À la suite du Christ Bon Pasteur, et dans la communion avec le successeur de Pierre, que chacun de nous accepte de répondre à l’Appel
de Dieu. Prions pour les vocations et pour notre nouveau pape !
de Dieu. Prions pour les vocations et pour notre nouveau pape !
SOMMAIRE
- ÉDITORIAL
- MOT DE L’ÉVÊQUE - "« Et dire qu’ils donnent le Christ… » Homélie de la messe Chrismale 2025"
- ÉGLISE UNIVERSELLE - Message du Pape François pour la 62ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations
- LITURGIE
- VIE DU DIOCÈSE
- Conclave et élection du Pape début du conclave mercredi 7 mai Détails et enjeux du conclave
- Cheminer vers la confi rmation : les jeunes du cheminement Nord Atlantique franchissent la Porte Sainte
- Visite pastorale de Monseigneur Macaire du 10 au 13 avril au District Nord-Atlantique
- Être chrétien, c’est donner Jésus
- DOSSIER "PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI"
- AN TJÈ LÉGLIZ-LA"Pentecôte 2025"
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Page 1
Eglise
en MARTINIQUE
Je suis le Bon PPasteur
N° 701
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
11 MAI 2025
Hommage au père Filopon
Élection du pape :
début du conclave mercredi 7 mai
Dossier de la Pastorale sociétale : 22 mai
Page 2
3
Sommaire
E
connaît ses brebis et donne sa vie pour elles. Alors que l’Église
prie pour les vocations, une joie immense et une grande espérance
parcourent le peuple de Dieu : un nouveau pape ! Depuis l’annonce
de la mort du Pape François jusqu’à l’élection de son successeur, les
projecteurs sont orientés vers l’Eglise où se déroulent les funérailles du
Pape François, les congrégations des cardinaux et le conclave. Le monde
observe, l’Eglise espère. Un nouveau pape, mais une mission immuable :
paître le troupeau du Seigneur à la manière du Christ, le Bon Pasteur. Les
attentes sont nombreuses : poursuivre l’œuvre d’ouverture, de dialogue,
de proximité avec les pauvres, les jeunes, les périphéries ; mais aussi
affermir la foi, clarifier les repères, affronter les tempêtes avec courage et
douceur. Être pasteur aujourd’hui, c’est marcher avec un peuple blessé,
assoiffé d’espérance et de repères, parfois tenté par le découragement
ou l’indifférence. Mais c’est surtout croire, contre toute apparence, que
le Christ ressuscité continue de parler à son Église.
En Martinique comme ailleurs, nous prions pour que notre nouveau
pape soit vraiment un pasteur selon le cœur de Dieu. Que son ministère
encourage tous les chrétiens à être des disciples missionnaires à la suite
du Christ.
Notre diocèse célèbre cette année les dix ans d’épiscopat de Mgr
David Macaire, qui a donné au diocèse un élan missionnaire nouveau
et manifeste une attention constante aux jeunes et aux vocations.
Il a ordonné des prêtres pour le service de Dieu et de son Peuple
en Martinique. « La moisson est abondante et les ouvriers sont peu
nombreux ». Continuons de prier le maître de la moisson afin que l’appel
retentisse chez les jeunes, comme un feu discret, mais puissant : « Suis
moi ». Que les jeunes aient le courage de répondre, confiants non en
leurs mérites, mais en la grâce de Celui qui appelle : le Bon Pasteur.
Autour de cet anniversaire épiscopal, tout le diocèse se prépare à célébrer
à la Pentecôte un temps fort marqué surtout par l’envoi en mission de
tout le diocèse et la Confirmation de plus de 1600 jeunes. En vue de
cette célébration, les jeunes du cheminement vers la Confirmation du
district Nord Atlantique ont franchi la Porte Sainte dans une démarche
émouvante de conversion et de fraternité. À travers la prière, la marche,
la louange, ils ont exprimé leur désir d’être eux aussi des témoins du
Christ vivant, des disciples missionnaires dans le monde et des « pèlerins
de l’espérance », selon les mots du pape François dans son dernier
message pour cette Journée mondiale de prière pour les vocations.
Enfin, cette parution présente le dossier de la Pastorale sociétale, en lien
avec la commémoration du 22 mai, date hautement symbolique pour
notre peuple. L’Église de Martinique y affirme son engagement pour une
mémoire partagée, une réconciliation profonde et un avenir fraternel.
Elle rappelle que l’Évangile n’est pas un message de fuite, mais un appel
à transformer le monde par la justice, la vérité et la paix.
À la suite du Christ Bon Pasteur, et dans la communion avec le
successeur de Pierre, que chacun de nous accepte de répondre à l’Appel
de Dieu.
Prions pour les vocations et pour notre nouveau pape !
Père Crépin Hounza ■
Le Nouveau Pape
Pasteur à l’image du Christ, Bon Pasteur
EDITORIAL
33MOT DE L’EVÊQUE
LITURGIE
VIE DU DIOCÈSE
• La Parole Dominicale
• Pentecôte 2025
• Conclave et élection du Pape
début du conclave mercredi 7 mai
Détails et enjeux du conclave
• Cheminer vers la confi rmation :
les jeunes du cheminement Nord Atlantique
franchissent la Porte Sainte
• Visite pastorale de Monseigneur Macaire
du 10 au 13 avril au District Nord-Atlantique
• Être chrétien, c’est donner Jésus
• La Martinique unie ?
• Les retraites aux fl ambeaux du 22 mai
• 22 Mai, Sommes-nous prêts à faire
mémoire ensemble ?
• « Et dire qu’ils donnent le Christ… »
Homélie de la messe Chrismale 2025
• Message du Pape François pour la 62
ème
Journée Mondiale de Prière pour les Vocations
3333
ème
• Message du Pape François pour la 62
ème
EGLISE UNIVERSELLE
6
7
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13
16
AN TJÈ LÉGLIZ-LA 18
Dossier : PASTORALE SOCIÉTALE
22 MAI
4
5
EDITORIAL 2
AGENDA DE L'EVEQUE 19
DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR
RÉDACTEUR EN CHEF : père Crépin HOUNZA
MISE EN PAGE – IMPRESSION
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Page 3
U
ne paroissienne, scandalisée
par un ancien prêtre, m’a
envoyé ce texto indigné : « Et
dire qu’il nous a donné le Christ ! » Voilà
une belle définition du prêtre : « Celui
qui donne le Christ ». L’évêque aussi
donne le Christ, mais, comme successeur
des apôtres, il confirme ses frères dans
le Christ. Le diacre, lui, ne peut donner
le Christ, mais il Le sert dans les pauvres
et la mission.
Donner le Christ, c’est faire l’œuvre
du Père qui « a donné son Fils » (Jn
3,16). Le Père miséricordieux est attiré
par la misère de ses fils, non pour les
punir, les surveiller ni sévir, mais pour
faire miséricorde. Et dire que certains
ont peur de se confesser ! Nous avons
donné notre vie pour que, en donnant
le Christ comme le Père l’a fait, la misère
des hommes devienne un passage vers
le Salut.
Donner le Christ, c’est faire l’œuvre de
l’Esprit Saint, qui a conçu le Christ dans
le sein de Marie. Par le don de l’Esprit,
de la Parole et grâce au savoir-faire
communautaire, le prêtre engendre des
âmes en qui le Christ vit (Gal 2,20). Être
pasteur, c’est permettre au troupeau de
se laisser guider par l’Esprit.
Donner le Christ, c’est bien sûr faire
l’œuvre du Fils lui-même, qui « s’est livré
lui-même » (Ga 1,4 ; Tt 2,14). Le prêtre
est ainsi à la fois celui qui s’offre et celui
qui offre. Donner le Christ, c’est risquer
sa peau, aller jusqu’à expérimenter ses
faiblesses, jusqu’à mettre en danger
sa vie, sa réputation, son âme, son
équilibre, pour le salut des hommes.
Donner le Christ, qui « est né d’une
femme » (Ga 4,4), c’est imiter Marie. Avec
elle, tout baptisé met au monde la Parole
de Dieu. Le prêtre, lui, selon la prédiction
de Siméon, sait que son âme sera aussi
transpercée.
Voilà une belle homélie, n’est-ce pas,
frères et sœurs ?! Mais il y a une autre
chose de prophétique dans le texto de
cette dame : c’est sa déception… A priori,
c’est une mauvaise chose de décevoir les
autres. Pourtant, il y a un signe de la grâce
et de l’Esprit dans la capacité à affronter
la déception de sa propre faiblesse. Vu
la grandeur surnaturelle et sublime du
sacerdoce, de nombreux jeunes hommes
ont peur de devenir prêtres. Ce n’est
pas le célibat qui éloigne la plupart des
candidats, mais la crainte de ne pas être
à la hauteur, de décevoir Dieu, l’Église,
soi-même ou sa famille.
Tout prêtre est donc quelqu’un qui a su
vaincre un certain orgueil et prendre
le risque de décevoir. « Il importe peu
qu’on dise que nous sommes des vases
d’argile », rappelait le cardinal Aveline
au clergé de Marseille, « puisqu’après
tout, ce qui compte, c’est le trésor que
nous portons » (2 Co 4,7).
Décevoir, c’est faire l’expérience de la
contrition : prendre conscience qu’on
valait mieux que cela. Comme le disait,
désespéré, Anakin Skywalker dans Star
Wars : “Je ne suis pas le Jedi que je devais
être.” Nous aussi, nous pouvons dire : “Je
ne suis pas le prêtre (ou l’évêque) que
je devais être” ; “Nous ne sommes pas
le peuple que nous aurions dû être.”
