiant maximal
de Jésus, le baiser - originellement
signe d’amour, de paix, d’affection - est
manipulé, par Judas comme l’espace de
l’écoulement de sa forfaiture. Et combien
de nos frères et sœurs sont aujourd’hui
victimes, ou payent le prix parfois morbide
et mortel de cette tartufferie assouvie ! Et
ce, au bureau, à la maison, dans le milieu
professionnel, en famille, dans la vie du
couple, dans les cercles d’amitié, etc. Ce
temps de Carême 2025 est vraiment un
temps favorable pour assainir nos vies
du poison de la duplicité, l’éradiquant de
chacune de nos vies.
EM : Quel doit-être l’attitude du
chrétien lorsqu’il se rend compte qu’il
a trahi son Maître Jésus, son frère, ou
sa sœur, son ami, son collègue ?
O.A : Pour ma part, la première et
fondamentale attitude est l’espérance
indissociable de l’humilité, de la demande
de pardon à offrir et à recevoir ainsi que la
prière et l’acte de réparation authentique.
En ce temps de Carême 2025, l’Apôtre
Pierre nous enseigne à merveilles, à travers
le regret sincère que traduisent ses larmes
après le triple reniement du Christ, qu’il
nous faut nous approprier de l’ampleur
de la blessure que nous avons infligée
au Seigneur, à notre frère, à notre sœur,
à notre époux, à notre épouse, à notre
collaborateur, à notre collaboratrice en lui
demandant sincèrement pardon. Il nous
faut, surtout, combattre la bravade à tout
prix, et éviter de nous pavaner devant la
personne que nous avons trahie. L’humilité
EM : N’y a-t-il pas en chacun de nous
une part de Judas Iscariote ?
O.A : Ce temps de conversion exceptionnelle,
et surtout, la Semaine Sainte où les Évangiles
reviennent sur la personne de Judas Iscariote,
nous rappelle que tous, à commencer par moi,
nous portons quelques couches d’insincérité
de Judas Iscariote. Si horrible, si détestable
ou troublante soit l’évocation du seul nom
de Judas Iscariote, sa figure ou sa personne
elle-même nous renvoie fondamentalement
et loyalement à la vérité de chacune de nos
vies devant Jésus de Nazareth. Me refusant
systématiquement d’être un donneur de
leçons, un moralisateur à tout-va, un sérieux
examen de conscience nourri par la Parole
de Dieu vécue, nous fait, et nous fera toujours
découvrir quelques réflexes, quelques
couches ou attitudes d’hypocrisie, de double
vie, d’incohérence entre nos paroles et nos
actes qui tissent amèrement la trame du
péché que nous commettons au quotidien.
Et c’est pourquoi, ce moment gracieux des
40 jours de Carême est une invite urgente
afin d’élaguer de nos vies, de nos relations
quotidiennes tout pan, tout reste d’amour
égocentrique, d’amour exagéré des biens
matériels et de l’argent, à tout prix, par tous
les moyens, y compris par des pactes avec
des forces occultes ou sataniques sapant
et trahissant, ainsi, notre amitié profonde
avec le Nazaréen. A cause de Jésus, il nous
faut cultiver avec nos frères et sœurs une
amitié authentique, désintéressée, serviable
et promotrice de l’autre.
Humilité et repentir
Nous avons tous quelque chose de Judas en nous
Un geste d’amour pour trahir
JUDAS ISCARIOTE
Un geste d’amour pour trahir
DOSSIER
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E.M : Jésus a prié, pour Judas Iscariote.
Se sentant trahi, comment, le chrétien
doit-il agir ?
O.A : Bien sûr, c’est tout le cœur de la prière
sacerdotale de Jésus dans Jean 17, 1-24,
appelée encore la Prière Suprême de Jésus :
« Quand j’étais avec eux, je les gardais unis
dans ton Nom, le Nom que tu m’as donné.
J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,
sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que
l’Écriture soit accomplie » (Jean 17,11).
