701 - Je suis le Bon Pasteur

À la suite du Christ Bon Pasteur, et dans la communion avec le successeur de Pierre, que chacun de nous accepte de répondre à l’Appel
de Dieu. Prions pour les vocations et pour notre nouveau pape !

SOMMAIRE

  • ÉDITORIAL
  • MOT DE L’ÉVÊQUE - "« Et dire qu’ils donnent le Christ… » Homélie de la messe Chrismale 2025"
  • ÉGLISE UNIVERSELLE - Message du Pape François pour la 62ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations
  • LITURGIE
  • VIE DU DIOCÈSE
    • Conclave et élection du Pape début du conclave mercredi 7 mai Détails et enjeux du conclave
    • Cheminer vers la confi rmation : les jeunes du cheminement Nord Atlantique franchissent la Porte Sainte
    • Visite pastorale de Monseigneur Macaire du 10 au 13 avril au District Nord-Atlantique
    • Être chrétien, c’est donner Jésus
  •  DOSSIER "PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI" 
  • AN TJÈ LÉGLIZ-LA"Pentecôte 2025"

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Eglise en MARTINIQUE Je suis le Bon PPasteur N° 701 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 € 11 MAI 2025 Hommage au père Filopon Élection du pape : début du conclave mercredi 7 mai Dossier de la Pastorale sociétale : 22 mai

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3 Sommaire E connaît ses brebis et donne sa vie pour elles. Alors que l’Église prie pour les vocations, une joie immense et une grande espérance parcourent le peuple de Dieu : un nouveau pape ! Depuis l’annonce de la mort du Pape François jusqu’à l’élection de son successeur, les projecteurs sont orientés vers l’Eglise où se déroulent les funérailles du Pape François, les congrégations des cardinaux et le conclave. Le monde observe, l’Eglise espère. Un nouveau pape, mais une mission immuable : paître le troupeau du Seigneur à la manière du Christ, le Bon Pasteur. Les attentes sont nombreuses : poursuivre l’œuvre d’ouverture, de dialogue, de proximité avec les pauvres, les jeunes, les périphéries ; mais aussi affermir la foi, clarifier les repères, affronter les tempêtes avec courage et douceur. Être pasteur aujourd’hui, c’est marcher avec un peuple blessé, assoiffé d’espérance et de repères, parfois tenté par le découragement ou l’indifférence. Mais c’est surtout croire, contre toute apparence, que le Christ ressuscité continue de parler à son Église. En Martinique comme ailleurs, nous prions pour que notre nouveau pape soit vraiment un pasteur selon le cœur de Dieu. Que son ministère encourage tous les chrétiens à être des disciples missionnaires à la suite du Christ. Notre diocèse célèbre cette année les dix ans d’épiscopat de Mgr David Macaire, qui a donné au diocèse un élan missionnaire nouveau et manifeste une attention constante aux jeunes et aux vocations. Il a ordonné des prêtres pour le service de Dieu et de son Peuple en Martinique. « La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux ». Continuons de prier le maître de la moisson afin que l’appel retentisse chez les jeunes, comme un feu discret, mais puissant : « Suis moi ». Que les jeunes aient le courage de répondre, confiants non en leurs mérites, mais en la grâce de Celui qui appelle : le Bon Pasteur. Autour de cet anniversaire épiscopal, tout le diocèse se prépare à célébrer à la Pentecôte un temps fort marqué surtout par l’envoi en mission de tout le diocèse et la Confirmation de plus de 1600 jeunes. En vue de cette célébration, les jeunes du cheminement vers la Confirmation du district Nord Atlantique ont franchi la Porte Sainte dans une démarche émouvante de conversion et de fraternité. À travers la prière, la marche, la louange, ils ont exprimé leur désir d’être eux aussi des témoins du Christ vivant, des disciples missionnaires dans le monde et des « pèlerins de l’espérance », selon les mots du pape François dans son dernier message pour cette Journée mondiale de prière pour les vocations. Enfin, cette parution présente le dossier de la Pastorale sociétale, en lien avec la commémoration du 22 mai, date hautement symbolique pour notre peuple. L’Église de Martinique y affirme son engagement pour une mémoire partagée, une réconciliation profonde et un avenir fraternel. Elle rappelle que l’Évangile n’est pas un message de fuite, mais un appel à transformer le monde par la justice, la vérité et la paix. À la suite du Christ Bon Pasteur, et dans la communion avec le successeur de Pierre, que chacun de nous accepte de répondre à l’Appel de Dieu. Prions pour les vocations et pour notre nouveau pape ! Père Crépin Hounza ■ Le Nouveau Pape Pasteur à l’image du Christ, Bon Pasteur EDITORIAL 33MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •  Pentecôte 2025 •   Conclave et élection du Pape début du conclave mercredi 7 mai Détails et enjeux du conclave •   Cheminer vers la confi rmation :  les jeunes du cheminement Nord Atlantique  franchissent la Porte Sainte •   Visite pastorale de Monseigneur Macaire du 10 au 13 avril au District Nord-Atlantique •  Être chrétien, c’est donner Jésus •   La Martinique unie ? •   Les retraites aux fl ambeaux du 22 mai •   22 Mai, Sommes-nous prêts à faire  mémoire ensemble ? •   « Et dire qu’ils donnent le Christ… » Homélie de la messe Chrismale 2025 •   Message du Pape François pour la 62 ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations 3333 ème •   Message du Pape François pour la 62 ème EGLISE UNIVERSELLE 6 7 9 10 11 13 16 AN TJÈ LÉGLIZ-LA 18 Dossier :  PASTORALE SOCIÉTALE  22 MAI 4 5 EDITORIAL 2 AGENDA DE L'EVEQUE 19 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTEUR EN CHEF : père Crépin HOUNZA MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort-de-France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort-de-France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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U ne paroissienne, scandalisée par un ancien prêtre, m’a envoyé ce texto indigné : « Et dire qu’il nous a donné le Christ ! » Voilà une belle définition du prêtre : « Celui qui donne le Christ ». L’évêque aussi donne le Christ, mais, comme successeur des apôtres, il confirme ses frères dans le Christ. Le diacre, lui, ne peut donner le Christ, mais il Le sert dans les pauvres et la mission. Donner le Christ, c’est faire l’œuvre du Père qui « a donné son Fils » (Jn 3,16). Le Père miséricordieux est attiré par la misère de ses fils, non pour les punir, les surveiller ni sévir, mais pour faire miséricorde. Et dire que certains ont peur de se confesser ! Nous avons donné notre vie pour que, en donnant le Christ comme le Père l’a fait, la misère des hommes devienne un passage vers le Salut. Donner le Christ, c’est faire l’œuvre de l’Esprit Saint, qui a conçu le Christ dans le sein de Marie. Par le don de l’Esprit, de la Parole et grâce au savoir-faire communautaire, le prêtre engendre des âmes en qui le Christ vit (Gal 2,20). Être pasteur, c’est permettre au troupeau de se laisser guider par l’Esprit. Donner le Christ, c’est bien sûr faire l’œuvre du Fils lui-même, qui « s’est livré lui-même » (Ga 1,4 ; Tt 2,14). Le prêtre est ainsi à la fois celui qui s’offre et celui qui offre. Donner le Christ, c’est risquer sa peau, aller jusqu’à expérimenter ses faiblesses, jusqu’à mettre en danger sa vie, sa réputation, son âme, son équilibre, pour le salut des hommes. Donner le Christ, qui « est né d’une femme » (Ga 4,4), c’est imiter Marie. Avec elle, tout baptisé met au monde la Parole de Dieu. Le prêtre, lui, selon la prédiction de Siméon, sait que son âme sera aussi transpercée. Voilà une belle homélie, n’est-ce pas, frères et sœurs ?! Mais il y a une autre chose de prophétique dans le texto de cette dame : c’est sa déception… A priori, c’est une mauvaise chose de décevoir les autres. Pourtant, il y a un signe de la grâce et de l’Esprit dans la capacité à affronter la déception de sa propre faiblesse. Vu la grandeur surnaturelle et sublime du sacerdoce, de nombreux jeunes hommes ont peur de devenir prêtres. Ce n’est pas le célibat qui éloigne la plupart des candidats, mais la crainte de ne pas être à la hauteur, de décevoir Dieu, l’Église, soi-même ou sa famille. Tout prêtre est donc quelqu’un qui a su vaincre un certain orgueil et prendre le risque de décevoir. « Il importe peu qu’on dise que nous sommes des vases d’argile », rappelait le cardinal Aveline au clergé de Marseille, « puisqu’après tout, ce qui compte, c’est le trésor que nous portons » (2 Co 4,7). Décevoir, c’est faire l’expérience de la contrition : prendre conscience qu’on valait mieux que cela. Comme le disait, désespéré, Anakin Skywalker dans Star Wars : “Je ne suis pas le Jedi que je devais être.” Nous aussi, nous pouvons dire : “Je ne suis pas le prêtre (ou l’évêque) que je devais être” ; “Nous ne sommes pas le peuple que nous aurions dû être.” Comment pourrait-il en être autrement ? C’est la preuve d’une authentique humilité et d’une grande espérance : accepter de n’être ni une vedette, ni une star, ni un modèle en toutes choses. Il ne s’agit pas de se donner soi-même, ni en spectacle ni en exemple, mais de manifester, dans nos faiblesses, la grandeur de Celui qui prend des bras cassés pour construire son Royaume. Alors, confiance, chers frères ! N’ayez pas peur de décevoir l’évêque. Oui, c’est vrai, en dix ans, j’ai parfois été très déçu, même blessé, par certains. Mais je l’ai été aussi de moi-même ! Tenez, voici le témoignage d’une grâce reçue jadis à la suite d’une déception. Un soir, alors que j’étais prieur dominicain, j’ai vécu une conversion : en plein office, j’ai reçu une lumière intérieure. Je voyais les faiblesses, les incapacités, les limites et les mauvaises manières de chacun de mes frères. Mais cela ne m’affligeait plus. J’étais dans l’admiration et m’exclamais : “Et dire que ces hommes donnent le Christ !” Chers pères, « ET DIRE QUE nous avons été choisis pour donner le Christ ! » Amen. + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ « Et dire qu’ils donnent le Christ… » Homélie de la messe Chrismale 2025 • Cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France MOT DE L’ÉVÊQUE au clergé de Marseille, « puisqu’après tout, ce qui compte, c’est le trésor que Décevoir, c’est faire l’expérience de la contrition : prendre conscience qu’on valait mieux que cela. Comme le disait, désespéré, Anakin Skywalker dans Star Wars : “Je ne suis pas le Jedi que je devais être.” Nous aussi, nous pouvons dire : “Je ne suis pas le prêtre (ou l’évêque) que je devais être” ; “Nous ne sommes pas le peuple que nous aurions dû être.” Comment pourrait-il en être autrement ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 3