Comment pourrait-il en être autrement ?
C’est la preuve d’une authentique
humilité et d’une grande espérance :
accepter de n’être ni une vedette, ni une
star, ni un modèle en toutes choses. Il
ne s’agit pas de se donner soi-même,
ni en spectacle ni en exemple, mais
de manifester, dans nos faiblesses, la
grandeur de Celui qui prend des bras
cassés pour construire son Royaume.
Alors, confiance, chers frères ! N’ayez
pas peur de décevoir l’évêque. Oui, c’est
vrai, en dix ans, j’ai parfois été très déçu,
même blessé, par certains. Mais je l’ai été
aussi de moi-même !
Tenez, voici le témoignage d’une grâce
reçue jadis à la suite d’une déception. Un
soir, alors que j’étais prieur dominicain,
j’ai vécu une conversion : en plein office,
j’ai reçu une lumière intérieure. Je voyais
les faiblesses, les incapacités, les limites
et les mauvaises manières de chacun de
mes frères. Mais cela ne m’affligeait plus.
J’étais dans l’admiration et m’exclamais :
“Et dire que ces hommes donnent le
Christ !”
Chers pères, « ET DIRE QUE nous avons
été choisis pour donner le Christ ! »
Amen.
+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France
■
« Et dire qu’ils donnent le Christ… »
Homélie de la messe Chrismale 2025 • Cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France
MOT DE L’ÉVÊQUE
au clergé de Marseille, « puisqu’après
tout, ce qui compte, c’est le trésor que
Décevoir, c’est faire l’expérience de la
contrition : prendre conscience qu’on
valait mieux que cela. Comme le disait,
désespéré, Anakin Skywalker dans Star
Wars : “Je ne suis pas le Jedi que je devais
être.” Nous aussi, nous pouvons dire : “Je
ne suis pas le prêtre (ou l’évêque) que
je devais être” ; “Nous ne sommes pas
le peuple que nous aurions dû être.”
Comment pourrait-il en être autrement ?
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 3
Page 4
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 7014
EGLISE UNIVERSELLE
C
hers frères et sœurs !
En cette 62
ème
Journée Mondiale
de Prière pour les Vocations, je
souhaite vous adresser une invitation
joyeuse et encourageante à être des
pèlerins de l’espérance, en donnant
généreusement votre vie.
La vocation est un don précieux que Dieu
sème dans les cœurs, un appel à sortir de
soi-même pour s’engager sur un chemin
d’amour et de service. Et toute vocation
dans l’Église – qu’elle soit laïque, au
ministère ordonné ou à la vie consacrée
– est un signe de l’espérance que Dieu
a pour le monde et pour chacun de ses
enfants.
[…]
C’est pourquoi, membres adultes de
l’Église, et en particulier les pasteurs, nous
sommes invités à accueillir, à discerner
et à accompagner le cheminement
vocationnel des nouvelles générations.
Et vous, les jeunes, vous êtes appelés à
en être les protagonistes, ou plutôt des
co-protagonistes avec l’Esprit Saint qui
suscite en vous le désir de faire de la vie
un don d’amour.
Accueillir son chemin vocationnel
Chers jeunes, « votre vie n’est pas un
“entre-temps”. Vous êtes l’heure de Dieu »
(Exhort. ap. Post-Syn. Christus Vivit, n. 178).
Il est nécessaire de prendre conscience
que le don de la vie demande une réponse
généreuse et fidèle. Regardez les jeunes
saints et bienheureux qui ont répondu
avec joie à l’appel du Seigneur […]
Toute vocation perçue au plus profond
du cœur fait germer la réponse comme
un élan intérieur vers l’amour et le service,
comme une source d’espérance et de
charité et non comme une recherche
d’affirmation de soi. Vocation et
espérance s’entremêlent donc dans le
projet divin pour la joie de tout homme
et de toute femme, tous appelés à offrir
personnellement leur vie pour les autres
(cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 268).
Nombreux sont les jeunes qui cherchent à
connaître le chemin que Dieu les appelle
à parcourir : certains reconnaissent –
souvent avec étonnement – la vocation
au sacerdoce ou à la vie consacrée ;
d’autres découvrent la beauté de l’appel
au mariage et à la vie familiale ainsi qu’à
l’engagement pour le bien commun et au
témoignage de la foi parmi les collègues
et les amis.[…]
Chers jeunes, l’espérance en Dieu
ne déçoit pas, Il guide chaque pas de
ceux qui se confient à Lui. Le monde
a besoin de jeunes qui soient des
pèlerins de l’espérance, courageux dans
la consécration de leur vie au Christ,
pleins de joie par le fait même d’être ses
disciples-missionnaires.
Discerner son chemin vocationnel
La découverte de sa vocation se fait à
travers un chemin de discernement.
Ce parcours n’est jamais solitaire, il se
développe au sein de la communauté
chrétienne et avec elle.
Chers jeunes, le monde vous pousse
à faire des choix hâtifs, à remplir vos
journées de bruit, vous empêchant de
faire l’expérience du silence ouvert à Dieu
qui parle au cœur. Ayez le courage de vous
arrêter, d’écouter en vous-mêmes et de
demander à Dieu ce qu’Il rêve pour vous.
Le silence de la prière est indispensable
pour “lire” l’appel de Dieu dans notre
histoire et pour y répondre librement et
consciemment. […]
Accompagner le cheminement des
vocations
Dans cet horizon, les agents de la pastorale
et des vocations, en particulier les
accompagnateurs spirituels, ne doivent
pas craindre d’accompagner les jeunes
avec espérance et la confiance patiente de
la pédagogie divine. Il s’agit d’être pour eux
des personnes capables d’écoute et d’accueil
respectueux ; des personnes de confiance,
des guides sages, prêts à les aider et attentifs
à reconnaître les signes de Dieu dans leur
cheminement.
J’exhorte donc à promouvoir l’attention de la
vocation chrétienne dans les divers domaines
de la vie et de l’activité humaines, en favorisant
l’ouverture spirituelle de chacun à la voix
de Dieu. À cette fin, il est important que les
itinéraires éducatifs et pastoraux prévoient
des espaces adéquats pour l’accompagnement
des vocations.
[…]
Chers amis, l’Église est vivante et féconde
lorsqu’elle engendre de nouvelles vocations.
Et le monde cherche, souvent inconsciemment,
des témoins d’espérance annonçant par leur vie
que suivre le Christ est source de joie. Ne nous
lassons donc pas de demander au Seigneur de
nouveaux ouvriers pour sa moisson, certains
qu’Il continue à appeler avec amour. Chers
jeunes, je confie votre cheminement à la suite
du Seigneur à l’intercession de Marie, Mère
de l’Église et des vocations. Marchez toujours
comme des pèlerins de l’espérance sur le
chemin de l’Évangile ! Je vous accompagne de
ma Bénédiction et je vous demande s’il vous
plaît de prier pour moi.
Rome, Polyclinique “A. Gemelli”, le 19 mars 2025
François
Source : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/
messages/vocations/ ■
Pèlerins d’espérance : le don de la vie
MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA
62
ème
Journée Mondiale de Prière
pour les Vocations
Page 5
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 55
Dimanche 11 mai 2025
laP Parole DDominicale
4
ème
Dimanche de Pâquese - Année C
Prière introductive
Seigneur Jésus, tu es le Bon Pasteur et moi
la brebis perdue, enfant prodigue ayant
vécu loin de toi. Et je me suis égaré dans
les ténèbres du péché, honteux de ma vie.
Et Toi, tu m’as relevé. Dans ma faiblesse,
porte-moi sur tes épaules ; dans le doute,
la tristesse, remplis-moi de ta douce joie,
que je puisse goûter à l’infini bonheur de
ta présence dans ma vie. Amen.
Réflexions
En ce dimanche dit du Bon Pasteur, nous
sommes toujours dans le temps pascal et
au milieu de notre cheminement vers la
Pentecôte. Après des récits des apparitions
du Christ ressuscité à ses disciples, la liturgie
nous renvoie aujourd’hui au ministère de
Jésus avant sa Passion qui nous dit qu’il
donne sa vie pour ses brebis. Ce qui
caractérise le bon berger, est cet engagement
jusqu’à la mort au service des brebis.
Souvent, nous sommes désorientés par
les événements du monde, les scandales
qui secouent l’Église et l’on s’interroge : où
est la vérité ? Nous la recherchons partout
sauf là où elle demeure. Et l’Évangile de ce
dimanche nous invite à nous tourner vers
« Jésus, Berger de toute humanité », qui, par
son sacrifice pour nous, nous ouvre à la vie
nouvelle en Dieu.
Un accueil de la vie nouvelle du Christ
Tout d’abord, la première lecture des Actes
des Apôtres nous montre une communauté
de croyants risquant de se renfermer sur
elle-même et refusant de s’ouvrir à la
nouveauté, accrochée à ses certitudes, ses
croyances, sa prétention d’être la seule à
être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile
nous dévoile le plan de Dieu : l’Évangile sera
annoncé aux païens et tout Homme verra le
salut de Dieu. Cette nouveauté ne concerne
pas seulement nos communautés qui ont
parfois tendance à rejeter de nouvelles
sœurs et de nouveaux frères récemment
convertis, mais aussi chacun de nous lorsque
nous résistons à l’Esprit qui veut transformer
nos cœurs, quand nous refusons de donner
ou d’accueillir le pardon.