Si horrible, si difficile que soit la trahison
subie, le chrétien, disciple de Jésus de
Nazareth est vivement invité à se tourner
d’abord vers le Seigneur, et Lui confier la
personne qui l’a trahi Lui. Ensuite, demander
au Seigneur la grâce de ne pas réduire la
personne traîtresse à sa seule offense, mais
voir, toujours en elle, un frère, une sœur de
Jésus à continuer d’aimer, et dont au nom
du Christ, notre modèle par excellence, nous
refuser de nous venger. Ensuite, il nous est
requis de demander au Seigneur la grâce
de lui pardonner, et ce, dans la conviction
renouvelée que le pardon profondément
offert au traître - quelle qu’en soit la blessure
infligée, la confiance détruite ou bafouée -
est un chemin authentique de guérison
progressive et profonde.
Il importe aussi de dialoguer sereinement
avec le traître, non pas avec le préjugé de la
blessure reçue, mais avec un cœur aimant
afin de mieux comprendre et de mieux
apprécier les raisons qui l’ont conduit à ce
parjure. La rupture radicale, le rejet définitif
ou toute forme de violence à l’endroit de
la personne traître ne sont aucunement
l’évangélique solution : « Pardonne-nous
nos offenses comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont offensés » disons-nous
dans le Notre Père (Mt 6, 7-15).
suppliante faite de recherche le dialogue
sincère pour dire comment on en est arrivé
là, est l’attitude requise, pour peu à peu
retrouver un environnement propice à
se faire écouter de la personne blessée
et entamer le chemin du pardon de la
réconciliation. Une fois encore, l’attitude
de l’Apôtre Pierre lors de l’arrestation de
Jésus est interpelante après avoir renié
trois fois le Christ « Je ne sais ce que tu
veux dire » (Jean 22, 60) ou « Non, je ne
le connais pas » (Jean 22, 57), « Non, je
ne sais pas ce que tu veux dire » (Jean 22,
58). En réalité, Pierre, après ces triples
déclarations, s’est rendu compte qu’il
est allé loin, et qu’il a été infidèle à sa
promesse de suivre Jésus, au prix même
de sa vie. « Il sortit, et dehors, pleura
amèrement » (Luc 22, 62). Pierre, devant
le Christ n’a jamais brandi son reniement,
son infidélité, comme une bravoure, un
trophée, mais a pris vivement conscience
qu’il a fait preuve de parjure monumental.
Judas Iscariote, par contre, entêté dans son
choix d’aller jusqu’au bout de la trahison,
a été finalement, pris de remords et
confesse sa forfaiture : « Je suis coupable,
j’ai livré un innocent à la mort (Matthieu
27, 3-5). Complètement désespéré de la
Miséricorde de Jésus, il est allé se pendre.
Ici encore, le suicide devant la trahison
envers Dieu, la trahison d’un proche,
d’un époux, d’une épouse, d’un ami ou
collaborateur, collaboratrice, n’est point,
et ne sera point, la meilleure et suprême
solution, mais plutôt l’espérance en Dieu
qui ne désespère jamais de personne,
fût-il le plus grand criminel que la terre
ait porté « Aujourd’hui tu seras, avec moi,
au paradis » (Luc 23, 43).
E.M : Comment peut-on, en tant que chrétien
clamer et proclamer être avec Jésus de
Nazareth, sans être véritablement avec Lui
et pour Lui ?
O.A : La réponse argumentée et détaillée à cette
poignante question constitue la problématique et
le cœur de mon ouvrage intitulé : « Judas Iscariote,
le risque permanent de clamer et de proclamer
être avec Jésus-Christ, sans être réellement avec
Lui et pour Lui ». Cet ouvrage est paru au Bénin,
mon pays, en juin 2021. Il est important de le
lire, de le méditer, et se laisser surtout regarder
quotidiennement, et plus encore, en ce temps
de Carême, par Jésus… Rigoureusement et
concrètement parlant, cette question est, hélas,
le cœur de toute l’histoire du syncrétisme,
1
de
l’idolâtrie, de l’appartenance simultanée - mais
particulièrement fragilisante et dangereuse -
des croyants dits catholiques à des sociétés
occultes, à des cercles ésotériques et aux recours
imprudents à des quimboiseurs, à des statues
de Bouddha, ou encore à des forces sataniques,
à des pratiques divinatoires ou magiques. Ainsi,
nous menons une double vie.