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 7014 EGLISE UNIVERSELLE C hers frères et sœurs ! En cette 62 ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, je souhaite vous adresser une invitation joyeuse et encourageante à être des pèlerins de l’espérance, en donnant généreusement votre vie. La vocation est un don précieux que Dieu sème dans les cœurs, un appel à sortir de soi-même pour s’engager sur un chemin d’amour et de service. Et toute vocation dans l’Église – qu’elle soit laïque, au ministère ordonné ou à la vie consacrée – est un signe de l’espérance que Dieu a pour le monde et pour chacun de ses enfants. […] C’est pourquoi, membres adultes de l’Église, et en particulier les pasteurs, nous sommes invités à accueillir, à discerner et à accompagner le cheminement vocationnel des nouvelles générations. Et vous, les jeunes, vous êtes appelés à en être les protagonistes, ou plutôt des co-protagonistes avec l’Esprit Saint qui suscite en vous le désir de faire de la vie un don d’amour. Accueillir son chemin vocationnel Chers jeunes, « votre vie n’est pas un “entre-temps”. Vous êtes l’heure de Dieu » (Exhort. ap. Post-Syn. Christus Vivit, n. 178). Il est nécessaire de prendre conscience que le don de la vie demande une réponse généreuse et fidèle. Regardez les jeunes saints et bienheureux qui ont répondu avec joie à l’appel du Seigneur […] Toute vocation perçue au plus profond du cœur fait germer la réponse comme un élan intérieur vers l’amour et le service, comme une source d’espérance et de charité et non comme une recherche d’affirmation de soi. Vocation et espérance s’entremêlent donc dans le projet divin pour la joie de tout homme et de toute femme, tous appelés à offrir personnellement leur vie pour les autres (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 268). Nombreux sont les jeunes qui cherchent à connaître le chemin que Dieu les appelle à parcourir : certains reconnaissent – souvent avec étonnement – la vocation au sacerdoce ou à la vie consacrée ; d’autres découvrent la beauté de l’appel au mariage et à la vie familiale ainsi qu’à l’engagement pour le bien commun et au témoignage de la foi parmi les collègues et les amis.[…] Chers jeunes, l’espérance en Dieu ne déçoit pas, Il guide chaque pas de ceux qui se confient à Lui. Le monde a besoin de jeunes qui soient des pèlerins de l’espérance, courageux dans la consécration de leur vie au Christ, pleins de joie par le fait même d’être ses disciples-missionnaires. Discerner son chemin vocationnel La découverte de sa vocation se fait à travers un chemin de discernement. Ce parcours n’est jamais solitaire, il se développe au sein de la communauté chrétienne et avec elle. Chers jeunes, le monde vous pousse à faire des choix hâtifs, à remplir vos journées de bruit, vous empêchant de faire l’expérience du silence ouvert à Dieu qui parle au cœur. Ayez le courage de vous arrêter, d’écouter en vous-mêmes et de demander à Dieu ce qu’Il rêve pour vous. Le silence de la prière est indispensable pour “lire” l’appel de Dieu dans notre histoire et pour y répondre librement et consciemment. […] Accompagner  le  cheminement  des  vocations Dans cet horizon, les agents de la pastorale et des vocations, en particulier les accompagnateurs spirituels, ne doivent pas craindre d’accompagner les jeunes avec espérance et la confiance patiente de la pédagogie divine. Il s’agit d’être pour eux des personnes capables d’écoute et d’accueil respectueux ; des personnes de confiance, des guides sages, prêts à les aider et attentifs à reconnaître les signes de Dieu dans leur cheminement. J’exhorte donc à promouvoir l’attention de la vocation chrétienne dans les divers domaines de la vie et de l’activité humaines, en favorisant l’ouverture spirituelle de chacun à la voix de Dieu. À cette fin, il est important que les itinéraires éducatifs et pastoraux prévoient des espaces adéquats pour l’accompagnement des vocations. […] Chers amis, l’Église est vivante et féconde lorsqu’elle engendre de nouvelles vocations. Et le monde cherche, souvent inconsciemment, des témoins d’espérance annonçant par leur vie que suivre le Christ est source de joie. Ne nous lassons donc pas de demander au Seigneur de nouveaux ouvriers pour sa moisson, certains qu’Il continue à appeler avec amour. Chers jeunes, je confie votre cheminement à la suite du Seigneur à l’intercession de Marie, Mère de l’Église et des vocations. Marchez toujours comme des pèlerins de l’espérance sur le chemin de l’Évangile ! Je vous accompagne de ma Bénédiction et je vous demande s’il vous plaît de prier pour moi. Rome, Polyclinique “A. Gemelli”, le 19 mars 2025 François Source : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/ messages/vocations/ ■ Pèlerins d’espérance : le don de la vie MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA 62 ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 55 Dimanche 11 mai 2025 laP Parole DDominicale 4 ème Dimanche de Pâquese - Année C Prière introductive Seigneur Jésus, tu es le Bon Pasteur et moi la brebis perdue, enfant prodigue ayant vécu loin de toi. Et je me suis égaré dans les ténèbres du péché, honteux de ma vie. Et Toi, tu m’as relevé. Dans ma faiblesse, porte-moi sur tes épaules ; dans le doute, la tristesse, remplis-moi de ta douce joie, que je puisse goûter à l’infini bonheur de ta présence dans ma vie. Amen. Réflexions En ce dimanche dit du Bon Pasteur, nous sommes toujours dans le temps pascal et au milieu de notre cheminement vers la Pentecôte. Après des récits des apparitions du Christ ressuscité à ses disciples, la liturgie nous renvoie aujourd’hui au ministère de Jésus avant sa Passion qui nous dit qu’il donne sa vie pour ses brebis. Ce qui caractérise le bon berger, est cet engagement jusqu’à la mort au service des brebis. Souvent, nous sommes désorientés par les événements du monde, les scandales qui secouent l’Église et l’on s’interroge : où est la vérité ? Nous la recherchons partout sauf là où elle demeure. Et l’Évangile de ce dimanche nous invite à nous tourner vers « Jésus, Berger de toute humanité », qui, par son sacrifice pour nous, nous ouvre à la vie nouvelle en Dieu. Un accueil de la vie nouvelle du Christ Tout d’abord, la première lecture des Actes des Apôtres nous montre une communauté de croyants risquant de se renfermer sur elle-même et refusant de s’ouvrir à la nouveauté, accrochée à ses certitudes, ses croyances, sa prétention d’être la seule à être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile nous dévoile le plan de Dieu : l’Évangile sera annoncé aux païens et tout Homme verra le salut de Dieu. Cette nouveauté ne concerne pas seulement nos communautés qui ont parfois tendance à rejeter de nouvelles sœurs et de nouveaux frères récemment convertis, mais aussi chacun de nous lorsque nous résistons à l’Esprit qui veut transformer nos cœurs, quand nous refusons de donner ou d’accueillir le pardon. Qui nous assure le triomphe de l’Amour La seconde lecture est extraite du livre de l’Apocalypse, livre du dévoilement et de la consolation : elle nous montre précisément la victoire obtenue par les martyrs qui ont été fidèles jusqu’au bout, y compris en donnant leur vie. Son but est de nous rappeler que même dans les pires catastrophes, le mal n’aura pas le dernier mot. Jésus nous est présenté comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Et ce qui est merveilleux, c’est qu’il veut nous associer tous à sa victoire. Car Lui seul est le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Dans l’Évangile, Jésus nous dit qu’il « connaît » ses brebis et que celles-ci le connaissent. Il nous connaît avec tout ce que nous sommes, le meilleur et le pire. Il connaît nos ombres et nos lumières, nos failles et même ce que nous cherchons à cacher. Mais nous le savons bien : connaître, c’est « naître avec » ; connaître quelqu’un, ce n’est pas seulement avoir des renseignements sur lui ; c’est surtout être en communion avec lui. Jésus nous connaît tous et chacun en particulier en prenant notre humanité : il s’est fait homme pour nous libérer. Je dialogue avec Jésus Nous sommes toutes et tous tes brebis, Seigneur. Je suis ta brebis perdue pour qui tu as donné ta vie. Redonne-moi vie car je souffre et je désespère. Ramène-moi à la maison de mon Père car je me suis égaré loin de Lui, loin de Toi. Viens me ressusciter car je me suis enfermé dans les œuvres de mort. Ô mon Sauveur et mon Maître, ô Bon Pasteur, tu as donné ta Vie pour la pauvre âme que je suis. Daigne la sauver, la purifier car je m’abandonne à Toi. Amen. Résolution Quelle résolution prendre pour aujourd’hui ? Beaucoup de voix encombrent nos cœurs. Beaucoup de bruits hantent nos âmes. Cherchons, par une assiduité plus grande à la prière, aux sacrements, à la Parole, la quiétude qui nous fera entendre et écouter la voix du Bon Pasteur. Nous aussi, comme Jésus-Christ, cherchons toujours à rassembler au lieu de disperser, à aimer au lieu de haïr, à encourager plutôt que de jalouser, à protéger au lieu de négliger, à bénir plutôt que maudire. Père Jacques Platon ■ Acte 13,43-52  •  Ps 99 (100)  •  Apocalypse 7,9-14b-17  •  Jean 10,27-30  LITURGIE  « Jésus, Berger de toute humanité », qui, par son sacrifice pour nous, nous ouvre à la vie Tout d’abord, la première lecture des Actes des Apôtres nous montre une communauté de croyants risquant de se renfermer sur elle-même et refusant de s’ouvrir à la nouveauté, accrochée à ses certitudes, ses croyances, sa prétention d’être la seule à croyances, sa prétention d’être la seule à être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile croyances, sa prétention d’être la seule à être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile croyances, sa prétention d’être la seule à nous dévoile le plan de Dieu : l’Évangile sera être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile nous dévoile le plan de Dieu : l’Évangile sera être sauvée. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile » ses brebis et que celles-ci le connaissent. Il Beaucoup de voix encombrent nos cœurs. Beaucoup de bruits hantent nos âmes. Cherchons, par une assiduité plus grande à la prière, aux sacrements, à la Parole, la quiétude qui nous fera entendre et écouter la voix du Bon Pasteur. Nous aussi, comme Jésus-Christ, cherchons toujours à rassembler au lieu de disperser, à aimer au lieu de haïr, à encourager plutôt que de jalouser, à protéger au lieu de négliger, à bénir plutôt que maudire.bénir plutôt que maudire.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 7016 VIE DU DIOCÈSE Les outils qui régissent l’organisation, la vie et le fonctionnement de l’Église sont très nombreux.  En plus du Code de Droit canonique qui fixe les droits, devoirs, structures, procédures au sein  de notre communauté, le document officiel qui régit l’organisation de l’élection du pape est la  constitution apostolique intitulée  Universi Dominici Gregis, promulguée par le pape Jean-Paul  II le 22 février 1996. Son titre signifie : « Du troupeau tout entier du Seigneur ». Ce document  établit les règles du conclave et garantit que l’élection du pape est canoniquement valide. L e conclave (le mot vient du latin cum clave, qui signifie littéralement « avec la clé » ; donc conclave signifie « enfermé avec la clé »). Les cardinaux sont des prélats nommés par le pape. Ils forment le Collège des cardinaux, une sorte de sénat de l’Église. Parmi eux, ceux âgés de moins de 80 ans au jour du décès ou de la renonciation du pape peuvent voter au conclave. On les appelle les cardinaux électeurs. Leur nationalité reflète la dimension universelle de l’Église. Leur nombre peut légèrement varier, mais il est généralement proche de 120, car c’est la limite fixée par le pape Paul VI et confirmée par ses successeurs. Sur les 135 cardinaux électeurs, 108 ont été créés par le pape François. Ils se réunissent déjà pour les consistoires et, dans quelques jours, ils se réuniront dans la Chapelle Sixtine pour élire le nouveau pape. Ils seront complètement isolés du monde extérieur. • (Cette tradition a été codifiée en 1274, lors du deuxième concile de Lyon sous l’égide du pape Grégoire X, élu après deux ans et neuf mois de scrutins entre 1268 et 1271. C’est lui qui a imposé le conclave comme mode d’élection du pape. Il a évolué au fil des siècles et depuis 1970, seuls les cardinaux de moins de 80 ans peuvent voter et il peut y avoir, en théorie, jusqu’à 120. Ce nombre a cependant été plusieurs fois dépassé par le passé. Aujourd’hui, on compte 135 cardinaux électeurs. Pendant toute la durée du Conclave, ils seront logés comme de coutume à la résidence Sainte-Marthe, là où le pape François a vécu ses dernières heures.) • La Chapelle Sixtine est ensuite aménagée pour accueillir les cardinaux et on veille à leur isolement strict. Ils n’ont aucune communication avec le monde extérieur. Ils prêtent serment la main posée sur l’Évangile, et selon un rituel immuable hérité du Moyen Âge, le maître des célébrations prononce la formule « extra omnes » (tous dehors). Les personnes étrangères aux votes quittent les lieux. Les portes sont ensuite fermées. L’élection peut commencer. Les électeurs écrivent à la main le nom de leur candidat, « d’une écriture non reconnaissable », et ils plient le bulletin de vote deux fois. Il est interdit de voter pour soi-même. Chaque cardinal se rend à tour de rôle à l’autel, portant son vote en l’air de manière à ce qu’il soit bien visible, et prononce à haute voix le serment suivant en latin : « Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui qui, selon Dieu, me paraîtra devoir être élu. Que Dieu m’assiste, et que les saints Évangiles que je touche soient mon témoignage ». Ce serment est un acte de foi et de responsabilité. Conclave et élection du Pape début du conclave mercredi 7 mai  Détails et enjeux du conclave