Qui nous assure le triomphe de l’Amour
La seconde lecture est extraite du livre de
l’Apocalypse, livre du dévoilement et de la
consolation : elle nous montre précisément
la victoire obtenue par les martyrs qui ont été
fidèles jusqu’au bout, y compris en donnant
leur vie. Son but est de nous rappeler que
même dans les pires catastrophes, le mal
n’aura pas le dernier mot. Jésus nous est
présenté comme l’Agneau de Dieu qui
enlève le péché du monde. Et ce qui est
merveilleux, c’est qu’il veut nous associer
tous à sa victoire.
Car Lui seul est le Bon Pasteur qui donne
sa vie pour ses brebis.
Dans l’Évangile, Jésus nous dit qu’il « connaît
» ses brebis et que celles-ci le connaissent. Il
nous connaît avec tout ce que nous sommes,
le meilleur et le pire. Il connaît nos ombres
et nos lumières, nos failles et même ce
que nous cherchons à cacher. Mais nous
le savons bien : connaître, c’est « naître
avec » ; connaître quelqu’un, ce n’est pas
seulement avoir des renseignements sur
lui ; c’est surtout être en communion avec
lui. Jésus nous connaît tous et chacun en
particulier en prenant notre humanité : il
s’est fait homme pour nous libérer.
Je dialogue avec Jésus
Nous sommes toutes et tous tes brebis,
Seigneur. Je suis ta brebis perdue pour qui
tu as donné ta vie. Redonne-moi vie car je
souffre et je désespère. Ramène-moi à la
maison de mon Père car je me suis égaré
loin de Lui, loin de Toi. Viens me ressusciter
car je me suis enfermé dans les œuvres de
mort. Ô mon Sauveur et mon Maître, ô Bon
Pasteur, tu as donné ta Vie pour la pauvre
âme que je suis. Daigne la sauver, la purifier
car je m’abandonne à Toi. Amen.
Résolution
Quelle résolution prendre pour aujourd’hui ?
Beaucoup de voix encombrent nos cœurs.
Beaucoup de bruits hantent nos âmes.
Cherchons, par une assiduité plus grande
à la prière, aux sacrements, à la Parole,
la quiétude qui nous fera entendre et
écouter la voix du Bon Pasteur. Nous
aussi, comme Jésus-Christ, cherchons
toujours à rassembler au lieu de
disperser, à aimer au lieu de haïr, à
encourager plutôt que de jalouser,
à protéger au lieu de négliger, à
bénir plutôt que maudire.
Père Jacques Platon ■
Acte 13,43-52 • Ps 99 (100) • Apocalypse 7,9-14b-17 • Jean 10,27-30
LITURGIE
« Jésus, Berger de toute humanité », qui, par
son sacrifice pour nous, nous ouvre à la vie
Tout d’abord, la première lecture des Actes
des Apôtres nous montre une communauté
de croyants risquant de se renfermer sur
elle-même et refusant de s’ouvrir à la
nouveauté, accrochée à ses certitudes, ses
croyances, sa prétention d’être la seule à croyances, sa prétention d’être la seule à
être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile
croyances, sa prétention d’être la seule à
être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile
croyances, sa prétention d’être la seule à
nous dévoile le plan de Dieu : l’Évangile sera
être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile
nous dévoile le plan de Dieu : l’Évangile sera
être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile
» ses brebis et que celles-ci le connaissent. Il Beaucoup de voix encombrent nos cœurs.
Beaucoup de bruits hantent nos âmes.
Cherchons, par une assiduité plus grande
à la prière, aux sacrements, à la Parole,
la quiétude qui nous fera entendre et
écouter la voix du Bon Pasteur. Nous
aussi, comme Jésus-Christ, cherchons
toujours à rassembler au lieu de
disperser, à aimer au lieu de haïr, à
encourager plutôt que de jalouser,
à protéger au lieu de négliger, à
bénir plutôt que maudire.bénir plutôt que maudire.
Page 6
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 7016
VIE DU DIOCÈSE
Les outils qui régissent l’organisation, la vie et le fonctionnement de l’Église sont très nombreux.
En plus du Code de Droit canonique qui fixe les droits, devoirs, structures, procédures au sein
de notre communauté, le document officiel qui régit l’organisation de l’élection du pape est la
constitution apostolique intitulée
Universi Dominici Gregis, promulguée par le pape Jean-Paul
II le 22 février 1996. Son titre signifie : « Du troupeau tout entier du Seigneur ». Ce document
établit les règles du conclave et garantit que l’élection du pape est canoniquement valide.
L
e conclave (le mot vient du latin
cum clave, qui signifie littéralement
« avec la clé » ; donc conclave signifie
« enfermé avec la clé »).
Les cardinaux sont des prélats nommés
par le pape. Ils forment le Collège des
cardinaux, une sorte de sénat de l’Église.
Parmi eux, ceux âgés de moins de 80 ans au
jour du décès ou de la renonciation du pape
peuvent voter au conclave. On les appelle
les cardinaux électeurs. Leur nationalité
reflète la dimension universelle de l’Église.
Leur nombre peut légèrement varier, mais il
est généralement proche de 120, car c’est la
limite fixée par le pape Paul VI et confirmée
par ses successeurs. Sur les 135 cardinaux
électeurs, 108 ont été créés par le pape
François. Ils se réunissent déjà pour les
consistoires et, dans quelques jours, ils se
réuniront dans la Chapelle Sixtine pour élire
le nouveau pape. Ils seront complètement
isolés du monde extérieur.
• (Cette tradition a été codifiée en 1274,
lors du deuxième concile de Lyon sous
l’égide du pape Grégoire X, élu après
deux ans et neuf mois de scrutins entre
1268 et 1271. C’est lui qui a imposé le
conclave comme mode d’élection du
pape. Il a évolué au fil des siècles et
depuis 1970, seuls les cardinaux de
moins de 80 ans peuvent voter et il
peut y avoir, en théorie, jusqu’à 120.
Ce nombre a cependant été plusieurs
fois dépassé par le passé. Aujourd’hui,
on compte 135 cardinaux électeurs.
Pendant toute la durée du Conclave,
ils seront logés comme de coutume à la
résidence Sainte-Marthe, là où le pape
François a vécu ses dernières heures.)
• La Chapelle Sixtine est ensuite
aménagée pour accueillir les cardinaux
et on veille à leur isolement strict. Ils
n’ont aucune communication avec le
monde extérieur. Ils prêtent serment la
main posée sur l’Évangile, et selon un
rituel immuable hérité du Moyen Âge,
le maître des célébrations prononce
la formule « extra omnes » (tous
dehors). Les personnes étrangères
aux votes quittent les lieux. Les portes
sont ensuite fermées. L’élection peut
commencer.
Les électeurs écrivent à la main le nom
de leur candidat, « d’une écriture non
reconnaissable », et ils plient le bulletin
de vote deux fois. Il est interdit de voter
pour soi-même. Chaque cardinal se
rend à tour de rôle à l’autel, portant son
vote en l’air de manière à ce qu’il soit
bien visible, et prononce à haute voix le
serment suivant en latin : « Je prends à
témoin le Christ Seigneur, qui me jugera,
que je donne ma voix à celui qui, selon
Dieu, me paraîtra devoir être élu. Que
Dieu m’assiste, et que les saints Évangiles
que je touche soient mon témoignage ».
Ce serment est un acte de foi et de
responsabilité.
Conclave et élection du Pape
début du conclave mercredi 7 mai
Détails et enjeux du conclave
Page 7
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 7
MARTINIQUE 40 €
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N° 686
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
6 OCTOBRE 2024
Les orientations pastorales
liselise
MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE
N° 686
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00
6 OCTOBRE 2024
E
g
lise
en MARTINIQUE
N°
687
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
20 OCTOBRE 2024
Hommage au père Filopon
Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ?
La
M
ission
Dossier : La mission de l’Église aujourd’hui
LLes orientations pastoraleses orientations pastorales
Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ?Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ?
La
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ission
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ission
M
Dossier :
La mission de l’Église aujourd’huiLa mission de l’Église aujourd’hui
Oui,
je m’abonne !
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Ville : .............................................................................................................................................................................................................................
Il pose son bulletin sur un plateau et le fait
glisser dans l’urne, devant les scrutateurs,
s’incline vers l’autel et retourne à sa place.
Il faut donc obtenir les deux tiers des voix
pour être élu. Si aucun cardinal ne reçoit
autant de votes, les électeurs passent
directement à un deuxième tour. Les
cardinaux procèdent à quatre scrutins
par jour, deux le matin et deux l’après-
midi, jusqu’à ce qu’un pape soit proclamé.
La multiplication des scrutins est chose
commune : en 2013, le pape François avait
été élu après cinq tours. Pour le pape Pie
XII, il en a fallu 14.
Les bulletins des deux scrutins et les
notes prises par les cardinaux sont
ensuite détruits dans un poêle par le
camerlingue. La cheminée, visible par les
fidèles depuis la place Saint-Pierre, émet
une fumée noire si aucun pape n’a été élu
et une fumée blanche en cas d’élection
par ajout de produits chimiques. Après
trois journées sans résultats, le scrutin est
interrompu pour une journée de prières.
Puis d’autres séries de scrutins sont
organisées jusqu’à l’élection définitive.
L’annonce aux fidèles
de l’« Habemus Papam »
Lorsqu’un cardinal reçoit un nombre
suffisant de votes en sa faveur, il doit
répondre à deux questions du cardinal
Doyen : Acceptez-vous votre élection
canonique comme souverain Pontife ?
De quel nom voulez-vous être appelé ?
Répondant « oui » à la première, l’élu
devient immédiatement pape et évêque
de Rome.
Un par un, les cardinaux rendent
hommage et marquent leur obédience
au nouveau pape. Vient ensuite l’annonce
aux fidèles : « Habemus Papam ! », par
le cardinal protodiacre. Cette mission
reviendra au Français Dominique
Mamberti, puis l’apparition du nouveau
pape à la loggia des bénédictions de la
basilique Saint-Pierre pour sa bénédiction
apostolique Urbi et Orbi. C’est lors de cette
bénédiction, dimanche de Pâques, que
les fidèles ont entendu pour la dernière
fois la voix du pape François.
L’enjeu du conclave qui commence le
mercredi 7 mai 2025 est de savoir s’il
faut poursuivre dans la voie tracée par
le pape François, s’il faut insister sur les
questions de migration, de justice sociale,
sur une Église proche des gens, ou bien
rééquilibrer en redonnant davantage de
poids à la réflexion théologique.
En tout état de cause, la mission du futur
pape sera de pouvoir rassembler l’Église
autour de lui, d’être visible et écouté dans
le monde entier. Il devra dialoguer avec
les gouvernants et les autres religions.
Il devra être charismatique, ni trop
conservateur, ni trop réformateur. Le
choix du pape orientera l’Église pour
plusieurs années ; comme l’affirmait le
Cardinal Erdo de Hongrie : « La mission
dépasse les forces humaines, mais Jésus
promet le don de l’Esprit et sa présence
personnelle en promettant de rester avec
l’Église jusqu’à la fin des temps ».
Prions pour le nouveau pape. Nous
attendons un pasteur qui aime vraiment
son peuple comme le Christ.
Père Arnauld Serge Houevoyeha - Archiprêtre,
recteur de la cathédrale de Saint-Pierre
■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 7018
Le Mercredi 23 avril 2025 restera gravé dans le parcours spirituel des jeunes du
cheminement Nord Atlantique. À quelques semaines de leur confirmation, ils ont vécu
ensemble un moment fort de leur préparation : le passage de la Porte Sainte à la
cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France.
du 11 mai 2025 – n° 701du 11 mai 2025 – n° 701du 11 mai 2025 – n° 701du 11 mai 2025 – n° 701
D
ès 14 heures, les jeunes venus
de différentes paroisses se sont
rassemblés sur le Malecon. L’objectif
de cette rencontre allait au-delà de la simple
marche : il s’agissait de favoriser la rencontre
et l’unité entre futurs confirmands de tout le
district. Pour cela, des groupes mixtes ont été
constitués, mêlant les jeunes des différentes
paroisses, dans un esprit de fraternité et de
découverte.
Après la constitution des groupes, tous ont
entrepris ensemble une marche en prière
vers la cathédrale. Ce cheminement, à la
fois physique et intérieur, symbolisait leur
progression vers le sacrement de confirmation.
À leur arrivée devant la cathédrale, un temps
fort les attendait : chacun a pu déposer ses
intentions de prière dans un panier disposé
devant la Porte Sainte.
Le passage de la Porte Sainte n’était pas
anodin. Dans la tradition catholique, franchir
une Porte Sainte est un geste spirituel
puissant : il marque une démarche de
conversion, d’ouverture à la grâce de Dieu,
et d’entrée dans une étape nouvelle de la
foi. C’est un signe visible d’un cheminement
intérieur, particulièrement fort pour ces jeunes
en route vers leur confirmation.
À l’intérieur de la cathédrale, le recueillement
s’est poursuivi par la prière du chapelet,
rythmée par l’émotion et la ferveur collective.
À la fin du chapelet, la messe a été célébrée
par le père Placide, delegué du district Nord
Atlantique pour le cheminement 3 et la
préparation de la confirmation.
Pour animer cette célébration, un groupe de
chant formé par les jeunes de la paroisse du
Gros-Morne mêlant confirmés et jeunes en
cheminement a apporté toute sa fraîcheur et
son énergie. Les chants, porteurs de foi et de
joie, ont particulièrement touché les jeunes,
rendant ce moment encore plus vibrant et
inoubliable.
À la fin de la messe, la journée s’est
prolongée dans un temps de louange
animé par ce même groupe de chant.
Dans l’enthousiasme et la prière, les jeunes
ont exprimé leur gratitude pour ce qu’’ils
venaient de vivre, renforçant encore les liens
d’amitié et de foi qui les unissaient.
À l’issue de cette journée, chacun est reparti
le cœur rempli d’espérance, porté par l’élan
de la foi et l’assurance que la confirmation à
venir serait plus qu’un aboutissement : une
véritable mission pour leur vie chrétienne. Ce
23 avril restera une étape fondatrice sur leur
chemin de foi.
À présent, tous les jeunes du cheminement
3 poursuivent leur préparation avec foi et
persévérance, en vue de leur confirmation
qui sera célébrée le 8 juin 2025, lors de
la grande fête de la Pentecôte. Cette
solennité, marquant la venue de l’Esprit
Saint sur les apôtres, donnera une
signification encore plus profonde à leur
engagement. Recevoir le sacrement
de confirmation en ce jour symbolisera
pour eux une nouvelle effusion de l’Esprit,
les envoyant à leur tour témoigner de
l’Évangile dans leur vie quotidienne. D’ici
là, plusieurs rencontres et temps de prière
viendront fortifier leur chemin spirituel pour
les préparer à recevoir pleinement les
dons de l’Esprit Saint.
Par cette expérience marquante, les
jeunes ont non seulement renforcé leur lien
avec Dieu, mais aussi tissé entre eux une
véritable fraternité. En avançant désormais
avec confiance vers la confirmation, ils
s’apprêtent à devenir des témoins vivants
de la foi, enracinés dans l’amour du Christ
et envoyés pour faire grandir l’Église de
demain.
Les confirmands du Gros-Morne
Les confirmands du Gros-Morne
VIE DU DIOCÈSE
Cheminer vers la confirmation :
les jeunes du cheminement Nord Atlantique franchissent la Porte Sainte
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 9
au District Nord-Atlantiqueau District Nord-Atlantique
C’est avec joie que nos communautés ont accueilli
notre évêque lors de sa visite pastorale du district
Nord-Atlantique incluant les paroisses de Sainte-Marie,
Morne-des-Esses, Trinité, Tartane, Gros-Morne, Robert
et Vert-Pré.
D
urant ces rencontres, l’archevêque a interrogé les membres des
différents conseils ; Conseil Pastoral Paroissial (CPP), Conseil Paroissial
Elargi (CPPE) et Conseil Paroissial des Affaires Économiques (CPAE) ; sur
les points forts et les points faibles de leurs communautés respectives. Cet
échange lui a permis de mieux visualiser la vie des paroisses et de saisir leurs
problématiques. Il a ainsi apporté des éclairages et des conseils pour leurs
pratiques, tel que l'organisation de la permanence perpétuelle à l'oratoire de
Sainte-Marie.
Le deuxième point abordé par lui, fut sa vision de l'Église de demain : faire de
chaque paroisse une paroisse missionnaire. Cela passe par notre façon d'accueil-
lir nos frères et sœurs, parents et non-pratiquants qui sont à la recherche de
Dieu mais qui trouvent jugements et critiques. Nous devons d’abord apprendre
à faire l'expérience d'une vraie fraternité afin qu'ils trouvent en nous une com-
munauté qui leur dira que Jésus les aime.
Le samedi 12 avril, marque officiellement le 10e anniversaire d'épiscopat de
l'archevêque. Il a visité les paroisses du Gros-Morne et de Trinité. La journée a
débuté par la célébration de la messe au Gros Morne, au cours de laquelle il a
exprimé sa joie d'être présent sur le territoire. Il a rendu grâce à dieu avec les
paroissiens du Gros Morne pour les 10 ans d’épiscopat. À la fin de la cérémonie,
il a reçu des présents préparés par les paroissiens : une représentation en bois
gravée de la Vierge pèlerine réalisée par un artisan gros-mornais et une bougie
en forme de croix offerte par les jeunes du cheminement. L’action de grâce s’est
poursuivie dans l’après-midi à la paroisse de Trinité.
Il n'a d’ailleurs pas manqué d'exprimer sa joie d’être sur le territoire Nord-
Atlantique.
Réseaux des communicants du district Nord-Atlantique■
Visite pastorale de
Monseigneur Macaire
du 10 au 13 avril
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70110
Suite à la définition du prêtre donnée par Mgr David Macaire dans son homélie à la messe
chrismale, dont le texte figure en début de ce numéro de l’Église en Martinique, je me
permets d’en faire un écho fort et favorable en étendant cette définition à tout chrétien :
le chrétien, c’est celui qui donne Jésus.
E
n ce dimanche des vocations,
je me permets de déclarer que
toute vocation chrétienne est de
donner Jésus aux autres. Pourquoi le
chrétien doit-il donner Jésus ? Parce
que Jésus s’est donné à lui gratuitement.
J’ai le devoir de donner Jésus parce que je
l’ai reçu dans sa Parole, dans son corps et
dans son sang, dans sa vie de Ressuscité
à travers le pardon et la miséricorde dont
il me comble quotidiennement. Le motif
pour moi de dire « oui » et de vivre
ma vocation de chrétien, qui est de
donner Jésus, c’est parce qu’il m’a fait
miséricorde, parce qu’il m’a élevé, parce
qu’il a fait des miracles pour moi.[…]
En ce temps que nous traversons, où
nous voulons tous avoir un repère sûr,
entendre la Vérité qui nous indiquerait
le vrai Chemin pour trouver la vraie Vie,
il est opportun de donner Jésus, qui
dit à tout homme qu’il est le Chemin
qui nous mène vers notre propre
accomplissement, vers Dieu le Père. Il est
la Vérité qui donne la Vie du Ressuscité,
la Vie éternelle. En quête de chemin,
de Vérité et de Vie, il nous faut faire le
choix de Jésus. Mais où le trouver pour
le choisir, sinon en nous, chrétiens, à
qui il se donne chaque dimanche dans
l’Eucharistie, dans toute sa miséricorde,
nous qui bénéficions gratuitement
chaque jour de sa Parole de Vie ? Et si
nous devons donner Jésus à notre monde
qui meurt de soif et de faim, il nous faut
nous évertuer à demeurer en lui, comme
il nous le propose : « Demeurez en moi,
comme moi en vous. De même que le
sarment ne peut pas porter du fruit par
lui-même s’il ne demeure pas sur la
vigne. » (Jn 15, 1-8) Jésus est donc l’arbre
de vie nécessaire au sarment que nous
sommes. Suis-je alors ce sarment relié
habituellement à Jésus par une vie de foi,
de charité, de prière, par les sacrements ?
Sinon, n’est-ce pas là la source de mon
tiédissement, du peu de rayonnement
de ma vie et de mon action autour de
moi ? N’ai-je pas insensiblement délaissé
Jésus-Christ, ou étouffé Jésus en moi,
espérant réussir en dehors de lui et
de sa grâce ? S’accrocher à Jésus, qui
irrigue notre vie afin que nous puissions
le donner à notre entourage, c’est se
décider à être un chrétien authentique.
Retenons que donner Jésus n’est pas une
mission facile, tout comme demeurer
en Jésus n’est pas si évident. Demeurer
attaché à la vigne, ou mieux, tenir ferme
à la vigne, c’est accepter de souffrir, d’être
un sarment que le Vigneron taille pour
assurer la récolte future. Je me permets
encore ici de donner saint Paul comme
notre référence dans le don de Jésus.
Saint Paul, après sa conversion, a dû
affronter le regard des autres chrétiens,
résister à l’opposition mortelle de ses
coreligionnaires. Et pourtant, cela ne
l’empêchait pas de proposer et de
donner Jésus, son Seigneur. Sommes-
nous attentifs au sens missionnaire
qu’apportent dans l’Église les récents
convertis, même si leur ardeur est parfois
maladroite ? Sommes-nous stimulés par
eux dans notre tiédeur à donner Jésus ?
Savons-nous les accueillir et les épauler
quand ils rencontrent l’indifférence
ou l’opposition, ou nous contentons-
nous de refréner leur ardeur par nos
critiques ? Par leur exemple, sommes-
nous prêts à répandre et donner Jésus
comme le Trésor de l’humanité en quête
de bonheur vrai ? Sommes-nous prêts
à toujours indiquer et donner Jésus à
travers notre vie de foi, de charité et
d’espérance, malgré tout le rejet dont
nous sommes parfois les objets ?
Chrétien, Jésus compte sur toi pour
ramener les cœurs des hommes au
Père. Donne Jésus, et « la terre entière
se souviendra et reviendra vers le
Seigneur », parce que Jésus est le Chemin,
la Vérité et la Vie.
Père Grégoire-Sylvestre Gainsi
Paroisse de Redoute
■
Être chrétien, c'est donner Jésus
VIE DU DIOCÈSE
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 11
Jour de fête, le 22 mai nous rassemble pour la mémoire de l’abolition de l’esclavage. C’est
la fête de la liberté, de l’émancipation pour tout le peuple martiniquais. Cette victoire, la
Martinique la partage avec l’ensemble des peuples de la Caraïbe, des Amériques et du
monde entier en réalité.
E
n cette année jubilaire,
devant les difficultés, les
souffrances rencontrées
par la société martiniquaise,
et face à un avenir qui paraît
pour beaucoup incertain,
notre diocèse nous propose de
vivre ce 22 mai dans l’unité et
l‘espérance.
Deux grands événements nous
rassembleront :
• Le 21 mai :la retraite aux
flambeaux qui ponctue
nos chemins de mémoire
depuis plusieurs années,
sur plusieurs paroisses,
et qui sera suivie d’une
célébration pour la guérison
des blessures de l’esclavage.
• Le 22 mai : la messe célé-
brée dans certaines paroisses
avec l'ensemble de la société
martiniquaise dans toute
sa diversité dans un même
esprit de recueillement, de
reconnaissance et d’espé-
rance.
Avec la grâce de Dieu, le 22 mai
sera un jour de gloire pour toute
la Martinique.
Le 22 mai est, pour notre peuple Martinique, la
célébration de l’abolition légale de l’esclavage.
Plus encore, elle rappelle la force d’un peuple
qui, par son propre courage, a conquis sa liberté.
Le soulèvement du 22 mai 1848, enclenché à
Saint-Pierre, est le symbole vivant d’une dignité
arrachée, d’un peuple debout, et d’un combat
humain et spirituel contre l’oppression.
Chaque année, l’Église catholique de Martinique
propose à ses fidèles et à la population
l’évènement « Chemins de Mémoires ». Ce
parcours nous le faisons ensemble dans la
fraternité d’un pays Martinique qui assume
son passé et s’engage à construire fièrement
son avenir dans la liberté et la responsabilité.
Ce temps dédié à la mémoire collective doit
nous rassembler au-delà des différences pour
vivre ensemble le « Pardon et la Réconciliation
» qui libèrent la mémoire collective. Celle-ci,
non comme un repli paralysant figé dans
les blessures du passé (ou dans la violence
traumatique du passé), mais comme une force
de vie capable de réactiver les énergies d’hier
pour transfigurer le présent et dessiner un
avenir d’amour, de vérité, de justice et de paix.
L’Église catholique, dont l’engagement social est
inscrit dans sa constitution et sa doctrine sociale,
agit en autorité morale. Elle partage les joies, les
peines et les aspirations légitimes des peuples.
Acteur structurant de la société, elle se tient
aux côtés de tous et tout particulièrement
des plus vulnérables, expérimentant dans
sa chair la souffrance des hommes et des
femmes de Martinique.
Consciente de son histoire et de ses
responsabilités, l’Église catholique se tient
aux côtés de tous ceux qui œuvrent pour
la justice, la mémoire et la réconciliation.
La messe qui sera célébrée dans certaines
paroisses n'est pas seulement un événement
religieux, mais aussi un moment de
rassemblement civique. Elle permet de réunir
les citoyens autour de valeurs communes de
liberté, d'égalité et de fraternité.
Devant les inquiétudes croissantes pour
notre avenir commun, l’Église propose, en
ce 22 mai 2025, de faire corps. Et si ce temps
devenait un espace favorable pour vivre
l’unité de notre communauté malgré toutes
les raisons de division ?
La victoire sur l’esclavage, c’est la bonne
volonté de tous pour l’unité de tous, au
service de tous, dans le respect de chacun.
L’ennemi de la Martinique, c’est la division
des Martiniquais.
Comme l’ont rappelé Césaire, Fanon, Aliker et
tant d’autres : chaque génération doit prendre
sa part à la construction d’un monde plus
Manifeste pour la mémoire, la dignité et l’espérance
22 MAI :22 MAI :
Jour de fête, le 22 mai nous rassemble pour la mémoire de l’abolition de l’esclavage. C’est
La Martinique unie ?
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70112
juste, plus fraternel. Un monde à vouloir
meilleur pour soi et pour les autres. Marquer les esprits. Aller de l’avant.
Créer une nouveauté. Perpétuer.
Donner du sens. Être ensemble. Faire
peuple. Faire corps. Faire chemin.
Faisons du 22 mai un point de départ :
une route commune vers la guérison,
la liberté, le pardon et la réconciliation.
Ensemble, nous pouvons travailler
résolument à la promotion du
bien commun de notre Martinique
que nous avons reçu en héritage
et transformer ainsi la mémoire en
avenir. ‘‘
Les hommes de bonne
volonté feront de ce monde
une lumière nouvelle.
‘‘
➊
22 mai, point de départ
pour affirmer une
mémoire partagée
Une mémoire qui reconnaît les
souffrances de l’Histoire tout en valorisant
les forces de résilience de notre peuple.
Nous affirmons la nécessité de garder
vivante la mémoire de l’esclavage et
de la lutte pour la liberté. Le 22
mai est un appel à ne pas effacer, à
transmettre, à comprendre
.
➋
22 mai, point de départ
pour honorer dans
l’espérance, nos ancêtres et
les combattants de la liberté
Non dans la douleur, mais en élevant nos
vies à la hauteur de leurs sacrifices.
Nous rendons hommage aux martyrs
et aux héros, connus ou anonymes,
qui ont osé dire non à l’inhumain.
Leur force est notre héritage, leur
souffle nourrit notre courage
.
➌
22 mai, point de départ
pour guérir les blessures
du passé
Une guérison qui passe par la
reconnaissance des souffrances infligées
Nous reconnaissons que les cicatrices
de l’histoire ne se referment que
dans la vérité, l’écoute mutuelle et le
respect des mémoires blessées. Toute
réconciliation passe par la lumière.
➍
22 mai, point de départ
pour engager un chemin de
pardon sincère
Un pardon personnel et collectif, qui libère
les blessures du passé pour mieux construire
le présent.
Nous croyons que la foi peut illuminer
la mémoire, et que le pardon n’est pas
l’oubli, mais l’élan vers un avenir
meilleur. La douleur de l’histoire
devient lumière lorsqu’elle est portée
dans l’espérance.
➎
22 mai, point de départ pour
transmettre aux générations
futures
Un héritage vivant, enraciné dans la vérité
d'une histoire complète, qui honore la
diversité de nos origines au-delà de la seule
mémoire de l'esclavage.
Nous avons le devoir de faire du 22
mai un temps de transmission active :
pour que nos jeunes connaissent toute
la richesse de leurs racines, pour qu'ils
soient fiers de ce qu'ils sont, et libres
d'inventer le monde qu'ils choisiront
de bâtir.
➏
22 mai, point de départ pour
renouveler notre pacte social
Un pacte fondé sur la dignité humaine, le
respect de chacun, et l’égalité des chances
pour tous.
Nous refusons les nouvelles formes
d’esclavage et dénonçons toutes
les injustices contemporaines :
discriminations, pauvreté extrême,
dépendances économiques, racisme
ordinaire. L’esclavage moderne n’a pas
sa place dans une société qui se veut
libre et fraternelle.
➐
22 mai, point de départ pour
faire de notre unité une
richesse active et bâtir ensemble
une Martinique fraternelle
Une unité qui dépasse les divisions sociales,
politiques ou culturelles, pour bâtir un
avenir commun où l’amour du pays se vit
dans la solidarité, le service, la vérité et
la paix
Nous appelons toutes les forces vives
— publiques, privées, associatives,
religieuses — à construire dans une
même dynamique de responsabilité
partagée, une Martinique plus
solidaire, inclusive et fraternelle. Notre
unité est notre force.
Conclusion
En ce jour sacré, l’Église ne s’adresse pas
uniquement aux croyants, mais à chaque
conscience humaine.
Que le 22 mai ne soit pas une simple date,
mais une force, une parole, un appel, une
promesse.
Mémoire, Dignité
et Espérance
du 11 mai 2025 – n° 701
pour tous.
DOSSIER PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI
Page 13
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 13
Les retraites
aux flambeaux
du 22 mai
Y
a-t-il une origine historique
spécifique aux retraites aux
flambeaux dans le contexte de
la commémoration de l'abolition de
l'esclavage en Martinique ?
Oui, la retraite aux flambeaux a
bien une origine historique. Après
l’abolition de l’esclavage, les
hommes politiques, pour célébrer
leur victoire électorale, invitaient
souvent leurs partisans à une retraite
aux flambeaux. En effet, il s’agissait
pour ces organisations politiques
et aussi syndicales de faire le lien
entre leurs actions et les révoltes
d’esclaves. À la Martinique, par le
passé, la marche aux flambeaux a été
utilisée pour accompagner les nuits de
manifestations et de revendications.
Ces marches ont été organisées pour
la reconnaissance de la date du 22
mai 1848 comme fait historique
martiniquais, un jour chômé et payé.
Quel symbolisme particulier se
cache derrière l'utilisation des
flambeaux lors de ces marches
commémoratives ?
Par la symbolique du flambeau
s’affirment la détermination et la force
d’un groupe uni qui va marcher vers un
lieu pour exprimer sa revendication. À
l’époque de l’esclavage, ce groupe se
dirigeait vers la maison du propriétaire
de l’habitation. On peut citer, par
exemple, l’événement du 22 mai 1848,
lorsqu’à l’approche de l’abolition
officielle de l’esclavage le 23 mai, les
esclaves révoltés, munis probablement
de leurs flambeaux, incendièrent des
maisons dans la ville. Les insurgés
avaient besoin de flambeaux pour
éclairer leur route dans la nuit. Pour
des personnes en colère, disposer
d’un moyen permettant de mettre le
feu aux habitations s’avérait à cette
époque être une arme redoutable.
Avant l’abolition de l’esclavage, lors
des nuits de révolte, chaque esclave
devait tenir à la main son flambeau
et marcher.
L’histoire de la Martinique ne s’est
pas arrêtée le 22 mai 1848. Une
continuité dans la discontinuité
s’est opérée dans notre société,
avec de grands bouleversements
économiques, sociaux, politiques
et même migratoires. Après avoir
revendiqué et obtenu officiellement
la citoyenneté française en 1848, un
long chemin pour la reconnaissance,
fait de revendications, a commencé.
On peut dire que les revendications de
la société martiniquaise d’aujourd’hui
sont différentes de celles des esclaves.
Toutefois, la symbolique de la
marche aux flambeaux inscrit les
marcheurs dans une tradition de lutte
qui légitime leur action en l’inscrivant
dans l’histoire.
Quel est l'objectif principal des
retraites aux flambeaux lors de la
commémoration du 22 mai ? Quel
message cherche-t-on à transmettre ?
Il existe deux formes de retraites
aux flambeaux à cette période en
Martinique. D’un côté, celles des
organisations panafricanistes, sur
la thématique de la réparation,
comme le fait le MIR
1
chaque année
dans son convoi pour la réparation.
D’un autre côté, celles organisées
par l’Église catholique, notamment
dans la paroisse de Rivière-Salée
depuis plusieurs années, ainsi qu’à la
cathédrale avec le père Jean-Michel
Monconthour.
L’objectif des retraites aux flambeaux
pour commémorer le 22 mai en Église
est de célébrer la liberté conquise par
les esclaves, qui doit être conservée
à la lumière de l’Évangile. Il s’agit
également de montrer la force et la
détermination d’une Église locale
en marche vers le Royaume. C’est
une communauté rassemblée par la
foi en Jésus-Christ, qui regarde en
vérité son histoire et puise dans la
résurrection de son Sauveur la force
de lutter aujourd’hui pour la justice,
la liberté et la réconciliation.
Le message transmis par les
commémorations du 22 mai en Église
est qu’une communauté rassemblée
autour de la Parole de Dieu et unie
par cette même Parole est toujours
plus forte. C’est à cette condition
qu’elle pourra mieux accompagner
la société à se construire de manière
pacifique et juste.
Perçoit-on une dimension culturelle
et communautaire forte dans ces
retraites aux flambeaux ?
Le flambeau, ou sèbi
2
en créole,
accompagnait les activités nocturnes
de générations de Martiniquais.
Il servait également de moyen
d’éclairage pour les révoltés contre
le système, lors de leurs marches et
actions. Aujourd’hui, la retraite aux
flambeaux est vécue par les chrétiens
autrement que sous la forme du travail.
Même s’il existe chez le chrétien une
indignation devant les injustices du
monde, la violence n’a pas sa place
dans ces retraites aux flambeaux.
Elles prennent en compte un élément
historique et culturel martiniquais,
utilisé pour s’éclairer dans une
dynamique de rassemblement, à la
lumière des flammes des sèbi. Le
flambeau produit une flamme qui
rassemble et éclaire dans la nuit.
Comment favorisent-elles le lien
social et la transmission des valeurs ?
Créer du lien social à partir des
questions mémorielles demeure
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70114
DOSSIER PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI
1
Mouvement internationale pour les réparations.
2
Nom donné au flambeau qui servait à éclairer
le jeu de lancer de dés qui se déroulait la nuit.
difficile en Martinique. Le 22 mai,
bien qu’il concerne officiellement
toute la société martiniquaise, n’a
jamais fait l’unanimité dans toutes
les composantes de la population, qui,
depuis 1848, a beaucoup évolué. En
Martinique, il existe des divisions et
des réticences sur la date qui pourrait
faire consensus. Mais, de son côté, la
marche aux flambeaux peut favoriser
le lien social dans notre pays.
Si, dans une large concertation,
les revendications pour lesquelles
la population serait prête à
marcher parviennent à articuler un
dépassement de l’histoire douloureuse
de l’esclavage et un devoir de vérité
sur ses conséquences aujourd’hui,
alors le lien social pourra se renforcer.
Il faudrait arrêter de marcher dans
la division ou contre une partie
de nous-mêmes. Le lien social est
possible si toutes les composantes
de la société martiniquaise, dans un
projet commun, acceptent de marcher
ensemble lorsqu’il faut faire face
à l’adversité qui met en jeu le bien
commun.
En cette année 2025, les retraites aux
flambeaux conservent-elles toute
leur actualité et leur importance ?
Pour quelles raisons ?
En cette année 2025, les retraites
aux flambeaux conservent toute
leur actualité, dans la mesure où la
société martiniquaise n’est pas encore
guérie des blessures de son histoire de
l’esclavage. Trouver des occasions
en Martinique de se rassembler, de
marcher et de communier ensemble
autour de justes causes s’avère
indispensable pour mieux se connaître
et sortir de la méfiance et du soupçon
collectif. Mais cette démarche n’est
malheureusement pas partagée
par tous. Il y a ceux dont l’intérêt
politique est d’entretenir la blessure
historique de l’esclavage, toujours
ouverte. Impuissants à proposer
aux Martiniquais des solutions
concrètes à leurs problèmes sociaux
et économiques, ils s’efforcent de
ne voir les solutions de la société
martiniquaise qu’uniquement sous
le prisme racial. D’où l’importance
de la symbolique des flambeaux, qui
réunissent leur flamme pour produire
plus de lumière, afin de ne pas s’égarer
sur les causes et les solutions.
Diriez-vous que ces retraites
aux flambeaux sont des actes
forts de mémoire, de partage
intergénérationnel et d’affirmation
identitaire pour le peuple
martiniquais ?