Nous pouvons aussi clamer et proclamer être
avec Jésus-Christ, sans réellement être avec
Lui quand, venant régulièrement à la messe,
occupant, parfois, les premiers bancs de l’église,
toujours ponctuels - ce qui est à féliciter - mais,
du coin et des recoins de notre vie, nous sommes
les premiers à organiser, à planifier comment
attenter, sans pitié, à la vie de nos frères et sœurs
qui réussissent mieux que nous ; qui ont plus de
biens matériels, attentant par la médisance, par
l’intoxication, et finalement, par les armes
2
à leur
vie sacrée. J’ai détaillé, dans ledit ouvrage, ces
différentes méchancetés fruits de notre duplicité
comme Judas Iscariote.
Père Albert Ogougbé,
Paroisses de Trinité et de Tartane
■
Aimer, c’est pardonner
Ne pas succomber à la tentation du Mal
1
On vient à la messe le matin ; le soir on
est chez le charlatan, le quimboiseur, etc.
2
Père Albert Ogougbé, Judas Iscariote : Le
Risque permanent de clamer et de proclamer
être avec Jésus de Nazareth sans être réellement
avec Lui et pour Lui ; Cotonou ; Ed. Exsurge
Domine ; Septembre 2021 ; P. 2970 -
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?
Question
AN TJÈ
LÉGLIZ-LA
Réjouissez-vous !
Il nous est proposé instamment de nous réjouir‘‘
Ce quatrième dimanche de Carême est particulier. Il nous invite à faire une pause sur notre route
vers Pâques. Il s’agit du dimanche de Lætare. Le mot Lætare, du latin, signifie se réjouir. Un
peu curieux que dans cette atmosphère, bien des fois, sobre et austère générée par le Carême,
il nous est proposé d’être joyeux.
P
eut-être afin de nous sortir
d’une routine, l’Eglise nous
propose simplement de
regarder vers le dimanche de Pâques.
Elle nous invite à nous réjouir, car
la joie de Pâques est palpable. Nous
n’allons, certes, pas nous lancer dans
un alléluia retentissant ou un vibrant
gloria bien rythmé. Nous sommes dans
la joie et dans l’espérance. La Croix
se dresse à l’horizon, la Passion de
notre Seigneur approche. Mais, après
le vendredi saint, nous célébrerons sa
Résurrection le dimanche de Pâques.
Car la Croix, bien qu’instrument de
torture et de souffrance, nous offre le
salut et la rédemption. Le vocabulaire
de la joie est marqué dès l’antienne
d’ouverture de ce dimanche, puis dans
les oraisons, la préface, et même la
bénédiction sur le peuple. Il ne faut
pas oublier que la vraie joie est celle
qui vient de Dieu, et celle-là, même
tous les soucis du monde ne peuvent
nous la ravir.
Nous sommes à la moitié du Carême.
Ce dimanche, la couleur liturgique
est le rose. Une transition entre le
violet, couleur de la pénitence et le
blanc, couleur de la joie. Le dimanche
laetare en Carême et le dimanche
Gaudete durant l’Avent rappellent que
la tristesse ne doit pas prendre le pas
durant le temps de l’attente.
Nous sommes à la moitié du Carême.
La mi-carême. C’est l’occasion
pour certains d’organiser un vidé.
Une façon de refaire carnaval. Les
vêtements fluos, les tutus n’ont pas été
rangés dans les sacs. Nostalgiques de
ce temps festif, les uns et les autres
mettent en place des réjouissances.
Un relent de fête persistant est dans
l’air.
Nous sommes à la moitié du Carême.
Au sein des paroisses, les équipes
commencent à penser au Chemin de
Croix du vendredi saint. Les chorales
réalisent déjà leur répertoire et
débutent leur répétition. Les équipes
de décoration florale imaginent les
compositions qui laisseront plus
d’un émerveillé. Le nettoyage des
différents sites est programmé.