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 7 MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Règlement à l’ordre de : ADCOM Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX Eglise en MARTINIQUE Eglise en MARTINIQUE N° 686 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 € 6 OCTOBRE 2024 Les orientations pastorales liselise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 686 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 6 OCTOBRE 2024 E g lise en MARTINIQUE N° 687 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 € 20 OCTOBRE 2024 Hommage au père Filopon Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ? La M ission Dossier : La mission de l’Église aujourd’hui LLes orientations pastoraleses orientations pastorales Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ?Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ? La M M M ission M ission M Dossier : La mission de l’Église aujourd’huiLa mission de l’Église aujourd’hui Oui, je m’abonne ! Nom : ....................................................................................................................................................................................... Prénom : ............................................................................................................................................................................................. Adresse : ............................................................................................................................................................................................................ Mail : ............................................................................................................................................................................................................................ Tél. : ............................................................................................................................................................................................................................ Code Postal : ........................................................................................................................................................................................... Ville : ............................................................................................................................................................................................................................. Il pose son bulletin sur un plateau et le fait glisser dans l’urne, devant les scrutateurs, s’incline vers l’autel et retourne à sa place. Il faut donc obtenir les deux tiers des voix pour être élu. Si aucun cardinal ne reçoit autant de votes, les électeurs passent directement à un deuxième tour. Les cardinaux procèdent à quatre scrutins par jour, deux le matin et deux l’après- midi, jusqu’à ce qu’un pape soit proclamé. La multiplication des scrutins est chose commune : en 2013, le pape François avait été élu après cinq tours. Pour le pape Pie XII, il en a fallu 14. Les bulletins des deux scrutins et les notes prises par les cardinaux sont ensuite détruits dans un poêle par le camerlingue. La cheminée, visible par les fidèles depuis la place Saint-Pierre, émet une fumée noire si aucun pape n’a été élu et une fumée blanche en cas d’élection par ajout de produits chimiques. Après trois journées sans résultats, le scrutin est interrompu pour une journée de prières. Puis d’autres séries de scrutins sont organisées jusqu’à l’élection définitive. L’annonce aux fidèles de l’« Habemus Papam » Lorsqu’un cardinal reçoit un nombre suffisant de votes en sa faveur, il doit répondre à deux questions du cardinal Doyen : Acceptez-vous votre élection canonique comme souverain Pontife ? De quel nom voulez-vous être appelé ? Répondant « oui » à la première, l’élu devient immédiatement pape et évêque de Rome. Un par un, les cardinaux rendent hommage et marquent leur obédience au nouveau pape. Vient ensuite l’annonce aux fidèles : « Habemus Papam ! », par le cardinal protodiacre. Cette mission reviendra au Français Dominique Mamberti, puis l’apparition du nouveau pape à la loggia des bénédictions de la basilique Saint-Pierre pour sa bénédiction apostolique Urbi et Orbi. C’est lors de cette bénédiction, dimanche de Pâques, que les fidèles ont entendu pour la dernière fois la voix du pape François. L’enjeu du conclave qui commence le mercredi 7 mai 2025 est de savoir s’il faut poursuivre dans la voie tracée par le pape François, s’il faut insister sur les questions de migration, de justice sociale, sur une Église proche des gens, ou bien rééquilibrer en redonnant davantage de poids à la réflexion théologique. En tout état de cause, la mission du futur pape sera de pouvoir rassembler l’Église autour de lui, d’être visible et écouté dans le monde entier. Il devra dialoguer avec les gouvernants et les autres religions. Il devra être charismatique, ni trop conservateur, ni trop réformateur. Le choix du pape orientera l’Église pour plusieurs années ; comme l’affirmait le Cardinal Erdo de Hongrie : « La mission dépasse les forces humaines, mais Jésus promet le don de l’Esprit et sa présence personnelle en promettant de rester avec l’Église jusqu’à la fin des temps ». Prions pour le nouveau pape. Nous attendons un pasteur qui aime vraiment son peuple comme le Christ. Père Arnauld Serge Houevoyeha - Archiprêtre, recteur de la cathédrale de Saint-Pierre ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 7018 Le Mercredi 23 avril 2025 restera gravé dans le parcours spirituel des jeunes du cheminement Nord Atlantique. À quelques semaines de leur confirmation, ils ont vécu ensemble un moment fort de leur préparation : le passage de la Porte Sainte à la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France. du 11 mai 2025 – n° 701du 11 mai 2025 – n° 701du 11 mai 2025 – n° 701du 11 mai 2025 – n° 701 D ès 14 heures, les jeunes venus de différentes paroisses se sont rassemblés sur le Malecon. L’objectif de cette rencontre allait au-delà de la simple marche : il s’agissait de favoriser la rencontre et l’unité entre futurs confirmands de tout le district. Pour cela, des groupes mixtes ont été constitués, mêlant les jeunes des différentes paroisses, dans un esprit de fraternité et de découverte. Après la constitution des groupes, tous ont entrepris ensemble une marche en prière vers la cathédrale. Ce cheminement, à la fois physique et intérieur, symbolisait leur progression vers le sacrement de confirmation. À leur arrivée devant la cathédrale, un temps fort les attendait : chacun a pu déposer ses intentions de prière dans un panier disposé devant la Porte Sainte. Le passage de la Porte Sainte n’était pas anodin. Dans la tradition catholique, franchir une Porte Sainte est un geste spirituel puissant : il marque une démarche de conversion, d’ouverture à la grâce de Dieu, et d’entrée dans une étape nouvelle de la foi. C’est un signe visible d’un cheminement intérieur, particulièrement fort pour ces jeunes en route vers leur confirmation. À l’intérieur de la cathédrale, le recueillement s’est poursuivi par la prière du chapelet, rythmée par l’émotion et la ferveur collective. À la fin du chapelet, la messe a été célébrée par le père Placide, delegué du district Nord Atlantique pour le cheminement 3 et la préparation de la confirmation. Pour animer cette célébration, un groupe de chant formé par les jeunes de la paroisse du Gros-Morne mêlant confirmés et jeunes en cheminement a apporté toute sa fraîcheur et son énergie. Les chants, porteurs de foi et de joie, ont particulièrement touché les jeunes, rendant ce moment encore plus vibrant et inoubliable. À la fin de la messe, la journée s’est prolongée dans un temps de louange animé par ce même groupe de chant. Dans l’enthousiasme et la prière, les jeunes ont exprimé leur gratitude pour ce qu’’ils venaient de vivre, renforçant encore les liens d’amitié et de foi qui les unissaient. À l’issue de cette journée, chacun est reparti le cœur rempli d’espérance, porté par l’élan de la foi et l’assurance que la confirmation à venir serait plus qu’un aboutissement : une véritable mission pour leur vie chrétienne. Ce 23 avril restera une étape fondatrice sur leur chemin de foi. À présent, tous les jeunes du cheminement 3 poursuivent leur préparation avec foi et persévérance, en vue de leur confirmation qui sera célébrée le 8 juin 2025, lors de la grande fête de la Pentecôte. Cette solennité, marquant la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres, donnera une signification encore plus profonde à leur engagement. Recevoir le sacrement de confirmation en ce jour symbolisera pour eux une nouvelle effusion de l’Esprit, les envoyant à leur tour témoigner de l’Évangile dans leur vie quotidienne. D’ici là, plusieurs rencontres et temps de prière viendront fortifier leur chemin spirituel pour les préparer à recevoir pleinement les dons de l’Esprit Saint. Par cette expérience marquante, les jeunes ont non seulement renforcé leur lien avec Dieu, mais aussi tissé entre eux une véritable fraternité. En avançant désormais avec confiance vers la confirmation, ils s’apprêtent à devenir des témoins vivants de la foi, enracinés dans l’amour du Christ et envoyés pour faire grandir l’Église de demain. Les confirmands du Gros-Morne Les confirmands du Gros-Morne VIE DU DIOCÈSE Cheminer vers la confirmation : les jeunes du cheminement Nord Atlantique franchissent la Porte Sainte