Les retraites aux flambeaux sont
effectivement des actes de mémoire
forts, qui relient les démarches de
revendication sociale, politique et
culturelle d’aujourd’hui à celles du
passé. Si le contenu du message
actuel est différent, la méthode est une
manière de convoquer le passé dans
le présent. Les générations d’hier
avaient une pratique habituelle du
flambeau ou sèbi pour leurs besoins
quotidiens : il fallait s’éclairer sur la
route la nuit, ou encore il s’avérait
utile pour les travaux ou distractions
nocturnes. Dans un pays où
l’électricité est aujourd’hui accessible
à tous, les militants politiques et
culturels ont redonné au flambeau sa
place de symbole, porteur de lumière
pour éclairer les choix d’un peuple à
travers l’histoire.
Dans une perspective de transmission
transgénérationnelle, cette vision
de la traversée de l’histoire d’une
communauté de destin, la thématique
du flambeau qui éclaire rejoint la
nouvelle génération. Dans un passage
de témoin dont l’objet à transmettre
est la flamme du flambeau, la jeune
génération devra, dans son identité,
assumer l’héritage historique, culturel
et symbolique du flambeau cher aux
yeux de la génération précédente,
qui lui a donné un sens nouveau. Il
s’agit d’un élément du patrimoine
martiniquais, qui s’inscrit dans
une pratique traditionnelle et qui,
légitimement, peut s’inscrire parmi les
éléments de l’identité martiniquaise.
Sur le plan pastoral, le flambeau ou
sèbi est un symbole de la lumière qui
accompagne un peuple en marche.
Celui-ci avance sur les chemins du
monde à la lumière de sa conscience,
pour bien guider ses choix dans
l’histoire. C’est une idée qui rejoint le
message chrétien, qui, dans sa vision
du Christ, peut voir en lui le Flambeau
des flambeaux, qui éclaire par la foi
celui qui croit en lui. Jésus le Christ
est le Flambeau qu’aucune rafale de
vent, qu’aucun manque de pétrole,
qu’aucune pluie ne peut éteindre. Il
est le Flambeau dont aucun mal ne
peut éteindre la flamme dans le cœur
de ceux qui l’ont reçu. En matière
d’identité, les chrétiens martiniquais
peuvent dire que Jésus-Christ est
notre seul Flambeau, lui dont la
flamme brûle toujours sans jamais
se consumer. C’est lui qui éclaire nos
vies, et nous voulons le faire connaître.
Père Benjamin François-Haugrin
Curé de la communauté de paroisses de
Bellevue et de Schoelcher (5 mai 2025)
■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 15
Commémorer autrement
La commémoration de l’abolition de
l’esclavage est une étape importante
de notre mémoire collective. Mais en
Martinique, marquée par une histoire
coloniale toujours vive, cette mémoire
ne peut être réduite à une date ou à un
geste symbolique. Elle appelle un travail
intérieur, une démarche spirituelle, un
chemin à vivre.
C’est dans cette perspective que s’inscrit
la proposition de faire mémoire à
travers la dynamique spirituelle de la
traversée de la mer Rouge. Un Exode
à vivre aujourd’hui, non seulement en
tant que descendants d’esclaves ou
de colons, mais comme un peuple en
devenir, appelé à marcher ensemble
vers la liberté.
L’Exode : une parole vivante
La sortie d’Égypte n’est pas seulement
un événement ancien : elle est une
matrice spirituelle, un archétype de
libération pour tout peuple blessé.
L’Exode est un passage, un moment
fondateur où Dieu ouvre un chemin
là où il n’y en avait pas. Ce n’est pas le
peuple qui se libère lui-même : c’est
Dieu qui libère.
Aujourd’hui encore, ce mouvement
est actuel. Il nous faut sortir de ce qui
enferme : les blessures, les silences,
les méfiances, les identités figées, pour
entrer dans l’alliance, c’est-à-dire dans
une relation renouvelée, avec Dieu et
avec les autres.
De l’effort à la grâce
Un échange avec une amie m’a aidée à
préciser ce que nous cherchons à vivre.
Elle parlait d’un "effort à sublimer".
Cette expression m’a interrogée. Car si
l’idée de transformation est belle, elle
risque de faire peser sur les épaules
humaines la responsabilité de l’accès
à Dieu, comme si l’on devait "faire un
effort spirituel" pour mériter la grâce.
Or, on ne va pas à Dieu par l’effort, mais
par l’écoute, par l’abandon, par la foi.
L’Exode n’est pas une performance
humaine. C’est une initiative divine,
une grâce reçue, une fidélité à accueillir.
Si l’effort devient une fin en soi, il peut
conduire à une forme d’idolâtrie, où
la volonté humaine prend la place de
Dieu.
Ce que nous sommes appelés à faire,
c’est marcher quand Dieu ouvre le
passage, même si c’est difficile, même
si l’issue semble encore lointaine.
Faire peuple ensemble
La finalité de la traversée, ce n’est pas
seulement de sortir d’Égypte, c’est la
naissance d’un peuple. Faire mémoire
de l’esclavage aujourd’hui, ce n’est pas
seulement regarder en arrière, c’est
accepter de marcher ensemble, dans
une fidélité à l’histoire et dans une
espérance commune.
Descendants d’esclaves, de colons, et
tous ceux qui, au-delà des origines,
portent la douleur ou la responsabilité
de cette histoire : faire peuple ensemble,
c’est accueillir l’autre, porteur d’une
mémoire différente, comme frère.
C’est ce que Dieu attend de nous : que
notre mémoire ne divise plus, mais
qu’elle unisse.
Conclusion : Marcher ensemble,
dans la confiance.
Nous ne sommes pas les artisans de
notre propre libération. Mais nous
sommes appelés à marcher, à faire
confiance, à ne pas avoir peur. Comme
Dieu le dit à Moïse au bord de la mer :
"Pourquoi cries-tu vers moi ? Ordonne
aux enfants d’Israël de se mettre en
marche." (Ex 14,15)
Léandre Beauroy ■
➊ Cérémonie religieuse
• Messe célébrée dans
certaines paroisses du
diocèse
➊ CHEMINS DE MÉMOIRE :
Retraites aux flambeaux suivies de
Messes pour la guérison du peuple
3 itinéraires :
• NORD : Paroisse de Bellefontaine
• CENTRE : Paroisse Église de Bellevue
• SUD : Paroisse Rivière-Salée
Traverser la mer Rouge : une mémoire à libérer, un peuple à faire naître
> Programme de l’Eglise catholique de Martinique
➊
3 itinéraires :
• NORD : Paroisse de Bellefontaine
• CENTRE : Paroisse Église de Bellevue
mercredi
21 mai
2025
➊
• Messe célébrée dans
jeudi
22 mai
2025
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70116
DOSSIER PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI
Que l’on écrive 22 mai ou 22 mé, cette date, profondément ancrée dans le cœur des
Martiniquais, revêt une signification symbolique puissante, celle de la liberté acquise et
des chaînes de l'oppression brisées pour les uns, celle d’une nuit d’incendies marquée par
la perte de plus de trente femmes et enfants brûlés vifs dans un terrible incendie, pour les
autres. Pour autant, faut-il deux récits des événements qui se sont déroulés en Martinique
et notamment à Saint-Pierre ?
I
l est vrai que toute contribution qui
explore la richesse historique, sociale et
spirituelle de cet événement marquant
de notre île sera un pas important. Est-ce à
dire que chacun commémorera suivant le
lieu où se trouvaient ses ancêtres, ce jour
glorieux ou ce triste anniversaire ? Et si au
contraire, nous faisions un récit commun,
sera-t-il entendu ? Mais sommes-nous
prêts à faire mémoire ensemble ?
Après un rapide compte rendu des
faits qui se sont déroulés en 1848, nous
montrerons le rôle joué par l’Église
catholique immédiatement après les faits ?
Nous pourrons ensuite nous interroger
sur la portée de la commémoration et
sa résonnance actuelle au sein de notre
communauté diocésaine ?
Nous avons les échos des uns et des autres
à travers la polémique entre Schoelcher et
Pécoul. Ce dernier déplore que les victimes
soient vite oubliées. Comment rendre
hommage à ces trente personnes dont nous
connaissons les noms et qui ont péri dans
l’incendie du 22 mai ?
La stèle, œuvre de François Charles-
Edouard, posée en 2006 au Prêcheur est
un lieu de mémoire en ce sens qu’elle
rappelle que le rebelle Romain a été
injustement emprisonné puis libéré. Mais
nous avons d’autres rebelles anonymes
qui se sont manifestés dans les communes
de la Martinique. Perrinon le note dans ses
rapports au ministre de juin à août 1848.
Pendant longtemps, les événements du 22 mai ont été ignorés des historiens. Pourtant,
ils sont largement explicités dans les rapports de Claude Rostoland, gouverneur par
intérim à l’époque des faits : À Saint-Pierre, la vue de l’incendie du Prêcheur avait réveillé
l’exaspération un moment suspendue par la délivrance du nègre Romain. Des groupes
s’étaient aussitôt formés avec une résolution marquée de se livrer aux plus graves désordres.
L’un de ces groupes se porta devant une grande maison, ou plutôt un hôtel, situé dans la
rue d’Orléans, à l’une des extrémités nord de la ville où il supposait qu’il existait un dépôt
d’armes. On commença bientôt à briser les fenêtres et les portes de cette maison qui ne
tarda pas à être envahie. Après une complète dévastation du rez-de-chaussée, au moment
où les assaillants menaçaient de monter au premier étage, le citoyen Desabaye fit feu sur eux
du haut de l’escalier, croyant sans doute par cette résolution désespérée pouvoir réprimer
le désordre et sauver sa famille. Fatale erreur ! Le coup de fusil qui tua un des hommes du
groupe fut le signal de sa perte, de celle de sa famille et devint l’une des causes des malheurs
qui suivirent. Une lutte acharnée s’établit entre les assaillants et les habitants de la maison.