Alors oui, la joie est palpable. Un
frémissement est ressenti.
Nous sommes à mi-chemin de la
Pâques. Il est temps de se poser et
d’analyser ce que nous avons réalisé
comme efforts depuis le début du
Carême par rapport aux résolutions.
L’occasion de faire un pré bilan. Peut-
être que ce qui avait été prévu a été
réalisé. Nous nous sommes tenus à
nos plans et tout va bien. Mais peut
être aussi que les efforts prévus ont
été surévalués. Ils ont été ambitieux
et compliqués à atteindre. Tout
n’est pas perdu. Il est encore
temps de poser quelques actes
afin d’améliorer notre relation
avec Dieu. Il est encore temps
d’emprunter un chemin de
conversion.
A mi-chemin de la Pâques,
nous pouvons encore jeûner,
prier et méditer afin de renforcer
notre foi s’il en est besoin. Un temps
pour s’interroger sur soi-même,
reconnaître nos faiblesses et entamer
un changement de vie. Renoncer à des
habitudes et opter pour d’autres, un
peu plus saines. Un temps pour aller
vers l’autre et lui porter secours. Un
temps pour être solidaire. Notre vie
est tellement « speed » qu’il nous
est difficile de nous reconnecter
à l’essentiel dans une société qui
est matérialiste et marquée par une
consommation excessive.
Alors nos efforts de C arême contribuent
à notre propre transformation, mais
également à notre vie en communauté.
Il nous reste peu de temps pour nous
rapprocher un peu plus de notre
Seigneur et emprunter un chemin de
conversion qui symbolisera la réussite
de notre Carême.
Réjouissons-nous !
Nicole Chésimar ■
être que ce qui avait été prévu a été
réalisé. Nous nous sommes tenus à
nos plans et tout va bien. Mais peut
être aussi que les efforts prévus ont
été surévalués. Ils ont été ambitieux
et compliqués à atteindre. Tout
n’est pas perdu. Il est encore
A mi-chemin de la Pâques,
nous pouvons encore jeûner,
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Agenda de l’Archevêque
Du 27 au 30 mars :
Visite pastorale du district Centre Ouest (suite)
Samedi 29 mars :
• 8h : Messe à la paroisse de Terres-Sainville
• 18 h : Messe dominicale anticipée à la
paroisse de Balata
Dimanche 30 mars :
• 9h30 : Messe à la paroisse de Bellevue
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Du 31 mars au 5 avril :
• Assemblée plénière de la Conférence des
Évêques de France à Lourdes
Dimanche 6 avril :
• 9h : Messe à la paroisse de Sainte-Thérèse
(suite de la visite pastorale)
• 17h30 :Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Lundi 7 avril :
• Réunion avec les prêtres du district Centre Ouest
(suite de la visite pastorale)
Mercredi 9 avril :
• Rencontre avec les confirmands des paroisses
des Anses d’Arlet, Diamant, Sainte-Luce & Trois-Ilets
Du 10 au 13 avril :
Visite pastorale du district Nord Atlantique
Jeudi 10 avril :
• 19h30 : Messe à la paroisse de Sainte-Marie
Vendredi 11 avril :
• 7h : Messe à la paroisse de Morne-des-Esses
• 18h : Messe à la paroisse de Vert-Pré
Samedi 12 avril :
• 7h : Messe à la paroisse de Gros-Morne
• 18h : Messe dominicale anticipée à la paroisse de Trinité
Dimanche 13 avril : Les Rameaux
• 7h & 9h30 : Messes à la paroisse de Robert
ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE MARTINIQUE
Service legs et donations
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BP 586 - 97207 FORT-DE-FRANCE CEDEX
Téléphone : 06 96 310 333 - E-mail : michel.pouch@wanadoo.fr
oui, je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer
sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine.
oui,je souhaite être contacté pour un rendez-vous au Service des legs et
donations ou à mon domicile.
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L’espérance en héritage
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Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr