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 9 au District Nord-Atlantiqueau District Nord-Atlantique C’est  avec  joie  que  nos  communautés  ont  accueilli  notre  évêque lors  de  sa  visite  pastorale  du  district Nord-Atlantique incluant les paroisses de Sainte-Marie,  Morne-des-Esses, Trinité, Tartane, Gros-Morne,  Robert et Vert-Pré. D urant ces rencontres, l’archevêque a interrogé les membres des différents conseils ; Conseil Pastoral Paroissial (CPP), Conseil Paroissial Elargi (CPPE) et Conseil Paroissial des Affaires Économiques (CPAE) ; sur les points forts et les points faibles de leurs communautés respectives. Cet échange lui a permis de mieux visualiser la vie des paroisses et de saisir leurs problématiques. Il a ainsi apporté des éclairages et des conseils pour leurs pratiques, tel que l'organisation de la permanence perpétuelle à l'oratoire de Sainte-Marie. Le deuxième point abordé par lui, fut sa vision de l'Église de demain : faire de chaque paroisse une paroisse missionnaire. Cela passe par notre façon d'accueil- lir nos frères et sœurs, parents et non-pratiquants qui sont à la recherche de Dieu mais qui trouvent jugements et critiques. Nous devons d’abord apprendre à faire l'expérience d'une vraie fraternité afin qu'ils trouvent en nous une com- munauté qui leur dira que Jésus les aime. Le samedi 12 avril, marque officiellement le 10e anniversaire d'épiscopat de l'archevêque. Il a visité les paroisses du Gros-Morne et de Trinité. La journée a débuté par la célébration de la messe au Gros Morne, au cours de laquelle il a exprimé sa joie d'être présent sur le territoire. Il a rendu grâce à dieu avec les paroissiens du Gros Morne pour les 10 ans d’épiscopat. À la fin de la cérémonie, il a reçu des présents préparés par les paroissiens : une représentation en bois gravée de la Vierge pèlerine réalisée par un artisan gros-mornais et une bougie en forme de croix offerte par les jeunes du cheminement. L’action de grâce s’est poursuivie dans l’après-midi à la paroisse de Trinité. Il n'a d’ailleurs pas manqué d'exprimer sa joie d’être sur le territoire Nord- Atlantique. Réseaux des communicants du district Nord-Atlantique■ Visite pastorale de  Monseigneur Macaire  du 10 au 13 avril