L’escalier fut coupé, l’incendie allumé. Toutes les personnes locataires de la maison ou qui
s’y étaient réfugiées devinrent la proie des flammes… En tout trente personnes.
Que s’est-il passé en 1848 ?
Le débat sur les faits
Sommes-nous prêts
à faire mémoire ensemble ?
Sommes-nous prêts
à faire mémoire ensemble ?
Sommes-nous prêts
22 Mai
Zespwa - 1998
Page 17
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 17
MARTINIQUE 40 €
GUADELOUPE 44 €
GUYANE 44 €
FRANCE et étranger 50 €
Eglise
en MARTINIQUE
N° 686
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
6 OCTOBRE 2024
LLes orientations pastorales
lise
MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 686
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00
€€
6 OCTOBRE 2024
E
g
lise
en MARTINIQUE
N°
687
REVUE DIOCÉSAINE
BIMENSUELLE – 2,00 €
20 OCTOBRE 2024
Hommage au père Filopon
Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ?
La
M M
ission
Dossier : La mission de l’Église aujourd’hui
Règlement à l’ordre de :
ADCOM
Nous retourner ce bon,
accompagné de votre règlement à :
Eglise en Martinique
Boîte Postale 586
97207 FORT de France CEDEX
Eglise
en MARTINIQUE
Nom : .........................................................................................................................................................................................................................
Prénom : .............................................................................................................................................................................................................
Adresse : ............................................................................................................................................................................................................
Mail : ............................................................................................................................................................................................................................
Tél. : ............................................................................................................................................................................................................................
Code Postal : ...........................................................................................................................................................................................
Ville : .............................................................................................................................................................................................................................
Oui,
je m’abonne !
Mais les débats portent non pas sur la devise de la République, ni la liberté,
ni l’égalité, et encore moins la fraternité, mais sur la tranquillité, le maintien
de l’ordre et surtout le travail. Il s’agit plus de passer du travail servile au travail
libre / du mode de production basé sur l’esclavage à un mode de production
basé sur de bas salaires. La doctrine sociale de l’Église a dès lors toute sa
place dans le débat.
Cette œuvre de Gaston Richol, érigée à Sainte-Anne, contient-elle les germes
de l’espoir pour les Martiniquais ?
Aujourd'hui, la commémoration du 22 mai est
un moment de réflexion profonde pour les
Martiniquais. Cette date symbolise la liberté
acquise, mais elle est aussi une occasion de
se souvenir des souffrances et des sacrifices
que cette quête de liberté a entraînés. La
résonance actuelle de cette commémoration
au sein de la communauté diocésaine montre
la nécessité de garder vivante cette mémoire,
d'honorer les ancêtres et de transmettre aux
générations futures les leçons de cette histoire.
Marc-Annick François-Haugrin, historienne ■
L'Église catholique a joué un rôle pivot dans cette période de transformation,
en agissant comme un acteur social et spirituel au cœur des événements.
Dans le journal officiel de la Martinique du 24 mai 1848, « le maire de Fort-de-
France informe les habitants de la ville, qu’à l’occasion de l’affranchissement
général des esclaves de la Martinique, il sera célébré demain jeudi, 25 mai, à
neuf heures du matin, dans l’église paroissiale de Fort-de-France, une messe
solennelle avec Te Deum. »
Les journaux publiés immédiatement après l'abolition de l'esclavage montrent
comment l'Église a tenté de guider la communauté dans cette nouvelle réalité,
en prônant des valeurs de paix, de réconciliation et de solidarité. Elle a
également cherché à apporter un soutien moral et matériel aux nouveaux
affranchis, aidant ainsi à la reconstruction de la société martiniquaise.
Le rôle de l'Église catholique
La portée de la commémoration
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70118
?
Question
AN TJÈ
LÉGLIZ-LA
Pentecôte 2025
‘‘
À la suite du Congrès Mission et du séminaire d’entrée en Carême, le diocèse nous
invite à une journée de joie et de communion, le dimanche 8 juin, sur le stade Pierre-
Aliker. Le père Gilles Aïzo, vicaire épiscopal, nous en dit plus.
➊
Avons-nous eu un retour sur
le Congrès Mission ainsi que
sur le séminaire d’entrée en
Carême ?
De nombreux chrétiens se sont
engagés à la suite du Congrès
Mission. Ils ont pu découvrir la
richesse de notre diocèse, notamment
au village. Le séminaire d’entrée
en Carême fut une première. Les
chrétiens ont été marqués par cette
unité. Le peuple de Dieu a ressenti
un diocèse uni autour d’une même
mission, autour de la Parole de Dieu.
Tout cela a été concrétisé par la
messe d’action de grâce que j’ai eu
l’honneur de célébrer le mercredi 30
avril pour les bénévoles. Ils étaient
tous présents. Cela signifie qu’ils ont
été touchés intérieurement.
➋ Quel est le but de cette fête
de la Pentecôte ? Qui y est
attendu ? Quel est le message
que vous souhaitez faire
passer ?
Tous les baptisés, et même ceux
qui ne le sont pas, sont attendus :
ceux qui sont à la recherche de
Dieu, ceux qui ne sont pas encore
chrétiens et qui souhaitent faire
une expérience de l’Esprit Saint.
Nombreux sont ceux qui mettent
l’accent sur la confirmation. Mais
le message principal est : le diocèse
envoie en mission. Vingt-trois mille
personnes remplies de l’Esprit Saint
sont envoyées pour transformer
notre île, pour parler de l’amour de
Jésus. Y sont évidemment inclus les
futurs confirmés. Monseigneur va
nous exhorter, nous encourager, afin
que nous puissions partir annoncer
Jésus à l’humanité. Nous sommes
invités à enlever les cendres qui
couvrent la braise de l’Esprit Saint
et à lui permettre de souffler sur la
Martinique.
❸ Qu’est-ce qui fera que ces
personnes s’engageront ce 8
juin ?
L’Esprit agit quand il veut et comme
il veut. L’objectif est de semer. Il
ne faut pas oublier la dimension
missionnaire liée à notre foi. Si
cette foi n’est pas proclamée, n’est
pas partagée, il manque quelque
chose. C’est le moment d’oublier
les velléités, les peurs. Il ne faut
pas résister et il faut s’engager pour
le Seigneur. La mission n’est pas
nécessairement de passer dans les
rues pour parler de Jésus. Chacun
va agir selon son charisme. Chacun
doit faire briller son charisme pour
notre Église.
❹ Comment une telle
manifestation se prépare-t-
elle ?
Les inscriptions se font en ligne, car il
est nécessaire de connaître le nombre
de personnes susceptibles d’être
présentes sur le stade. Des affiches
sont disponibles dans les paroisses,
sur lesquelles on peut flasher le QR
code. Nous demandons à ceux qui
le peuvent d’aider les personnes
qui rencontrent des difficultés pour
s’inscrire. Des permanences pourront
être tenues dans les paroisses.
❺ Avez-vous fait appel aux
différents mouvements ?
Oui, tout à fait. Nous avons mobilisé
la pastorale des groupes spirituels
afin de commencer à prier pour
la manifestation. La pastorale des
artistes nous proposera un concert. La
pastorale de la liturgie est également
mobilisée pour l’organisation de la
confirmation. Il est à noter qu’une
neuvaine préparatoire se tiendra dans
toutes les paroisses. Une intention sera
proposée pour la prière universelle
des messes dominicales. Il revient
aux curés d’expliquer l’événement
aux confirmands.
C’est un événement diocésain et, si
tout le monde joue sa partition, nous
arriverons à faire quelque chose de
merveilleux pour la Martinique.
❻ Pourquoi une confirmation sur
le stade ?
Notre archevêque a été consacré
au stade il y a dix ans. Le lieu
n’empêche pas l’Esprit Saint d’agir.
Tout s’inscrit dans une progression :
du Congrès Mission au séminaire
d’entrée en Carême et maintenant,
la Pentecôte. Lorsque le Pape se
déplace, de grandes manifestations
se tiennent dans les stades. Cela nous
oblige à quitter nos zones de confort.
Ouvrons-nous à l’Esprit Saint et il
fera son œuvre.
❼ La Martinique deviendra-t-elle
terre de mission après ces trois
manifestations ?
C’est le Seigneur qui agit. Le plus
important est de semer. Et Dieu fera
son œuvre.
Propos recueillis
par Nicole Chésimar
■
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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 19
Agenda de l’Archevêque
Du 9 au 17 mai :
• Assemblée générale de la Conférence des
évêques de la Caraïbe à la Jamaïque
Du 18 au 24 mai :
• Session de théologie fondamentale à l’Institut
Gaston Jean-Michel
Dimanche 18 mai :
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale
Saint-Louis
Mercredi 21 mai :
• Rencontre avec les confirmands des paroisses
de Morne-des-Esses, Sainte-Marie et Vert-Pré
Jeudi 22 mai :
• 9h : Messe « Ensemble, célébrons dans la joie de notre
liberté ! » à la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France
Vendredi 23 mai :
• Messe et rencontre avec le personnel et les malades à la
MFME
Dimanche 25 mai :
• Messes au centre pénitentiaire de Ducos
• 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-
Louis
• 19h : Messe avec la Mission Étudiante Catholique à
l’église du bourg de Schoelcher
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