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70110 Suite à la définition du prêtre donnée par Mgr David Macaire dans son homélie à la messe  chrismale, dont le texte figure en début de ce numéro de l’Église en Martinique, je me  permets d’en faire un écho fort et favorable en étendant cette définition à tout chrétien :  le chrétien, c’est celui qui donne Jésus.  E n ce dimanche des vocations, je me permets de déclarer que toute vocation chrétienne est de donner Jésus aux autres. Pourquoi le chrétien doit-il donner Jésus ? Parce que Jésus s’est donné à lui gratuitement. J’ai le devoir de donner Jésus parce que je l’ai reçu dans sa Parole, dans son corps et dans son sang, dans sa vie de Ressuscité à travers le pardon et la miséricorde dont il me comble quotidiennement. Le motif pour moi de dire « oui » et de vivre ma vocation de chrétien, qui est de donner Jésus, c’est parce qu’il m’a fait miséricorde, parce qu’il m’a élevé, parce qu’il a fait des miracles pour moi.[…] En ce temps que nous traversons, où nous voulons tous avoir un repère sûr, entendre la Vérité qui nous indiquerait le vrai Chemin pour trouver la vraie Vie, il est opportun de donner Jésus, qui dit à tout homme qu’il est le Chemin qui nous mène vers notre propre accomplissement, vers Dieu le Père. Il est la Vérité qui donne la Vie du Ressuscité, la Vie éternelle. En quête de chemin, de Vérité et de Vie, il nous faut faire le choix de Jésus. Mais où le trouver pour le choisir, sinon en nous, chrétiens, à qui il se donne chaque dimanche dans l’Eucharistie, dans toute sa miséricorde, nous qui bénéficions gratuitement chaque jour de sa Parole de Vie ? Et si nous devons donner Jésus à notre monde qui meurt de soif et de faim, il nous faut nous évertuer à demeurer en lui, comme il nous le propose : « Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne. » (Jn 15, 1-8) Jésus est donc l’arbre de vie nécessaire au sarment que nous sommes. Suis-je alors ce sarment relié habituellement à Jésus par une vie de foi, de charité, de prière, par les sacrements ? Sinon, n’est-ce pas là la source de mon tiédissement, du peu de rayonnement de ma vie et de mon action autour de moi ? N’ai-je pas insensiblement délaissé Jésus-Christ, ou étouffé Jésus en moi, espérant réussir en dehors de lui et de sa grâce ? S’accrocher à Jésus, qui irrigue notre vie afin que nous puissions le donner à notre entourage, c’est se décider à être un chrétien authentique. Retenons que donner Jésus n’est pas une mission facile, tout comme demeurer en Jésus n’est pas si évident. Demeurer attaché à la vigne, ou mieux, tenir ferme à la vigne, c’est accepter de souffrir, d’être un sarment que le Vigneron taille pour assurer la récolte future. Je me permets encore ici de donner saint Paul comme notre référence dans le don de Jésus. Saint Paul, après sa conversion, a dû affronter le regard des autres chrétiens, résister à l’opposition mortelle de ses coreligionnaires. Et pourtant, cela ne l’empêchait pas de proposer et de donner Jésus, son Seigneur. Sommes- nous attentifs au sens missionnaire qu’apportent dans l’Église les récents convertis, même si leur ardeur est parfois maladroite ? Sommes-nous stimulés par eux dans notre tiédeur à donner Jésus ? Savons-nous les accueillir et les épauler quand ils rencontrent l’indifférence ou l’opposition, ou nous contentons- nous de refréner leur ardeur par nos critiques ? Par leur exemple, sommes- nous prêts à répandre et donner Jésus comme le Trésor de l’humanité en quête de bonheur vrai ? Sommes-nous prêts à toujours indiquer et donner Jésus à travers notre vie de foi, de charité et d’espérance, malgré tout le rejet dont nous sommes parfois les objets ? Chrétien, Jésus compte sur toi pour ramener les cœurs des hommes au Père. Donne Jésus, et « la terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur », parce que Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie. Père Grégoire-Sylvestre Gainsi Paroisse de Redoute ■ Être chrétien, c'est donner Jésus VIE DU DIOCÈSE

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 11 Jour de fête, le 22 mai nous rassemble pour la mémoire de l’abolition de l’esclavage. C’est  la fête de la liberté, de l’émancipation pour tout le peuple martiniquais. Cette victoire, la  Martinique la partage avec l’ensemble des peuples de la Caraïbe, des Amériques et du  monde entier en réalité. E n cette année jubilaire, devant les difficultés, les souffrances rencontrées par la société martiniquaise, et face à un avenir qui paraît pour beaucoup incertain, notre diocèse nous propose de vivre ce 22 mai dans l’unité et l‘espérance. Deux grands événements nous rassembleront : • Le 21 mai :la retraite aux flambeaux qui ponctue nos chemins de mémoire depuis plusieurs années, sur plusieurs paroisses, et qui sera suivie d’une célébration pour la guérison des blessures de l’esclavage. • Le 22 mai : la messe célé- brée dans certaines paroisses avec l'ensemble de la société martiniquaise dans toute sa diversité dans un même esprit de recueillement, de reconnaissance et d’espé- rance. Avec la grâce de Dieu, le 22 mai sera un jour de gloire pour toute la Martinique. Le 22 mai est, pour notre peuple Martinique, la célébration de l’abolition légale de l’esclavage. Plus encore, elle rappelle la force d’un peuple qui, par son propre courage, a conquis sa liberté. Le soulèvement du 22 mai 1848, enclenché à Saint-Pierre, est le symbole vivant d’une dignité arrachée, d’un peuple debout, et d’un combat humain et spirituel contre l’oppression. Chaque année, l’Église catholique de Martinique propose à ses fidèles et à la population l’évènement « Chemins de Mémoires ». Ce parcours nous le faisons ensemble dans la fraternité d’un pays Martinique qui assume son passé et s’engage à construire fièrement son avenir dans la liberté et la responsabilité. Ce temps dédié à la mémoire collective doit nous rassembler au-delà des différences pour vivre ensemble le « Pardon et la Réconciliation » qui libèrent la mémoire collective. Celle-ci, non comme un repli paralysant figé dans les blessures du passé (ou dans la violence traumatique du passé), mais comme une force de vie capable de réactiver les énergies d’hier pour transfigurer le présent et dessiner un avenir d’amour, de vérité, de justice et de paix. L’Église catholique, dont l’engagement social est inscrit dans sa constitution et sa doctrine sociale, agit en autorité morale. Elle partage les joies, les peines et les aspirations légitimes des peuples. Acteur structurant de la société, elle se tient aux côtés de tous et tout particulièrement des plus vulnérables, expérimentant dans sa chair la souffrance des hommes et des femmes de Martinique. Consciente de son histoire et de ses responsabilités, l’Église catholique se tient aux côtés de tous ceux qui œuvrent pour la justice, la mémoire et la réconciliation. La messe qui sera célébrée dans certaines paroisses n'est pas seulement un événement religieux, mais aussi un moment de rassemblement civique. Elle permet de réunir les citoyens autour de valeurs communes de liberté, d'égalité et de fraternité. Devant les inquiétudes croissantes pour notre avenir commun, l’Église propose, en ce 22 mai 2025, de faire corps. Et si ce temps devenait un espace favorable pour vivre l’unité de notre communauté malgré toutes les raisons de division ? La victoire sur l’esclavage, c’est la bonne volonté de tous pour l’unité de tous, au service de tous, dans le respect de chacun. L’ennemi de la Martinique, c’est la division des Martiniquais. Comme l’ont rappelé Césaire, Fanon, Aliker et tant d’autres : chaque génération doit prendre sa part à la construction d’un monde plus Manifeste pour la mémoire, la dignité et l’espérance 22 MAI :22 MAI : Jour de fête, le 22 mai nous rassemble pour la mémoire de l’abolition de l’esclavage. C’est  La Martinique unie ?

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70112 juste, plus fraternel. Un monde à vouloir meilleur pour soi et pour les autres. Marquer les esprits. Aller de l’avant. Créer une nouveauté. Perpétuer. Donner du sens. Être ensemble. Faire peuple. Faire corps. Faire chemin. Faisons du 22 mai un point de départ : une route commune vers la guérison, la liberté, le pardon et la réconciliation. Ensemble, nous pouvons travailler résolument à la promotion du bien commun de notre Martinique que nous avons reçu en héritage et transformer ainsi la mémoire en avenir. ‘‘ Les hommes de bonne volonté feront de ce monde une lumière nouvelle. ‘‘ ➊ 22  mai,  point  de  départ  pour  affirmer  une  mémoire partagée  Une mémoire qui reconnaît les souffrances de l’Histoire tout en valorisant les forces de résilience de notre peuple. Nous affirmons la nécessité de garder vivante la mémoire de l’esclavage et de la lutte pour la liberté. Le 22 mai est un appel à ne pas effacer, à transmettre, à comprendre . ➋ 22  mai, point  de  départ  pour  honorer  dans  l’espérance,  nos  ancêtres  et  les combattants de la liberté  Non dans la douleur, mais en élevant nos vies à la hauteur de leurs sacrifices. Nous rendons hommage aux martyrs et aux héros, connus ou anonymes, qui ont osé dire non à l’inhumain. Leur force est notre héritage, leur souffle nourrit notre courage . ➌ 22  mai,  point  de  départ  pour guérir les blessures  du passé  Une guérison qui passe par la reconnaissance des souffrances infligées Nous reconnaissons que les cicatrices de l’histoire ne se referment que dans la vérité, l’écoute mutuelle et le respect des mémoires blessées. Toute réconciliation passe par la lumière. ➍ 22  mai,  point  de  départ  pour engager un chemin de  pardon sincère  Un pardon personnel et collectif, qui libère les blessures du passé pour mieux construire le présent. Nous croyons que la foi peut illuminer la mémoire, et que le pardon n’est pas l’oubli, mais l’élan vers un avenir meilleur. La douleur de l’histoire devient lumière lorsqu’elle est portée dans l’espérance. ➎ 22 mai, point de départ pour  transmettre aux générations  futures  Un héritage vivant, enraciné dans la vérité d'une histoire complète, qui honore la diversité de nos origines au-delà de la seule mémoire de l'esclavage. Nous avons le devoir de faire du 22 mai un temps de transmission active : pour que nos jeunes connaissent toute la richesse de leurs racines, pour qu'ils soient fiers de ce qu'ils sont, et libres d'inventer le monde qu'ils choisiront de bâtir. ➏ 22 mai, point de départ pour  renouveler notre pacte social  Un pacte fondé sur la dignité humaine, le respect de chacun, et l’égalité des chances pour tous. Nous refusons les nouvelles formes d’esclavage et dénonçons toutes les injustices contemporaines : discriminations, pauvreté extrême, dépendances économiques, racisme ordinaire. L’esclavage moderne n’a pas sa place dans une société qui se veut libre et fraternelle. ➐ 22 mai, point de départ pour  faire  de  notre  unité  une  richesse active et bâtir ensemble  une Martinique fraternelle  Une unité qui dépasse les divisions sociales, politiques ou culturelles, pour bâtir un avenir commun où l’amour du pays se vit dans la solidarité, le service, la vérité et la paix Nous appelons toutes les forces vives — publiques, privées, associatives, religieuses — à construire dans une même dynamique de responsabilité partagée, une Martinique plus solidaire, inclusive et fraternelle. Notre unité est notre force. Conclusion  En ce jour sacré, l’Église ne s’adresse pas uniquement aux croyants, mais à chaque conscience humaine. Que le 22 mai ne soit pas une simple date, mais une force, une parole, un appel, une promesse. Mémoire, Dignité et Espérance du 11 mai 2025 – n° 701 pour tous. DOSSIER PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 13  Les retraites  aux flambeaux du 22 mai  Y a-t-il une origine historique  spécifique aux retraites aux  flambeaux dans le contexte de  la commémoration de l'abolition de  l'esclavage en Martinique ? Oui, la retraite aux flambeaux a  bien une origine historique. Après  l’abolition de l’esclavage, les  hommes politiques, pour célébrer  leur victoire électorale, invitaient  souvent leurs partisans à une retraite  aux flambeaux. En effet, il s’agissait  pour ces organisations politiques  et aussi syndicales de faire le lien  entre leurs actions et les révoltes  d’esclaves. À la Martinique, par le  passé, la marche aux flambeaux a été  utilisée pour accompagner les nuits de  manifestations et de revendications.  Ces marches ont été organisées pour  la reconnaissance de la date du 22  mai 1848 comme fait historique  martiniquais, un jour chômé et payé. Quel symbolisme particulier se  cache derrière l'utilisation des  flambeaux lors de ces marches  commémoratives ? Par la symbolique du flambeau  s’affirment la détermination et la force  d’un groupe uni qui va marcher vers un  lieu pour exprimer sa revendication. À  l’époque de l’esclavage, ce groupe se  dirigeait vers la maison du propriétaire  de l’habitation. On peut citer, par  exemple, l’événement du 22 mai 1848,  lorsqu’à l’approche de l’abolition  officielle de l’esclavage le 23 mai, les  esclaves révoltés, munis probablement  de leurs flambeaux, incendièrent des  maisons dans la ville. Les insurgés  avaient besoin de flambeaux pour  éclairer leur route dans la nuit. Pour  des personnes en colère, disposer  d’un moyen permettant de mettre le  feu aux habitations s’avérait à cette  époque être une arme redoutable.  Avant l’abolition de l’esclavage, lors  des nuits de révolte, chaque esclave  devait tenir à la main son flambeau  et marcher. L’histoire de la Martinique ne s’est  pas arrêtée le 22 mai 1848. Une  continuité dans la discontinuité  s’est opérée dans notre société,  avec de grands bouleversements  économiques, sociaux, politiques  et même migratoires. Après avoir  revendiqué et obtenu officiellement  la citoyenneté française en 1848, un  long chemin pour la reconnaissance,  fait de revendications, a commencé.  On peut dire que les revendications de  la société martiniquaise d’aujourd’hui  sont différentes de celles des esclaves.  Toutefois, la symbolique de la  marche aux flambeaux inscrit les  marcheurs dans une tradition de lutte  qui légitime leur action en l’inscrivant  dans l’histoire.  Quel est l'objectif principal des  retraites aux flambeaux lors de la  commémoration du 22 mai ? Quel  message cherche-t-on à transmettre ? Il existe deux formes de retraites  aux flambeaux à cette période en  Martinique. D’un côté, celles des  organisations panafricanistes, sur  la thématique de la réparation,  comme le fait le MIR 1  chaque année  dans son convoi pour la réparation.  D’un autre côté, celles organisées  par l’Église catholique, notamment  dans la paroisse de Rivière-Salée  depuis plusieurs années, ainsi qu’à la  cathédrale avec le père Jean-Michel  Monconthour. L’objectif des retraites aux flambeaux  pour commémorer le 22 mai en Église  est de célébrer la liberté conquise par  les esclaves, qui doit être conservée  à la lumière de l’Évangile. Il s’agit  également de montrer la force et la  détermination d’une Église locale  en marche vers le Royaume. C’est  une communauté rassemblée par la  foi en Jésus-Christ, qui regarde en  vérité son histoire et puise dans la  résurrection de son Sauveur la force  de lutter aujourd’hui pour la justice,  la liberté et la réconciliation. Le message transmis par les  commémorations du 22 mai en Église  est qu’une communauté rassemblée  autour de la Parole de Dieu et unie  par cette même Parole est toujours  plus forte. C’est à cette condition  qu’elle pourra mieux accompagner  la société à se construire de manière  pacifique et juste. Perçoit-on une dimension culturelle  et communautaire forte dans ces  retraites aux flambeaux ? Le flambeau, ou sèbi 2  en créole,  accompagnait les activités nocturnes  de générations de Martiniquais.  Il servait également de moyen  d’éclairage pour les révoltés contre  le système, lors de leurs marches et  actions. Aujourd’hui, la retraite aux  flambeaux est vécue par les chrétiens  autrement que sous la forme du travail.  Même s’il existe chez le chrétien une  indignation devant les injustices du  monde, la violence n’a pas sa place  dans ces retraites aux flambeaux.  Elles prennent en compte un élément  historique et culturel martiniquais,  utilisé pour s’éclairer dans une  dynamique de rassemblement, à la  lumière des flammes des sèbi. Le  flambeau produit une flamme qui  rassemble et éclaire dans la nuit. Comment favorisent-elles le lien  social et la transmission des valeurs ?  Créer du lien social à partir des  questions mémorielles demeure 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70114 DOSSIER PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI 1 Mouvement internationale pour les réparations. 2 Nom donné au flambeau qui servait à éclairer le jeu de lancer de dés qui se déroulait la nuit. difficile en Martinique. Le 22 mai,  bien qu’il concerne officiellement  toute la société martiniquaise, n’a  jamais fait l’unanimité dans toutes  les composantes de la population, qui,  depuis 1848, a beaucoup évolué. En  Martinique, il existe des divisions et  des réticences sur la date qui pourrait  faire consensus. Mais, de son côté, la  marche aux flambeaux peut favoriser  le lien social dans notre pays. Si, dans une large concertation,  les revendications pour lesquelles  la population serait prête à  marcher parviennent à articuler un  dépassement de l’histoire douloureuse  de l’esclavage et un devoir de vérité  sur ses conséquences aujourd’hui,  alors le lien social pourra se renforcer.  Il faudrait arrêter de marcher dans  la division ou contre une partie  de nous-mêmes. Le lien social est  possible si toutes les composantes  de la société martiniquaise, dans un  projet commun, acceptent de marcher  ensemble lorsqu’il faut faire face  à l’adversité qui met en jeu le bien  commun. En cette année 2025, les retraites aux  flambeaux conservent-elles toute  leur actualité et leur importance ?  Pour quelles raisons ? En cette année 2025, les retraites  aux flambeaux conservent toute  leur actualité, dans la mesure où la  société martiniquaise n’est pas encore  guérie des blessures de son histoire de  l’esclavage. Trouver des occasions  en Martinique de se rassembler, de  marcher et de communier ensemble  autour de justes causes s’avère  indispensable pour mieux se connaître  et sortir de la méfiance et du soupçon  collectif. Mais cette démarche n’est  malheureusement pas partagée  par tous. Il y a ceux dont l’intérêt  politique est d’entretenir la blessure  historique de l’esclavage, toujours  ouverte. Impuissants à proposer  aux Martiniquais des solutions  concrètes à leurs problèmes sociaux  et économiques, ils s’efforcent de  ne voir les solutions de la société  martiniquaise qu’uniquement sous  le prisme racial. D’où l’importance  de la symbolique des flambeaux, qui  réunissent leur flamme pour produire  plus de lumière, afin de ne pas s’égarer  sur les causes et les solutions. Diriez-vous que ces retraites  aux flambeaux sont des actes  forts de mémoire, de partage  intergénérationnel et d’affirmation  identitaire pour le peuple  martiniquais ? Les retraites aux flambeaux sont  effectivement des actes de mémoire  forts, qui relient les démarches de  revendication sociale, politique et  culturelle d’aujourd’hui à celles du  passé. Si le contenu du message  actuel est différent, la méthode est une  manière de convoquer le passé dans  le présent. Les générations d’hier  avaient une pratique habituelle du  flambeau ou sèbi pour leurs besoins  quotidiens : il fallait s’éclairer sur la  route la nuit, ou encore il s’avérait  utile pour les travaux ou distractions  nocturnes. Dans un pays où  l’électricité est aujourd’hui accessible  à tous, les militants politiques et  culturels ont redonné au flambeau sa  place de symbole, porteur de lumière  pour éclairer les choix d’un peuple à  travers l’histoire. Dans une perspective de transmission  transgénérationnelle, cette vision  de la traversée de l’histoire d’une  communauté de destin, la thématique  du flambeau qui éclaire rejoint la  nouvelle génération. Dans un passage  de témoin dont l’objet à transmettre  est la flamme du flambeau, la jeune  génération devra, dans son identité,  assumer l’héritage historique, culturel  et symbolique du flambeau cher aux  yeux de la génération précédente,  qui lui a donné un sens nouveau. Il  s’agit d’un élément du patrimoine  martiniquais, qui s’inscrit dans  une pratique traditionnelle et qui,  légitimement, peut s’inscrire parmi les  éléments de l’identité martiniquaise. Sur le plan pastoral, le flambeau ou  sèbi est un symbole de la lumière qui  accompagne un peuple en marche.  Celui-ci avance sur les chemins du  monde à la lumière de sa conscience,  pour bien guider ses choix dans  l’histoire. C’est une idée qui rejoint le  message chrétien, qui, dans sa vision  du Christ, peut voir en lui le Flambeau  des flambeaux, qui éclaire par la foi  celui qui croit en lui. Jésus le Christ  est le Flambeau qu’aucune rafale de  vent, qu’aucun manque de pétrole,  qu’aucune pluie ne peut éteindre. Il  est le Flambeau dont aucun mal ne  peut éteindre la flamme dans le cœur  de ceux qui l’ont reçu. En matière  d’identité, les chrétiens martiniquais  peuvent dire que Jésus-Christ est  notre seul Flambeau, lui dont la  flamme brûle toujours sans jamais  se consumer. C’est lui qui éclaire nos  vies, et nous voulons le faire connaître. Père Benjamin François-Haugrin  Curé de la communauté de paroisses de  Bellevue et de Schoelcher (5 mai 2025) ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 15 Commémorer autrement La commémoration de l’abolition de l’esclavage est une étape importante de notre mémoire collective. Mais en Martinique, marquée par une histoire coloniale toujours vive, cette mémoire ne peut être réduite à une date ou à un geste symbolique. Elle appelle un travail intérieur, une démarche spirituelle, un chemin à vivre. C’est dans cette perspective que s’inscrit la proposition de faire mémoire à travers la dynamique spirituelle de la traversée de la mer Rouge. Un Exode à vivre aujourd’hui, non seulement en tant que descendants d’esclaves ou de colons, mais comme un peuple en devenir, appelé à marcher ensemble vers la liberté. L’Exode : une parole vivante La sortie d’Égypte n’est pas seulement un événement ancien : elle est une matrice spirituelle, un archétype de libération pour tout peuple blessé. L’Exode est un passage, un moment fondateur où Dieu ouvre un chemin là où il n’y en avait pas. Ce n’est pas le peuple qui se libère lui-même : c’est Dieu qui libère. Aujourd’hui encore, ce mouvement est actuel. Il nous faut sortir de ce qui enferme : les blessures, les silences, les méfiances, les identités figées, pour entrer dans l’alliance, c’est-à-dire dans une relation renouvelée, avec Dieu et avec les autres. De l’effort à la grâce Un échange avec une amie m’a aidée à préciser ce que nous cherchons à vivre. Elle parlait d’un "effort à sublimer". Cette expression m’a interrogée. Car si l’idée de transformation est belle, elle risque de faire peser sur les épaules humaines la responsabilité de l’accès à Dieu, comme si l’on devait "faire un effort spirituel" pour mériter la grâce. Or, on ne va pas à Dieu par l’effort, mais par l’écoute, par l’abandon, par la foi. L’Exode n’est pas une performance humaine. C’est une initiative divine, une grâce reçue, une fidélité à accueillir. Si l’effort devient une fin en soi, il peut conduire à une forme d’idolâtrie, où la volonté humaine prend la place de Dieu. Ce que nous sommes appelés à faire, c’est marcher quand Dieu ouvre le passage, même si c’est difficile, même si l’issue semble encore lointaine. Faire peuple ensemble La finalité de la traversée, ce n’est pas seulement de sortir d’Égypte, c’est la naissance d’un peuple. Faire mémoire de l’esclavage aujourd’hui, ce n’est pas seulement regarder en arrière, c’est accepter de marcher ensemble, dans une fidélité à l’histoire et dans une espérance commune. Descendants d’esclaves, de colons, et tous ceux qui, au-delà des origines, portent la douleur ou la responsabilité de cette histoire : faire peuple ensemble, c’est accueillir l’autre, porteur d’une mémoire différente, comme frère. C’est ce que Dieu attend de nous : que notre mémoire ne divise plus, mais qu’elle unisse. Conclusion : Marcher ensemble, dans la confiance. Nous ne sommes pas les artisans de notre propre libération. Mais nous sommes appelés à marcher, à faire confiance, à ne pas avoir peur. Comme Dieu le dit à Moïse au bord de la mer : "Pourquoi cries-tu vers moi ? Ordonne aux enfants d’Israël de se mettre en marche." (Ex 14,15) Léandre Beauroy ■ ➊    Cérémonie religieuse  • Messe célébrée dans certaines paroisses du diocèse ➊   CHEMINS DE MÉMOIRE :  Retraites aux flambeaux suivies de  Messes pour la guérison du peuple 3 itinéraires : • NORD : Paroisse de Bellefontaine • CENTRE : Paroisse Église de Bellevue • SUD : Paroisse Rivière-Salée Traverser la mer Rouge : une mémoire à libérer, un peuple à faire naître > Programme de l’Eglise catholique de Martinique ➊ 3 itinéraires : • NORD : Paroisse de Bellefontaine • CENTRE : Paroisse Église de Bellevue mercredi 21 mai 2025 ➊   • Messe célébrée dans jeudi 22 mai 2025

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70116 DOSSIER PASTORALE SOCIÉTALE 22 MAI Que  l’on  écrive  22  mai  ou  22  mé,  cette  date,  profondément  ancrée  dans  le  cœur  des  Martiniquais, revêt une signification symbolique puissante, celle de la liberté acquise et  des chaînes de l'oppression brisées pour les uns, celle d’une nuit d’incendies marquée par  la perte de plus de trente femmes et enfants brûlés vifs dans un terrible incendie, pour les  autres. Pour autant, faut-il deux récits des événements qui se sont déroulés en Martinique  et notamment à Saint-Pierre ?  I l est vrai que toute contribution qui explore la richesse historique, sociale et spirituelle de cet événement marquant de notre île sera un pas important. Est-ce à dire que chacun commémorera suivant le lieu où se trouvaient ses ancêtres, ce jour glorieux ou ce triste anniversaire ? Et si au contraire, nous faisions un récit commun, sera-t-il entendu ? Mais sommes-nous prêts à faire mémoire ensemble ? Après un rapide compte rendu des faits qui se sont déroulés en 1848, nous montrerons le rôle joué par l’Église catholique immédiatement après les faits ? Nous pourrons ensuite nous interroger sur la portée de la commémoration et sa résonnance actuelle au sein de notre communauté diocésaine ? Nous avons les échos des uns et des autres à travers la polémique entre Schoelcher et Pécoul. Ce dernier déplore que les victimes soient vite oubliées. Comment rendre hommage à ces trente personnes dont nous connaissons les noms et qui ont péri dans l’incendie du 22 mai ? La stèle, œuvre de François Charles- Edouard, posée en 2006 au Prêcheur est un lieu de mémoire en ce sens qu’elle rappelle que le rebelle Romain a été injustement emprisonné puis libéré. Mais nous avons d’autres rebelles anonymes qui se sont manifestés dans les communes de la Martinique. Perrinon le note dans ses rapports au ministre de juin à août 1848. Pendant longtemps, les événements du 22 mai ont été ignorés des historiens. Pourtant, ils sont largement explicités dans les rapports de Claude Rostoland, gouverneur par intérim à l’époque des faits : À Saint-Pierre, la vue de l’incendie du Prêcheur avait réveillé l’exaspération un moment suspendue par la délivrance du nègre Romain. Des groupes s’étaient aussitôt formés avec une résolution marquée de se livrer aux plus graves désordres. L’un de ces groupes se porta devant une grande maison, ou plutôt un hôtel, situé dans la rue d’Orléans, à l’une des extrémités nord de la ville où il supposait qu’il existait un dépôt d’armes. On commença bientôt à briser les fenêtres et les portes de cette maison qui ne tarda pas à être envahie. Après une complète dévastation du rez-de-chaussée, au moment où les assaillants menaçaient de monter au premier étage, le citoyen Desabaye fit feu sur eux du haut de l’escalier, croyant sans doute par cette résolution désespérée pouvoir réprimer le désordre et sauver sa famille. Fatale erreur ! Le coup de fusil qui tua un des hommes du groupe fut le signal de sa perte, de celle de sa famille et devint l’une des causes des malheurs qui suivirent. Une lutte acharnée s’établit entre les assaillants et les habitants de la maison. L’escalier fut coupé, l’incendie allumé. Toutes les personnes locataires de la maison ou qui s’y étaient réfugiées devinrent la proie des flammes… En tout trente personnes. Que s’est-il passé en 1848 ? Le débat sur les faits Sommes-nous prêts à faire mémoire ensemble ? Sommes-nous prêts à faire mémoire ensemble ? Sommes-nous prêts 22 Mai Zespwa - 1998

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 17 MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Eglise en MARTINIQUE N° 686 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 € 6 OCTOBRE 2024 LLes orientations pastorales lise MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE MARTINIQUE N° 686 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 BIMENSUELLE – 2,00 €€ 6 OCTOBRE 2024 E g lise en MARTINIQUE N° 687 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 € 20 OCTOBRE 2024 Hommage au père Filopon Quelle est la place du créole dans l’évangélisation ? La M M ission Dossier : La mission de l’Église aujourd’hui Règlement à l’ordre de : ADCOM Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX Eglise en MARTINIQUE Nom : ......................................................................................................................................................................................................................... Prénom : ............................................................................................................................................................................................................. Adresse : ............................................................................................................................................................................................................ Mail : ............................................................................................................................................................................................................................ Tél. : ............................................................................................................................................................................................................................ Code Postal : ........................................................................................................................................................................................... Ville : ............................................................................................................................................................................................................................. Oui, je m’abonne ! Mais les débats portent non pas sur la devise de la République, ni la liberté, ni l’égalité, et encore moins la fraternité, mais sur la tranquillité, le maintien de l’ordre et surtout le travail. Il s’agit plus de passer du travail servile au travail libre / du mode de production basé sur l’esclavage à un mode de production basé sur de bas salaires. La doctrine sociale de l’Église a dès lors toute sa place dans le débat. Cette œuvre de Gaston Richol, érigée à Sainte-Anne, contient-elle les germes de l’espoir pour les Martiniquais ? Aujourd'hui, la commémoration du 22 mai est un moment de réflexion profonde pour les Martiniquais. Cette date symbolise la liberté acquise, mais elle est aussi une occasion de se souvenir des souffrances et des sacrifices que cette quête de liberté a entraînés. La résonance actuelle de cette commémoration au sein de la communauté diocésaine montre la nécessité de garder vivante cette mémoire, d'honorer les ancêtres et de transmettre aux générations futures les leçons de cette histoire. Marc-Annick François-Haugrin, historienne ■ L'Église catholique a joué un rôle pivot dans cette période de transformation, en agissant comme un acteur social et spirituel au cœur des événements. Dans le journal officiel de la Martinique du 24 mai 1848, « le maire de Fort-de- France informe les habitants de la ville, qu’à l’occasion de l’affranchissement général des esclaves de la Martinique, il sera célébré demain jeudi, 25 mai, à neuf heures du matin, dans l’église paroissiale de Fort-de-France, une messe solennelle avec Te Deum. » Les journaux publiés immédiatement après l'abolition de l'esclavage montrent comment l'Église a tenté de guider la communauté dans cette nouvelle réalité, en prônant des valeurs de paix, de réconciliation et de solidarité. Elle a également cherché à apporter un soutien moral et matériel aux nouveaux affranchis, aidant ainsi à la reconstruction de la société martiniquaise. Le rôle de l'Église catholique La portée de la commémoration

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 70118 ? Question AN TJÈ LÉGLIZ-LA Pentecôte 2025 ‘‘ À la suite du Congrès Mission et du séminaire d’entrée en Carême, le diocèse nous  invite à une journée de joie et de communion, le dimanche 8 juin, sur le stade Pierre- Aliker. Le père Gilles Aïzo, vicaire épiscopal, nous en dit plus. ➊   Avons-nous eu un retour sur le Congrès Mission ainsi que sur le séminaire d’entrée en Carême ? De nombreux chrétiens se sont  engagés à la suite du Congrès  Mission. Ils ont pu découvrir la  richesse de notre diocèse, notamment  au village. Le séminaire d’entrée  en Carême fut une première. Les  chrétiens ont été marqués par cette  unité. Le peuple de Dieu a ressenti  un diocèse uni autour d’une même  mission, autour de la Parole de Dieu.  Tout cela a été concrétisé par la  messe d’action de grâce que j’ai eu  l’honneur de célébrer le mercredi 30  avril pour les bénévoles. Ils étaient  tous présents. Cela signifie qu’ils ont  été touchés intérieurement. ➋  Quel est le but de cette fête de la Pentecôte ? Qui y est attendu ? Quel est le message que vous souhaitez faire passer ? Tous les baptisés, et même ceux  qui ne le sont pas, sont attendus :  ceux qui sont à la recherche de  Dieu, ceux qui ne sont pas encore  chrétiens et qui souhaitent faire  une expérience de l’Esprit Saint.  Nombreux sont ceux qui mettent  l’accent sur la confirmation. Mais  le message principal est : le diocèse  envoie en mission. Vingt-trois mille  personnes remplies de l’Esprit Saint  sont envoyées pour transformer  notre île, pour parler de l’amour de  Jésus. Y sont évidemment inclus les  futurs confirmés. Monseigneur va  nous exhorter, nous encourager, afin  que nous puissions partir annoncer  Jésus à l’humanité. Nous sommes  invités à enlever les cendres qui  couvrent la braise de l’Esprit Saint  et à lui permettre de souffler sur la  Martinique. ❸  Qu’est-ce qui fera que ces personnes s’engageront ce 8 juin ? L’Esprit agit quand il veut et comme  il veut. L’objectif est de semer. Il  ne faut pas oublier la dimension  missionnaire liée à notre foi. Si  cette foi n’est pas proclamée, n’est  pas partagée, il manque quelque  chose. C’est le moment d’oublier  les velléités, les peurs. Il ne faut  pas résister et il faut s’engager pour  le Seigneur. La mission n’est pas  nécessairement de passer dans les  rues pour parler de Jésus. Chacun  va agir selon son charisme. Chacun  doit faire briller son charisme pour  notre Église. ❹ Comment une telle manifestation se prépare-t- elle ? Les inscriptions se font en ligne, car il  est nécessaire de connaître le nombre  de personnes susceptibles d’être  présentes sur le stade. Des affiches  sont disponibles dans les paroisses,  sur lesquelles on peut flasher le QR  code. Nous demandons à ceux qui  le peuvent d’aider les personnes  qui rencontrent des difficultés pour  s’inscrire. Des permanences pourront  être tenues dans les paroisses. ❺  Avez-vous fait appel aux différents mouvements ? Oui, tout à fait. Nous avons mobilisé  la pastorale des groupes spirituels  afin de commencer à prier pour  la manifestation. La pastorale des  artistes nous proposera un concert. La  pastorale de la liturgie est également  mobilisée pour l’organisation de la  confirmation. Il est à noter qu’une  neuvaine préparatoire se tiendra dans  toutes les paroisses. Une intention sera  proposée pour la prière universelle  des messes dominicales. Il revient  aux curés d’expliquer l’événement  aux confirmands. C’est un événement diocésain et, si  tout le monde joue sa partition, nous  arriverons à faire quelque chose de  merveilleux pour la Martinique. ❻  Pourquoi une confirmation sur le stade ? Notre archevêque a été consacré  au stade il y a dix ans. Le lieu  n’empêche pas l’Esprit Saint d’agir.  Tout s’inscrit dans une progression :  du Congrès Mission au séminaire  d’entrée en Carême et maintenant,  la Pentecôte. Lorsque le Pape se  déplace, de grandes manifestations  se tiennent dans les stades. Cela nous  oblige à quitter nos zones de confort. Ouvrons-nous à l’Esprit Saint et il  fera son œuvre. ❼  La Martinique deviendra-t-elle terre de mission après ces trois manifestations ? C’est le Seigneur qui agit. Le plus  important est de semer. Et Dieu fera  son œuvre. Propos recueillis  par Nicole Chésimar  ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 11 mai 2025 – n° 701 19 Agenda de l’Archevêque Du 9 au 17 mai : • Assemblée générale de la Conférence des évêques de la Caraïbe à la Jamaïque Du 18 au 24 mai : • Session de théologie fondamentale à l’Institut Gaston Jean-Michel Dimanche 18 mai : • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mercredi 21 mai : • Rencontre avec les confirmands des paroisses de Morne-des-Esses, Sainte-Marie et Vert-Pré Jeudi 22 mai : • 9h : Messe « Ensemble, célébrons dans la joie de notre liberté ! » à la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France Vendredi 23 mai : • Messe et rencontre avec le personnel et les malades à la MFME Dimanche 25 mai : • Messes au centre pénitentiaire de Ducos • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint- Louis • 19h : Messe avec la Mission Étudiante Catholique à l’église du bourg de Schoelcher Retrouvez les actualités du diocèse sur :http://martinique.catholique.fr ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE MARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père Pinchon BP 586 - 97207 FORT-DE-FRANCE CEDEX Téléphone : 06 96 310 333 - E-mail : michel.pouch@wanadoo.fr oui, je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine. oui,je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon domicile. LÉGUEZ à l’Église catholique L’espérance en héritage DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part Mes coordonnées  ❏Mme ❏Melle    ❏M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MARTINIQUE 99.5 - 101.3 et105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort-de-France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr

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